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vendredi 26 février 2021
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G5: le Maréchal Déby aux commandes

Le Sommet de N’Djaména tant attendu sur le sort de l’Opération Barkhane contre le terrorisme au Sahel s’est ouvert hier lundi en présence des présidents et chef d’Etat des 5 Etats du G5 Sahel. Le président français Emmanuel MACRON y a participé par vidéo-conférence. L’enjeu de la rencontre est le retrait ou le maintien des soldats français. Selon des experts, même si le bilan de Barkhane n’est pas à hauteur un retrait militaire de la France alors que la Force conjointe du G5 Sahel n’est pas pleinement opérationnelle est un risque énorme du retour en puissance des terroristes.

Conformément à l’agenda de Pau, en janvier 2020, ou encore la rencontre de clarification des positions, le sommet de N’Djaména s’est ouvert avec la participation des présidents et chef d’État des pays membres du Sahel. Le président français pour sa part participe à vidéo-conférence. L’objectif de cette rencontre vise à apprécier l’intervention militaire française dans le Sahel, tout en évaluant les décisions qui ont été prises à Pau. Il s’agit également de faire l’état des lieux de la Force conjointe du G5 Sahel qui n’a pas encore sa pleine capacité opérationnelle.
Ouvrant les travaux de ce sommet dont les conclusions sont fortement attendues, le président tchadien Idriss DEBY a déclaré qu’aucune adversité ne doit éroder leur détermination à relever nos défis et saisir le futur sous le prisme de l’espoir. Pour DEBY, en plus des opérations militaires, il est aussi important de soutenir les programmes et projets de développement. Il soutient que ceux-ci constituent un impératif de premier ordre, car toute opportunité socio-économique créée est une arme de destruction du terrorisme qui est ainsi mise au point. « Si des jeunes ont choisi, par désespoir, le camp du mal, il nous revient de créer les conditions nécessaires de bien-être social en vue de les soustraire aux griffes des monstrueuses organisations terroristes », a-t-il insisté parce que, poursuit-il, la misère et la précarité matérielle alimentent et fertilisent le terreau du terrorisme et du radicalisme violent dans notre espace.
Dans tous les cas, le président Idriss DEBY pense que les populations de l’espace sahélien qui vivent au quotidien les affres des attaques terroristes attendent d’eux des actions concrètes et pragmatiques qui améliorent la situation sécuritaire sur le terrain. En effet, sur cet espace de 5 097 338 km², 5 100 Français sont engagés contre les groupes armés terroristes (GAT) qui répandent la terreur, le sang, la violence contre des soldats et même contre des civils. Si le Commandant de l’opération est convaincu que grâce à Barkhane la progression des GAT a freiné, il est difficile sur le terrain d’évaluer de cette efficacité. Parce que le sang continue de couler. Preuve : au Sahel la France a perdu plus de 50 de ses soldats et des centaines de blessés. Et les pertes du côté de la population locale se chiffrent à des centaines de morts par an, selon différents rapports indépendants. Et, selon un rapport de l’ONU publié en janvier, le nombre de victimes d’attaques terroristes ayant été multiplié par cinq en trois ans au Burkina Faso, au Mali et au Niger. D’où la colère et l’indignation en Afrique et même en France sur la nécessité du maintien de l’opération Barkhane.
C’est pourquoi, expliquent des experts sur le Sahel, Emmanuel MACRON va décider d’ajuster l’Opération Barkhane en réduisant le dispositif en place. Mais le risque, selon les mêmes sources, est le retour des Groupes armés terroristes (GAT) qui ont en face des armées en voie de construction.
Pour le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le DRIAN qui s’est prononcé à la veille sur ce sommet a indiqué qu’un an après Pau, le temps du «sursaut militaire» doit venir à N’Djamena celui du «sursaut diplomatique, politique et du développement».
Avant l’ouverture des travaux, les chefs d’État du G5-Sahel ont déposé, dimanche matin, à la Place de la nation, des gerbes de fleurs et rendu hommage aux martyrs du terrorisme. Dans un tweet sur sa page officielle, le président tchadien, Idriss DEBY qui accueille cette 7e session ordinaire de la conférence des chefs d’État du G5-Sahel, a indiqué qu’il avait salué « la mémoire des soldats africains et tchadiens tombés sur les différents théâtres d’opérations » dans le Sahel.
Le même jour, le président Idriss Deby avec le président de la transition du Mali, Bah N’DAW sur « les sujets en lien avec la paix et la lutte contre le terrorisme », a souligné qu’« ensemble, nous vaincrons le péril terroriste ».

Par Sikou BAH




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