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lundi 1 mars 2021
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Honorable Fomba Fatimata Niambélé: «nous allons relever le défi de la paix pendant ces campagnes »

A l’origine gestionnaire au Centre de santé de San en 1994, Honorable FOMBA Fatimata NIAMBELE a su forger sa personnalité à San, grâce à son humanisme au sein de la communauté qu’elle a servie avec honneur. Elue députée en 2002 puis en 2013, elle est sur la liste RPM en alliance avec l’ADEMA pour briguer une troisième législature. Comme ses collègues, Mme FOMBA a comme cheval de bataille, en plus de sa conviction politique, la Loi N°2015-052 du 18 décembre 2015 instituant des mesures pour promouvoir le genre dans l’accès aux fonctions nominatives et électives, malgré que celle-là aussi puisse avoir certaines contraintes, à cause la faible représentativité des femmes sur l’arène politique. Elle a ainsi lancé un vibrant appel aux femmes à la solidarité envers leurs sœurs candidates pour que cette loi ait un impact concret sur la vie des femmes.

Nous veillons à l’application stricte de cette loi. Chez moi, à San, pour quatre députés, il faut deux femmes. Le problème se pose au niveau des listes où il y a deux personnes.  Nous sommes 14 députés femmes à l’Assemblée nationale, j’espère bien qu’on aura au moins 30% des femmes dans l’assemblée nationale, à l’issue des législatives à venir. Le problème se pose actuellement, car sur toutes les listes, il doit y avoir une femme. Ce n’est pas facile d’avoir des femmes qui puissent booster les choses pour que la liste passe.  Mais, je ne suis ne pas trop pessimiste, car il y a des femmes leaders qui sont vraiment capables de faire du concret.

Si nous avons une ne contrainte qui nous fatigue maintenant, c’est seulement le problème de moyens qui se pose aux femmes. Actuellement, sans ressources, on ne peut pas faire de la politique.  La tâche devient difficile aux femmes pour les dépenses de la campagne, notamment les frais de déplacement, les frais de communication, des affiches, et autres dépenses indispensables pour la campagne. Donc, il faut vraiment accompagner les femmes ; tant qu’il n’y a pas d’accompagnement, elles ne seront pas au rendez-vous de cette législature.

Par ailleurs, je demande aux femmes candidates d’être à la hauteur des attentes de leur parti qui leur ont fait confiance pour les mettre sur la liste.  La politique se prépare.  Parce qu’on ne peut pas se lever un beau jour, se lancer dans la politique. Il faut être avec les femmes depuis toujours. Il faut être dans une association, participer avec les femmes à leurs activités de développement de la localité dans laquelle on évolue, partager son expertise avec elles. Il y a beaucoup de femmes qui n’accordent pas de crédit à cela.  Même si on n’a rien, on peut être élue par sa communauté, à cause de cette complicité qui vous lie à elle. Il faut vivre avec les populations leurs moments de souffrance et d’allégresse. Moi j’ai été élue une première fois député à l’âge de 34 ans à San. Mais, je n’avais rien. Le contact avec les autres femmes, le social que nous partageons ensemble m’a permis d’être élue.  Car, ces populations me connaissaient et avaient confiance en moi. J’avais comme adversaires des natifs de San qui avaient tout, mais qui n’ont pas gagné. Juste parce que moi je vivais leur quotidien.

Donc on ne peut pas être politicien et se coller certains titres, ou se propulser au-devant de la scène au moment des élections. Le politicien, c’est l’homme et la femme de sa communauté. Et cela, il faut que les femmes le comprennent vite.  Il faut avoir l’ambition politique, être sûre de soi.  Il faut surtout être avec la base. On ne peut être un natif d’une localité et couper tout contact et se présenter comme candidate à quelques jours des élections, parce qu’on a de l’argent. Ils vont prendre votre argent et voter pour la personne avec qui on partage les peines et les joies.

Donc j’en appelle aux femmes d’être sociables. Se présenter à un décès ne nécessite pas forcément d’argent. Le respect ne demande pas d’argent non plus.

Malgré tout, les autres femmes aussi doivent soutenir leurs sœurs qui se présentent aux élections.  Je regrette beaucoup le fait que certaines présidentes des groupements d’associations féminines détournent les électrices au profit des candidats hommes. Ces associations féminines se vendent au plus offrant. On le sait tous, les femmes n’ont pas assez de moyens pour payer des grandes marmites, des bâches, des assiettes et d’autres outils aux associations féminines.  Or, sans cela, certaines femmes te crachent à la figure en t’assurant que tu n’auras pas leurs voix. Pourtant, élire une femme, c’est élire une personne sensible à vos problèmes. Les femmes appréhendent mieux les difficultés auxquelles leurs sœurs et filles sont confrontées au quotidien.

Pour le 8 Mars qui coïncide avec l’ouverture des campagnes, je trouve que c’est tout à notre honneur, pour qui connaît le sens de cette journée. Nous allons relever le défi de la paix, pendant ces campagnes. Pour le thème, je crois que toutes les femmes doivent soutenir les Forces armées en cette période de crise qui n’a fait que trop durer. Les femmes sont capables de lutter contre cette crise par des actions de sensibilisation. Que chaque femme sensibilise son mari, son enfant et pourquoi pas les populations de sa communauté ? Que chaque femme se mette à l’esprit que ces FAMa ne sont autres que nos enfants, nos frères et nos maris. Leur mission régalienne, pendant laquelle ils perdent la vie, est faite pour nous protéger. Vraiment vivent les FAMa. Soutenir les FAMa, c’est soutenir la paix au Mali.




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