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mardi 16 juillet 2019
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Front politique: l’effervescence stérile

Depuis le 16 février 2019, date de la première rencontre entre le Président IBK et sa majorité, après la présidentielle, plusieurs opposants à son régime ne cessent de défiler à Koulouba, dans le cadre ‘’du dialogue politique’’. Parallèlement, les états-majors multiplient les rencontres bilatérales pour les mêmes objectifs. Mais le précieux sésame, la ‘’décrispation’’, reste insaisissable. À force de poursuivre cet objectif imaginaire, les acteurs politiques ont réussi à focaliser l’attention, au point de gripper la machine Mali.

Depuis bientôt deux mois, la mode au Mali est devenue le ‘’dialogue politique, la décrispation’’ imaginée comme étant le remède miracle à tous les problèmes du Mali : insécurité, terrorisme, crise de l’école, mauvaise gouvernance, emploi des jeunes… Ainsi, en plus des rencontres IBK-hommes politiques, la classe politique elle-même multiplie les rencontres dans tous les sens. À l’issue de chaque rencontre, ce sont des promesses de rencontres très prochaines ou des propositions de mise en place de commissions bilatérales et enfin des accolades. Comme si se donner des accolades avant et après une séance de prise de parole était une fin en soi. Depuis le 14 février dernier, date du coup de fil du Président IBK à son jeune frère, Soumaïla CISSE, ces rencontres ont cours, mais aucun résultat concret.
À force d’assister à ce spectacle qui se joue entre les acteurs politiques, les institutions de la République, la société civile se tasse, les secteurs économiques s’étouffent attendant un horizon meilleur. Quand ? Personne ne peut encore le deviner.
Les Maliens semblent se trouver au cœur d’un marché de dupes où personne ne veut avouer ses faiblesses ou dévoiler ses intentions réelles, sous le prétexte : ‘’c’est l’intérêt du Mali que nous avons mis en avant’’.
Ce 11 mars 2019, les Forces Alternatives pour le Renouveau et l’Émergence (FARE AN KA WULI), de Modibo SIDIBE, étaient au siège du PARENA. Selon le secrétaire général des FARE, Mamadou KEITA, à l’issue de cette rencontre : « la sortie de crise passe impérativement par un dialogue national refondateur. Il faut que les Maliens se parlent, il faut que les Maliens décident de ce qu’ils veulent de leur pays, il faut que les Maliens décident de ce qu’il sera le Mali de demain en terme d’institution, en terme d’aménagement du territoire, en terme même de pratique politique ». Interrogé par les journalistes sur l’objet de la rencontre, M. KEITA a fait savoir que la question d’un gouvernement d’union nationale n’a pas été évoquée, mais plutôt qu’il a été question de sortie de crise : « le problème de gouvernement d’union nationale, ça n’a pas d’actualité pour nous, sortons d’abord de la crise tout viendra après ».
Djiguiba KEITA du PARENA, a, de son côté, soutenu : « les problèmes sociaux que nous vivons aujourd’hui, les problèmes institutionnels, cette gouvernance qui met toujours la charrue avant les bœufs, en mettant un comité d’experts alors que c’est les politiques qui doivent donner le substrat aux experts pour pouvoir réviser la constitution… Et nous allons rendre public un document bientôt où vous allez voir les positions conformes des FARE et du PARENA », a-t-il dit.
Lors d’une première rencontre avec le Président de la République, ce 27 février 2019, à Koulouba, le Chef de file de l’Opposition a soutenu devant la presse : « nous n’avons pas parlé du gouvernement ; nous n’avons pas parlé de postes ; nous n’avons pas parlé de ces choses-là qui sont vraiment secondaires ».
Aussi, ce 5 mars 2019, lors d’une deuxième rencontre avec son aîné IBK, le Chef de file de l’Opposition Soumaïla CISSE reste toujours vague sur le sujet, en tout cas, au regard des attentes des Maliens : « nous avons eu un très bon entretien comme la dernière fois pendant un peu plus de 2 heures. Nous avons revisité les hypothèses que nous avons faites. Nous avons encore mis le Mali et les préoccupations et les défis au cœur de notre discussion. Aujourd’hui, nous avons essayé de trouver un mode opératoire pour pouvoir avancer. Je crois que c’est le plus difficile. Nous sommes convaincus qu’il faut un dialogue élargi à l’ensemble des forces vives du pays ».
Depuis, les rencontres se suivent et se ressemblent à Koulouba. « De jour comme de nuit, il rencontre à Koulouba les opposants. Soumaïla CISSE, une deuxième fois, Tiébilé DRAME, Soumana SACKO, Me Mohamed Aly BATHILY, une deuxième fois, Cheick Modibo DIARRA, Modibo SIDIBE, Moussa MARA, Amadou THIAM ; et ça continue », se réjouit un proche de Koulouba.
Et pourtant, les rencontres croisées doivent aboutir (forcément et dans un délai raisonnable), comme l’a dit un confrère de la place, sur des décisions concrètes. Avec ces tractations, chacun reste dans ses petits calculs. La décrispation est vue et vécue par de nombreux acteurs comme une ‘’redistribution des cartes où ceux qui sont dehors veulent entrer et ceux qui sont dedans redoutent la sortie’’. Les uns sont impatients alors que les autres retiennent leur souffle. Mais IBK est le seul détenteur des cartes.
Par Sidi DAO




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