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mercredi 18 octobre 2017
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Gestion des espaces publicitaires : Le PDG des ADM sur la sellette

Duplicité, traitement discriminatoire, abus de pouvoir et violation de contrat, les griefs des agences de communication ne manquent pas quant à la gestion par le Président directeur général par intérim des Aéroports du Mali (ADM) des espaces publicitaires de l’aéroport de Bamako-Sénou.

La levée de boucliers des Agences, réunies au sein du Groupement professionnel des agences de communication (GPAC), s’explique par une situation de monopole de fait de la gestion de l’espace publicitaire aéroportuaire dont bénéficie à la société ‘’Matrix-SARL-Publicité et Communication’’.

Un monopole de fait

Selon les agences communication, pour bénéficier d’espaces publicitaires, il faut passer nécessairement par la société « Matrix ». Ce qui est corroboré par des correspondances du PDG par intérim, le colonel Daouda DEMBELE, adressées à certaines agences de la place qui ont eu à formuler des demandes d’exploitation d’espaces. Dans une de ces correspondances en date du 31 juillet dernier, adressée au Directeur général de l’une des plus grandes agences de communication de la place, le PDG disait : « J’accuse bonne réception de votre correspondance ci-dessus citée en objet et tiens à vous informer qu’“Aéroports du Mali » ne s’occupe plus de cette activité. Ladite activité incombe désormais à la société ‘’Matrix-SARL’’. De ce fait, « Aéroports du Mali » vous prie de bien vouloir vous adresser à cette dernière pour le traitement de votre demande ».

Pour les agences de communications, il s’agit là de la preuve la plus irréfutable que le monopole de la gestion des espaces publicitaires revient à la société désignée par le PDG. Pourquoi créer les conditions pour que les autres agences de communication sous-traitent avec une agence qui évolue dans le même secteur d’activité qu’elles? Sur quelle base cette société ‘’Matrix-SARL’’ a-t-elle été retenue pour traiter les demandes des autres agences ?

Un délit d’initié

Le PDG des ADM, dans une correspondance en date du 30 décembre 2013 justifiait l’attribution de la Régie publicitaire de ‘’Aéroports du Mali’’ à ‘’Matrix-SARL’’ par le fait qu’elle a été la seule à soumissionner à un appel d’offres qui a été lancé le 26 novembre 2012. Ce que, selon le colonel DEMBELE, la commission de dépouillement a constaté le 20 décembre 2012.

En chœur, les agences de communication crient à un montage grotesque de la part du PDG dans la mesure où aucune d’entre elles n’a eu connaissance d’un prétendu appel d’offres pour la gestion de la Régie publicitaire de ‘’Aéroports du Mali’’. Ce, alors qu’il s’agit d’une activité qui les concerne au premier chef. Toute chose qui les amène à dénoncer un délit d’initié : Au cas où il y aurait eu un appel d’offres, seul ‘’Matrix’’ aura été prévenue et aura été par conséquent la seule société à acheter le dossier d’appel d’offres.

Violation du principe du service public

S’agissant de confier la gestion de la régie publicitaire à ‘’Matrix’’, les agences de communication soulèvent également des griefs.

Primo, elles fustigent une violation du principe du service public. Pour les agences de communication, ‘’Aéroports du Mali’’ est un domaine public dont l’usage ne saurait être exclusif. Les conditions d’exploitations devraient être définies par des conventions signées par les agences et ‘’Aéroports du Mali’’ permanentant un accès juste et équitable.

A contrario, la méthode utilisée par le PDG verse les espaces publicitaires dans le domaine du privé. Comparaison n’est pas raison ; mais un chef d’agence s’y aventure pour bien se faire comprendre. Il explique que c’est comme si l’Ortm, un service public, exigeait des annonceurs de passer par l’agence de communication X-COM pour que leur message passe. Pour lui ce serait scandaleux et l’Ortm n’effectuerait plus dans ces conditions une mission de service public.

Secundo, les agences de communication objectent que le choix de ‘’Matrix’’ viole les règles de la concurrence. Et pour cause, ‘’matrix’’ est une agence de communication tout comme les autres agences et ne saurait par conséquent disposer d’un privilège de traitement des demandes des autres. Il y a indubitablement un conflit d’intérêts au désavantage des agences demanderesses qui doivent passer par elle pour disposer d’espaces.

Une perte de recettes de 80 %

La conséquence de cette mesure discriminatoire du PDG de ‘’Aéroports du Mali’’, estiment les agences, est la perte de près de 80 % des recettes des ADM. Comment pouvait-il en être autrement s’il opère en mettant sur la touche les plus grandes agences de communication de la place. Aussi voient-elles dans sa démarche du PDG, une volonté à peine déguisée de sacrifier l’intérêt public sur l’autel de son intérêt personnel.

Une attitude qui est d’autant plus irritante que le colonel DEMBELE est également accusé de duplicité. À titre illustratif, elles soutiennent que le PDG clame haut et fort l’existence de conventions avec des agences qui courent. Mais il s’agit de conventions d’une année qui ne sont pas renouvelées à expiration. En somme une méthode douce d’élimination.

Excédées par la persistance de cette situation, nonobstant de précédentes interpellations, les agences de communication entendent passer la vitesse supérieure.

Les mesures en vue

Il est prévu, apprend-on, l’organisation cette semaine d’une assemblée générale regroupant toutes les agences de communication du Mali qui entendent mobiliser à cet effet l’ensemble de leurs partenaires de presse avec qui elles travaillent au quotidien.

Les ministres de l’Équipement, des transports et du désenclavement, de l’Économie numérique, de l’information et de la communication seront aussi saisis par les agences de communication pour exposer leur désapprobation. Elles n’excluent pas se saisir le Premier ministre et même le Président de la République.

Affaire à suivre.

 

Par Bertin DAKOUO




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