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lundi 18 décembre 2017
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Institut universitaire de gestion: guerre autour de plus 600 millions de FCFA

Rien ne va plus entre le rectorat de l’Université des sciences sociales et de gestion (USSGB), le ministère de l’Enseignement supérieur et de la recherche scientifique et le Comité syndical du Syndicat national de l’Enseignement supérieur (Snesup) de l’Institut universitaire de gestion (IUG). Si le Comité syndical revendique le payement de 619 200 000 FCFA, au titre d’arriérés d’heures supplémentaires, 2011-2012 et 2012-2013, le rectorat et le ministère semblent se jeter les responsabilités quant au payement desdits sous.

Pour mieux comprendre les dessous de cette affaire qui plonge l’IUG dans une grève illimitée des professeurs, depuis le 16 juillet dernier, nous avons rencontré, les responsables syndicaux de cet institut.  Il s’agit notamment du secrétaire général par intérim du Comité syndical, Waly Badji SISSOKO, en présence des secrétaires aux revendications, Boubou DOUCOURE, de l’organisation, Tiéauni SAKO. On y notait également la présence du trésorier général adjoint, Mahamoudou BAH et du secrétaire aux relations extérieures, Alassane SIDIBE.

Selon le secrétaire aux revendications, le corps professoral de l’IUG après avoir constaté une mauvaise foi de la part du recteur et du gouvernement, à travers le département de tutelle, dans le payement de leurs heures supplémentaires 2011-2012 et 2012-2013, a décidé d’utiliser la manière forte, en décrétant d’abord une cessation de travail de 48h (le 1er et 2 octobre 2014) puis une grève de 72h (les 13, 14, et 15 Octobre dernier), avant d’aller en grève illimitée, le 16 Octobre dernier qui se poursuit toujours.

«Une Assemblée générale des professeurs nous a donnée le quitus : pas de cours avant le payement de ces arriérés», nous a confié M. Boubou DOUCOURE.

Selon lui, l’IUG est un établissement d’enseignement supérieur à caractère professionnel qui évolue, depuis 2011, dans le système LMD. A ce titre, le stage constitue le sixième semestre et s’il n’est pas validé, l’étudiant ne peut prétendre avoir son diplôme, a-t-il martelé.

Dans son mémoire en défense, du 5 septembre 2014, le ministère de l’Enseignement supérieur et de la recherche scientifique reconnaît ces arriérés comme un droit aux enseignants et s’est même engagé pour leur payement.

«Ces heures ont été autorisées, à titre de régularisation respectivement par Arrêté N°2014-17411/MESRS-SG, du 30 juin 2014, et l’arrêté N°2014-1743/MERS-SG, du 30 juin 2014. Elles sont évaluées à un montant de  619 200 000 francs CFA», précise le document.

Par contre, le département se défend quant il s’agit des heures supplémentaires de cours, au titre de l’année 2013-2014 avant le 1er octobre 2014: «Il faut distinguer les heures supplémentaires du 1er semestre de l’année 2013-2014 (S1, S3 et S5) qui s’élèvent à un montant de 89 640 000 francs CFA dont l’arrêté autorisant lesdites heures est en cours de visa. Pour ce qui est des heures supplémentaires du 2ème semestre de l’année 2013-2014 (S2 et S4) qui se chiffrent à 46 280 000 FCFA, son projet d’arrêté est en cours d’élaboration», souligne-t-on.

Selon le secrétaire général par intérim du comité syndical, tous les documents officiels venant du département attestent que les revendications des enseignants sont légitimes et qu’ils seront mis dans leurs droits. Mais là où réside le véritable problème, c’est la responsabilité dans le payement des sous. En effet, explique-t-il, le département a demandé au rectorat de prendre en charge les frais imputés à ces heures supplémentaires sur son budget autonome. Depuis, le recteur ne cherche qu’à déplacer le problème, a-t-il expliqué.

«Tantôt, il prétend que le syndicat n’a jamais négocié avec le Rectorat et qu’il aurait appris la grève, à travers le ministre de la Fonction publique. Souvent, il dit avoir échangé plusieurs correspondances avec la DFM pour avoir le financement. Tantôt, il affirme également que les enseignants n’ont ni bouclé, ni publié les résultats de l’année 2013-2014», nous rapporte Waly Badji SISSOKO.

Selon M. SISSOKO, les enseignant encadrent, surveillent et corrigent les feuilles d’évaluation, mais ils n’ont pas vocation à publier les résultats d’un examen.

Donc, à ce niveau, le recteur doit s’interroger lui-même sur ses responsabilités dans la crise.

Pour le moment, à l’IUG, l’heure est au blocage: les enseignants ont raccroché la craie jusqu’au payement de leurs arriérés d’encadrement et d’heures supplémentaires, au tire de 2O11-2012 et 2012- 2013, pendant que l’année 2013-2014 reste aussi à boucler.

Par Sidi DAO

 




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