Search
jeudi 4 mars 2021
  • :
  • :

Greve illimitée des magistrats: vers le dénouement de la crise ?

La réunion des magistrats du Syndicat autonome de la magistrature (SAM) et ceux du Syndicat libre de la magistrature (SYLIMA) en grève illimitée, depuis le 9 janvier 2017, devant se tenir, hier jeudi dans l’après-midi, a été reportée à ce vendredi après-midi.

Si pour le moment, rien aucun motif n’a été donné en ce qui concerne le report de cette importante rencontre, la levée du mot d’ordre de grève de ces syndicalistes qui était en l’air reste dans le suspens. La réunion d’hier devait certainement faire le point des négociations et de prendre les mesures qui s’imposent sur la levée ou le maintien de la grève, selon des sources concordantes. D’ores et déjà, si une grande avancée n’a pas été enregistrée en matière de satisfaction des revendications posées, il n’en demeure pas moins que de nombreuses médiations ont été faites auprès des grévistes. Récemment, ces émissaires ont rendu compte au ministre secrétaire général de la présidence, Soumeylou Boubèye MAIGA.
Dans un communiqué rendu public, il ressort que le
Président de la république, IBK, « soucieux du bon fonctionnement de l’appareil judiciaire et de l’impact de la grève des magistrats sur la vie des citoyens », a instruit au ministre Secrétaire général de la Présidence de la république de rencontrer des délégations de bons offices le lundi 30 janvier 2017 à Koulouba.
Ces rencontres, précise ledit communiqué, avaient pour but de permettre à toutes les parties de renouer et de privilégier le dialogue social dans l’intérêt supérieur de la nation. Ainsi, les parties ont ensemble réaffirmé leur volonté commune d’œuvrer au dénouement rapide de cette crise.
Toutefois, aucune information relative au sort de cette grève n’est évoquée.
« La réunion a été reportée à demain (aujourd’hui vendredi, ndlr). Et au moment où je vous parle, rien n’a été décidé », nous a confié hier un responsable syndical.
En tout état de cause, les responsables syndicaux projettent une conférence de presse, ce matin à la Cour d’appel de Bamako, pour donner, certainement les raisons du retour de la réunion d’hier, mais également de leur décision.
Gageons tout simplement que les quelque 570 magistrats reviennent rapidement à de meilleurs sentiments.

Que veulent les magistrats ?
Les magistrats exigent l’augmentation de leurs salaires, primes et indemnités en plus de la relecture du Statut de la magistrature.
Cependant, pour l’État, une telle mesure consisterait de faire passer de 350 000 FCFA à 750 000 FCFA les salaires des magistrats en début de carrière, et de 1,1 million FCFA à 3,5 millions de FCFA le salaire des juges, situés au sommet de la hiérarchie.
Concernant les indemnités de judicature, les grévistes veulent qu’elles soient revues à hauteur de 800 000 FCFA par magistrat, et les indemnités de logement à hauteur de 500 000 FCFA pour ceux de la Cour suprême, de 300 000 FCFA pour les autres.
Pour le gouvernement, si l’ensemble des doléances étaient acceptées, elles coûteraient une incidence financière d’environ 34 milliards de FCFA par an à l’État.
Aussi, revendiquent-ils, l’octroi de primes de responsabilité et de risque, d’indemnités de recherche, la revalorisation de leurs pensions de retraite ainsi que la dotation en carburant de chacun.
Par ailleurs, les grévistes réclament une « meilleure indépendance » du pouvoir judiciaire et exigent par conséquent l’autonomie dans la gestion de leur carrière tant en matière de mutations que de discipline choisie. Les magistrats grévistes demandent également l’élaboration d’un plan de carrière des magistrats, un droit à la formation continue et l’octroi au SAM d’un poste au Conseil économique, social et culturel.

Par Sékou CAMARA




Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *