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dimanche 28 février 2021
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Grève des Magistrats: les frondeurs rentrent dans les rangs

Après les gorges chaudes et les envolées syndicales de circonstances, place à la raison et au réalisme. Si on ne fume pas encore publiquement le chibouk de la concorde, c’est l’amorce de la détente entre les collègues magistrats, qui s’étaient déchirés sur l’appel à la suspension de la grève, en vue de reprendre les négociations sous des auspices plus sereins. En tout cas, au constat, hier, ils étaient tous à la table de négociations avec le gouvernement : ceux qui ont repris le travail et ceux qui ont affirmé continuer l’intifada syndicale.

On se rappelle que sacrifiant à ses engagements, la Commission de bons offices avait appelé les parties à reprendre le dialogue, pour hier mardi, en vue de finaliser les points d’accord et acter ceux qui doivent faire l’objet de différé. Hier donc, à la rencontre, toutes les parties se sont présentées avant de prendre place à la table de négociations… avec un hic. Le couac : le SAM (syndicat autonome de la magistrature) était représenté par deux délégations : celle représentée par son président, Cheick Mohamed Chérif Koné, qui avait appelé à la reprise du dialogue et celle conduite par Alou Badra Nanacassé, qui avait tenu une Assemblée générale avant-hier lundi pour appeler au maintien de la grève (et annoncer la démission du président Koné).
In limine litis, les frondeurs du SAM, lettre de leur Comité directeur à l’appui, ont informé la Commission de bons offices qu’ils ne voulaient plus de Chérif et de sa délégation qui sont les mandataires du SAM, qui sera désormais représenté par leur Nanacassé et Amadou Bah. La raison évoquée : Chérif n’est plus le président du SAM et ce sont ces derniers qui ont été mandatés par l’Assemblée générale pour représenter le syndicat autonome. Comme toute réponse à cette motion préjudicielle, le président du SAM remet à la Commission une copie des statuts du syndicat pour statuer et trancher sur le quiproquo. Au regard de la clarté des textes, les frondeurs, magistrats qui connaissent les textes et les appliquent, sont obligés de reconnaître que non seulement, contrairement à ce qui a été annoncé, le président Chérif n’est ni suspendu ni radié, mais aussi que statutairement Cherif Koné est et reste le seul président légitime du SAM, le seul ayant qualité de parler et d’engager le syndicat. La question est donc tranchée : c’est Chérif qui représentera le SAM.
Dans un souci d’apaisement et d’inclusion, la délégation des frondeurs, il faut le rappeler, qui n’est pas opposée à la reprise du dialogue, a été autorisée à rester dans la salle et à assister le président du SAM pour l’aboutissement des doléances communes.
Après la reprise du travail dans la majorité des juridictions avant-hier, c’est une seconde victoire du président du SAM qui prône la modération et la sérénité dans les rangs et continue de prêcher l’unité d’action et la cohésion de tous les magistrats au sein de la famille en vue de la satisfaction des revendications.

Par Sékou CAMARA




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