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mercredi 24 février 2021
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Exaction, exécution extrajudiciaire au Nord du Mali: la jeunesse Pulaaku invite l’Etat à ses responsabilités

Le Collectif des associations des jeunes peulhs, appelé jeunesse «Pulaaku» a animé, vendredi dernier, à la Maison de la presse du Mali, une conférence de presse sur le thème: «Crise sécuritaire au Mali, impact sur la communauté peulh». Objectif : dénoncer les nombreuses violences et violations des droits humains perpétrées par les forces armées maliennes, des terroristes à l’endroit de certains membres de leur communauté.

Cette conférence de presse était animée par la porte-parole du Collectif, Mme HAIDARA Aminata DICKO, entourée d’Abdoulaye DICKO, Boureima DICKO, Sidy CISSE et Hama Hamidi DIALLO, tous membres du collectif, en présence de l’ancien président de l’Assemblée nationale du Mali, le Pr Ali Nouhou DIALLO.
Dans son exposé liminaire, Mme HAIDARA a souligné que depuis un certain temps, la communauté peulh des régions du nord du Mali et de la région de Mopti subit des exactions, des exécutions extrajudiciaires, des arrestations arbitraires et massacres.
Pour elle, ces violences visent particulièrement les chefs coutumiers, les élus, les notabilités des villages, et parfois, même de paisibles citoyens issus de la communauté peulh. Une violence exacerbée depuis l’émergence sur la scène des terroristes se revendiquant de la communauté peulh, a-t-elle fait savoir.
Ainsi, les peulhs sont qualifiés à tort ou à raison de terroristes, et subissent des exactions, des exécutions extrajudiciaires, des arrestations arbitraires, soit par des éléments des forces maliennes, soit par des terroristes et narcotrafiquants. «L’accoutrement, notamment le turban est souvent le seul motif qui les expose à cette violence», a-t-elle déploré. Par conséquent, de nombreux jeunes sont arrêtés et mis en prison à Mopti ou à Bamako pendant des mois sans preuves ni procès, a continué de dénoncer Mme Haïdara.
«Il suffit de donner de l’argent aux agents pour recouvrer la liberté», s’est-elle indignée.
Parmi les fait illustratifs de cette amalgame, Mme Haïdara Aminata DICKO a indiqué que de jeunes peulhs de la commune de Ségué (cercle de Bankass), libéré pour faute de preuves, ont été retrouvés exécutés à Timissa, dans le cercle de Tomian. Il s’agit de Bangnaro DIAGAYETE et Bareima DIAGAYETE du village de Soumpou (Commune de Ségué).
Aussi, du 29 au 30 avril 2016, dans la commune rurale du Karéri (Malemana, Koroguiri) et de Dioura, un massacre de la communauté bambara sur les peulhs de la localité a causé la mort d’une trentaine d’entre eux et blessé plusieurs autres.
Un comportement dont le Collectif dit ne pas comprendre quand on sait que la communauté peulh, de manière historique, n’a jamais animé une rébellion ou s’est rebellé contre l’Etat du Mali. Aujourd’hui, le collectif estime que ceux qui les agressent sont à la solde de leurs ennemis qui manipulent les communautés afin de rendre cette nation paisible ingouvernable, au risque de provoquer des conflits intercommunautaires aux conséquences difficilement maîtrisables.
En effet, a-elle rappelée, les communautés peulhs, bambara, dogon, touareg, songhoy, bobo, dafing, bozo, malinké, etc. ont toujours vécu dans la paix et la quiétude, et continueront à vivre ensemble.
Face à cette situation qui prévaut, le collectif des jeune peulhs invite l’Etat à crée les conditions d’un retour rapide de la paix pour éviter le pire.
Persuadé que tout règlements de tout conflit, quelle qu’en soient la nature et l’origine, sous de peine de conduire à l’impasse, doit être bâti sur la justice et l’équité, le collectif demande à l’Etat de : restaurer son autorité sur toute l’étendue du territoire national, surtout dans les régions du nord et du centre ; assurer la sécurité des personnes et de leurs biens; arrêter et juger les présumés coupables de toutes les exactions et tueries commises sur les membres de toutes communautés partout où des cas avérés de violations des droits humains sont enregistrés.
Aussi, invite-t-il l’Etat à condamner les coupables et dédommager les parents des victimes.
Par ailleurs, la Jeunesse Pulaaku-Mali en appelle au sens élevé de l’Etat, de la patrie et du devoir du Président de la République, IBK, du gouvernement pour amener les forces armées et de sécurités, sur le terrain, à agir avec vigilance, prudence, discernement et évitant toute sorte d’amalgames et toute analyse hâtive.
De son côté, le Pr Ali Nouhou DIALLO a attiré l’attention des jeunes sur les risques d’un communautarisme sans issue. Selon lui, la communauté peulh, de par son ouverture aux autres, est le ciment de la nation malienne et doit continuer de l’être.

Par Abdoulaye OUATTARA




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