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dimanche 7 mars 2021
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Etat de la nation et marche de l’opposition: les pics-macs du Parena ou la rage du bélier

C’est dur, vraiment trop dur l’opposition ! En l’absence de l’habituel consensus aux frais de la princesse qui a donné naissance et entretenu ces loges politiciennes, c’est assurément la galère. De parfaits et éminents adeptes de la gestion gouvernementale à la touche, au nom d’un nouvel ordre politique, ça fait grincer les babines et perdre patience.

L’équation pour une coterie courtisane comme le PARENA a toujours été basique, grégaire : être à table et manger, pardon se goinfrer. La lecture politique de ce parti n’est jamais allée au-delà de ses crises d’estomac. On comprend dès lors que tout au PARENA se résume à : « an y’an dun » ; «an b’a dun » ou « an ka kan ka dun »…

La divagation
Hors de cette orgie gastronomique, depuis plus de 30 mois, le Bélier divague, au propre comme au figuré. Et quand un gros animal de compagnie, comme un Bélier généreusement engraissé divague, il attrape la rage aux côtés des caniches.
Parce qu’il ne s’agit plus de verve, de passion, ou de hargne, mais de rage. Or, si la rage n’est plus un problème de santé publique, elle reste tout de même mortelle.
La faim a-t-elle fait perdre au PARENA la jugeote ? Tout sens moral d’objectivité et de franchise ? En tout cas, de plus en plus, le Parti qui se présente comme un cadre de réflexion, d’analyses critiques et prospectives, mais aussi d’anticipation et de propositions se comporte de plus en plus comme une officine de ragots, de rumeurs et verbiages puérils.
Ses analyses apparaissent de moins en moins pertinentes, et ses prises de positions glissant chaque jour sur du factuel, de l’à peu près, la conjecture et jactance. Totalement décousue, la dernière déclaration du Comité Directeur du PARENA donne l’illustration de cette descente dans la banalité, voire la délation de fête foraine. Comme on le dit, le PARENA fait de plus en plus dans le « ouolofo baro » (galéjade)!
De toutes les productions rageuses du Bélier, celle-là est la moins élaborée tant elle est décousue et manque de profondeur.

Le perroquet
Dans une introduction rébarbative, le Parti pour la Renaissance Nationale croit tenir un scoop en épiloguant sur la situation sécuritaire et en répétant comme un perroquet le slogan de RFI : «La région de Kidal échappe toujours au contrôle de l’État » !
En tentant de lier «la recrudescence des activités des groupes djihadistes et l’immobilisme de l’État central » le PARENA ne fait preuve ni de bonne foi ni d’objectivité. Car, Tiébilé DRAME et ses amis savent que le regain d’activité de ces groupes dépasse largement nos frontières (nous ne sommes pas les seuls à le subir) et le PARENA, lui-même estime qu’il faut au moins 5-10 ans à l’État pour reconstruire une armée capable de faire face à la situation. En tout cas tel a toujours été la position du président du PARENA. Dès lors la question est : de quel immobilisme parle le CD du PARENA ?
La situation qui est la nôtre au plan sécuritaire ne peut réjouir personne. Comparée à d’autres (le Nigéria), elle devrait susciter de la part d’un parti responsable plus de délicatesse dans la dénonciation.
L’Opposition n’est pas délation et dénonciation gratuite. S’opposer, ce n’est pas s’emporter, s’enflammer, s’enrager à tout bout de champ. L’Opposition est une alternative, un projet et une vision d’avenir qu’on s’évertue à partager avec le plus grand nombre. Ce n’est pas faire des prophéties dantesques, des trémolos et des sornettes à faire dormir debout. Il s’agit d’une crédibilité, et non d’une agitation folklorique.
Dommage que les apprentis opposants qui hier s’étaient totalement refusés à ce rôle (raison : nous n’avons pas créé notre parti pour aller à l’Opposition) ; aujourd’hui contraint parce que rien ne leur a été proposé, aient réduit le débat politique à des dénonciations légères, à un piteux « Ouolofo baroni » ; où chaque jour, ils radotent, ressassent les mêmes sérénades qui ne bercent plus les colères les plus légitimes de nos populations.

