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mercredi 20 novembre 2019
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Intox et désintox: le général baratineur…

‘’Sauver ou périr’’, c’est la devise des pompiers. Et c’est en sauvant la tête du soldat Tiémogoba Sangaré de la Défense que Sacré Salif de l’insécurité a failli périr sous les feux roulants des députés. Lamentable, pathétique, les mots ne suffisent pas à traduire la débâcle du jeune et fringant étoilé de ministre de la Sécurité et de la Protection civile qui entendait conter fleurettes aux Maliens.

Face à l’INTOX de destruction massive, nous vous proposons la DÉSINTOX de construction massive.

Lisez les croustillantes PÉPITES de la semaine.

L’entourloupe

INTOX

Après le massacre de civils peuls à Ogossagou, qui a fait au moins 160 victimes (d’autres parlent de 174 victimes), le samedi 23 mars dernier, précédé du massacre de plus d’une vingtaine de nos soldats, à Dioura, le 17 mars dernier, au cœur de cette consternation, l’Assemblée nationale a interpellé le Gouvernement, mercredi dernier. L’étoilé Sacré Salif, supposé être plus en terrain connu, avait la lourde responsabilité de suppléer le soldat Tiémogoba Sangaré qui a fait défection à la perspective d’un combat qui s’annonçait âpre. Profit bas et même très bas, il a confessé : « aucun responsable n’est fier face à ce bilan ».

DÉSINTOX

Le bilan, qui donne le tournis, est révélé par le ministre lui-même : 150 militaires maliens ou étrangers et 440 civils ont été tués, depuis trois mois. Ainsi, la crise au centre a fait près de 1 000 victimes, depuis janvier 2018. Il ne s’agit certes pas du pire bilan de l’histoire des guerres de l’humanité, mais il est tout de même cauchemardesque, insoutenable et révoltant. Ce bilan à lui seul suffit à renvoyer dans ses cordes le ministre groggy qui persiste à vouloir poursuivre le combat en substituant à la kalach la mandoline, question de quémander la mansuétude des élus du peuple. Non, c’est trop facile. Les faillites se paient cash. La fierté des responsables qui sont responsables de cette tragédie nationale était de se barrer au plus vite avant qu’ils ne soient vus. Parce que par leur échec, la violence indiscriminée s’installe, tous les éléments convergent pour propager dans les populations civiles un sentiment de panique et de vulnérabilité généralisée.

Ce qui était attendu, c’était des démissions, autant des étoilés que des politiques. Mais, cette culture n’existe pas encore au Mali ; parce qu’il y a plus à gagner à ravaler sa fierté qu’à l’exprimer parce que les morts de civils innocents ne hantent plus leur sommeil… Alors, le Chef suprême des armées vole à la rescousse en jouant à l’entourloupe : quelques galonnés étoilés passent sur le grill et le tour de passe-passe est joué. L’équation, pourtant, reste quasi intacte.

L’équivoque

INTOX

« On a retiré à l’association Dan Nan Amassagou son récépissé, parce qu’elle a initié des actions contrairement à ses objectifs initiaux ».

DÉSINTOX

Pourquoi cette mesure ? Parce qu’elle a levé une armée, mis en place une chaîne de commandement et qu’elle est accusée d’exactions diverses sur les populations civiles, en l’occurrence peules. Bravo, le Gouvernement retrouve son droit régalien, le monopole de l’utilisation de la force publique. Mais des zones d’ombre persistent. Suite au massacre d’Ogossagou, le Gouvernement retire à Dan Nan Ambassagou son récépissé. Ce qui induit qu’elle y est impliquée. Or, les assaillants seraient habillés en tenue de chasseur. Ce qui ouvre la piste de la milice. Ainsi Dan Nan Ambassagou porterait la double casquette d’association et de milice. Si tel était le cas, cela ne daterait pas du 23 mars dernier, date du massacre d’Ogossagou. L’ambivalence de l’Association est antérieure à cette tragédie. Le Gouvernement le savait bel et bien. La preuve : il lui a fallu moins de 24 heures pour trouver son coupable. En fait, l’Association joue là, le rôle du fusible : la communauté internationale s’indigne qu’on sacrifie un fusible.

