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vendredi 26 février 2021
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Il faut vacciner le corona fonds spécial !

On y est, la création d’un Fonds spécial par le Gouvernement du Mali pour lutter contre le COVID-19 et ses conséquences. L’annonce par le Premier ministre, Boubou CISSE, coïncide avec la donation de la part de Tidiani Ben AL-HOUSSEINI de Star Oil d’un chèque de 100 millions de francs CFA, ce 30 mars 2020.

Au-delà de l’appel à la solidarité nationale lancé par le Président de la République relayé par le Chef du Gouvernement, ce devoir patriotique est également et surtout une prescription constitutionnelle. En effet, l’article 16 de la Constitution du 25 Février 1992 dispose : ‘’en cas de calamité nationale constatée, tous les citoyens ont le devoir d’apporter leur concours dans les conditions prévues par la loi’’. C’est bien le cas de figure présent avec la propagation de la maladie à Coronavirus dans notre pays qui a franchi la barre des 20 personnes contaminées, en l’espace seulement de quelques jours.

L’indigence financière de l’État qui ne met que 6, 300 000 000 millions FCFA dans la cagnotte justifie amplement la mobilisation des ressources au plan national, en attendant l’aide des partenaires internationaux qui ne devrait être perçue que comme un appoint. Ce, d’autant plus que ‘’l’aide la plus noble et la plus utile est et sera celle qui viendra de nous-mêmes’’ (slogan du temps de GMT).

Désormais, la voie de la contribution nationale à l’effort de lutte contre la pandémie du Coronavirus est ouverte. Au regard de l’ampleur du péril, les générosités devraient continuer à se manifester pour alimenter le Fonds spécial mis en place par le Gouvernement.

Mais également d’autres initiatives seront en bute à une inhibition profonde, rançon d’une histoire sulfureuse des fonds spéciaux dans notre pays. En 2012, l’appel lancé par le Gouvernement qui manquait cruellement d’argent à soutenir l’effort de guerre a donné lieu à une mobilisation exceptionnelle, y compris dans les milieux estudiantins et scolaires. Plusieurs centaines de millions de nos francs ont été collectés, avec une forte contribution de nos compatriotes établis à l’extérieur.

Mais le péché mignon du manque de transparence a grippé la belle dynamique conduisant à un émiettement et une dilution des bonnes volontés. Le souvenir de cet épisode est encore vivace.

Dans le cas du Fonds spécial pour lutter contre le COVID-19 et ses conséquences, la réussite de l’opération sera tributaire de la transparence, socle de la confiance des contributeurs potentiels. Cela, ce n’est demander pas les yeux de la tête dans une démocratie bâtie sur le principe de la redevabilité.

PAR BERTIN DAKOUO




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