La rage dégorgée
De la rengaine ressassée ou devrait-on dire de la rage dégorgée, le PARENA nous sort, dit-il, un nouveau scandale dit l’affaire de la fibre optique ou large bande, allez savoir.
Les Maliens auraient aimé savoir du PARENA une simplification de l’équation :
-le projet de 2011 a-t-il été exécuté ? Jusqu’à quelle hauteur ? Sinon pourquoi ? Y a-t-il eu décaissement ? Et qui a géré les fonds ?
-L’État étant une continuité, puisque rien n’a été exécuté, peut-on reprocher au gouvernement d’avoir plus d’ambition en portant le projet de 930 kilomètres de fibres optiques à 1300 km ? Que le km de la fibre optique ait évolué entre 2011 et 2015 (21,5 millions à 27 millions), le PARENA n’en a cure. Mais il aurait été plus fondé à parler de magouille si le gouvernement s’était trouvé un autre bailleur et un autre fournisseur. Mais ce sont les mêmes : Exim Bank China et Huweï technologie.
-Comparaison étant raison, en la matière, il aurait été simple pour le PARENA de citer, chiffres à l’appui, des pays où le km de la fibre optique a coûté moins cher.
-Est-ce parce le privé construit que l’État ne doit le faire ? Et continuer à dépendre d’objectif économique loin des questions de souveraineté et du social ?
Est-il exact de dire que le gouvernement a endetté nos enfants à hauteur 55 milliards pour «réaliser» ce qui existe déjà dans une large mesure ? Parce qu’entre 35 et 55, il y a 15 sacrés milliards qui ne peuvent être en aucun cas considérés comme des bonus. Exigence de bonne gouvernance exige.
Mais que faire ? Le PARENA voit partout des micmacs, pardon des « pics-macs » en attendant de retrouver la lucidité…
Les Maliens ne sont ni dupes ni crédules. Ils veulent des leaders crédibles qui assument leurs prises de position ; et des apprentis populistes qui procèdent par insinuations. Pourquoi le PARENA ne dit-il pas au peuple les raisons qui ont amené «la Banque Mondiale (à se retirer) de l’accompagnement du programme de fibres optiques au Mali alors qu’elle continue d’appuyer ce secteur chez plusieurs de nos voisins ». Et donner des exemples.
Tout comme il serait plus vertueux de la part d’un parti qui se déclame à tout vent responsable, de donner les noms «des fonctionnaires et des hommes politiques » que la fibre optique a enrichis. Il aurait été courageux de la part du PARENA de désigner nommément « le ministre (qui) s’est fait attribuer près d’un hectare dans l’emprise du fleuve à la cité du Niger » et son collègue qui «poursuit tranquillement ses acquisitions immobilières tous azimuts ».

Manque de courage ou légèreté ?
La fibre patriotique, ici sur cette terre de courage et de gloire, enseigne :
« Si tu ne peux dire la vérité, en tout lieu et en tout temps, fais appel aux hommes les plus courageux (…);
Si tu ne peux exprimer courageusement tes pensées, donne la parole aux griots » (Hymne du Wassoulou).
On comprend aisément le discrédit qui couvre les hommes politiques qui passent leur temps à déblatérer, et jouer aux amuseurs publics.
De quoi le PARENA accuse-t-il le ministre KONATE? De gérer une enveloppe de 10 milliards, qui n’est pas le budget le plus élevé de l’Etat ou d’être généreux ? Depuis quand il y a-t-il un crime au Mali qui s’appelle « générosité proverbiale » ? Délit de faciès ? Mais non, on sait depuis Louis que nul ne règne, pardon ne gère impunément : Hamadoun KONATE gère, donc il est coupable !
Qu’à cela ne tienne ! La décence aurait dû retenir le PARENA de faire le commerce du sacrifice de ces dignes fils du Mali, tombés sur le champ de l’honneur pour des galéjades politiciennes. En quoi la mort des soldats est-elle liée à des prétendues surfacturations ? Les 130 morts lors de l’attaque terroriste de Paris sont-elles aussi dues à des problèmes de surfacturations ?
Il ne faut pas auditer seulement ces achats de Pick-up, il faut aller plus loin, auditer les marchés des 20 dernières années, ensuite auditer la démocratie malienne elle-même.
Mais en attendant, laissons les morts dormir en paix ; respectons leur mémoire ; arrêtons de politiser les épreuves douloureuses de la Nation. « Il y a, disait Horace, une mesure en toute chose ».
Hélas, mille fois hélas ; le PARENA a franchi le rubicond de toutes les limites vertueuses de la politique.

La querelle de posture
Le débat d’idées avec ce parti de gestion gouvernementale (pour ne pas dire de préoccupation alimentaire) n’a jamais été qu’une querelle de personne, pardon de posture. Nulle ambition, nulle commisération pour le peuple, seulement des retombées en termes de confort personnel et d’intérêt personnel, bien compris.
Les Maliens ne sont ni dupes ni crédules. Ils auraient aimé croire au sérieux et au crédit de la complainte du PARENA s’ils l’avaient entendu se plaindre de la pénurie d’eau et d’électricité ; s’il s’était intéressé aux prix des denrées de première nécessité, à l’éducation de leurs enfants… Ils auraient aimé prêter une oreille attentive au PARENA s’ils n’avaient pas compris que c’est par opportunisme grégaire qu’il s’était emparé des causes qui lui sont restées étrangères, notamment le sort de l’ancien Président ATT jusqu’au jour où il a eu besoin des partisans d’ATT pour pouvoir faire sa marche.
Cette déclaration relative à un nouveau scandale qui n’en est pas un ne rentre-t-elle pas dans cette stratégie de manipulation et de diversion ?
Ce n’est pas une marche qu’il faut au PARENA, mais des places. Que nul ne s’en doute. Tant que le Bélier ne sera pas casé, il divaguera au risque de provoquer un incident diplomatique avec la France et la Francophonie. Pour cause, si le PARENA continue dans ses divagations, à torturer et à massacrer la belle langue de Louis XVI, en faisant des «pics-macs » pour dénoncer les Micmacs du gouvernement, il aura fort à faire avec les francophiles.
Pour lui épargner des déconvenues diplomatiques, il faut peut-être songer à faire une pétition et obliger le Président IBK à caser ces… messieurs.

Par Bertin DAKOUO




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