Aussi, en juillet 2018, le Gouvernement avait annoncé en fanfare le désarment de toutes les milices. Aucune ne l’a été et Dieu sait que ça pilule partout au Centre et au Nord. C’est beaucoup plus facile à dire qu’à faire ; parce que l’État a failli, les gens s’organisent sans lui. Quand il donne son onction aux organisations d’auto-défense, cela s’accompagne de la sous-traitance d’un pouvoir régalien, en l’occurrence la sécurité des personnes et des biens.

Une connexion douteuse

INTOX

« Pour le moment, le gouvernement n’accuse personne, en attendant le résultat de l’enquête ».

DÉSINTOX

Possible, pourtant, en prononçant aussitôt la dissolution de l’Association Dan Nan Ambassagou, le Gouvernement en fait le coupable tout désigné des massacres de Ogossagou du 23 mars dernier. La dissolution de l’Association, quels que soient les arguments développés par le pouvoir, ne peut être que perçue que comme une conséquence d’un acte odieux unanimement condamné. Dans tous les cas, il y a une étrange coïncidence ! Le Gouvernement retire à l’Association Dan Nan Ambassagou son récépissé. Motif : trahison des objectifs officiels. Moment : le 24 mars 2019, soit le lendemain des tueries perpétrées par des ‘’individus habillés en tenue traditionnelle donso’’. Le ministre ose quand même faire l’insulte à l’intelligence des Maliens en prétendant que le Gouvernement n’accuse personne. Il vient de commettre une faute lourde qui met en lumière sa connexion avec un ‘’sous-traitant’’ par le truchement d’une assimilation hâtive. Amateurisme, quand tu nous tiens !

La ritournelle

INTOX

« C’est vrai, face à l’absence de l’État à certains endroits, certains ont pu devoir se substituer à l’État ».

DÉSINTOX

Point besoin de s’encombrer de fioritures. Les situations telles que celles auxquelles nous assistons en ce moment ne prospèrent que sur un terrain laissé vacant par un État failli. Oui, des jihadistes rendent la justice, dans l’équité, et ses décisions sont exécutoires. Sur ce plan, les jugent ne manquent pas du tout aux populations. Par moment, leur présence est rassurante pour les populations qui se trouvent à l’abri des rançonnages de nos agents de sécurité. Ceux qui vivent des situations de vulnérabilité sécuritaire s’organisent pour se défendre des agressions extérieures. C’est la vérité ; il faut le dire. Est-ce de la faute de ces populations si l’État s’est fait chasser d’une bonne partie du territoire national ?

Il est clair que dans ces conditions, le pouvoir ne peut même plus prétendre à restaurer la souveraineté de l’État sur l’ensemble du territoire national. Les signes sont là qu’il n’en a pas l’ambition.

« (…), mais nous sommes en montée en puissance ». La ritournelle est connue. Depuis 2013, c’est la montée en puissance, et très lentement au goût des Maliens. Au demeurant, cette belle mélodie ne sécurise personne. Depuis 2013, les gens continuent de mourir, le climat anxiogène se propage, nonobstant les efforts financiers colossaux, les Maliens ne savent plus ni où se laver ni où se sécher. Pourtant, il suffit juste de changer d’approche et de stratégie comme savent si bien le faire tous les bons soldats, en s’adaptant à leur environnement. En Syrie, les forgerons fabriquent des roquettes artisanales ; en Afrique une armée a transformé la BJ en redoutable arme de guerre, l’une des plus utilisées ; les jihadistes sont à la pointe de l’innovation. Quittez enfin les bancs des écoles étrangères, débridez votre imagination pour trouver un concept novateur à la mesure du péril qui pèse sur le Mali. C’est ce qui fait un grand général. Vu qu’on en compte des dizaines, cela ne devrait pas être de la mer à boire. À moins que…

« (…) nous soyons en réorganisation. Nous allons être beaucoup plus visibles et nous allons nous assumer ».

Arrêtez les annonces et agissez vite, à cause de Dieu. Les actes convainquent beaucoup plus que les belles rhétoriques.

 




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