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vendredi 26 février 2021
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Intox et désintox: l’exploit, le troc, la boulimie, la fixation

Outre l’exploit de nos Forces spéciales qui ont mis le grappin sur de présumés cerveaux d’actes terroristes, la manchette des canards a été dominée, cette semaine, par le troc de 3 humanitaires contre de présumés terroristes ; le scandale des promoteurs d’établissements privés épinglés pour non-paiement d’impôt et fausse déclaration ; la 8e session du Comité de suivi de l’Accord qui a achoppé sur la mise en place des autorités intérimaires et l’organisation des patrouilles mixtes. Sur ces sujets brûlants de l’actualité nationale qui ont fait l’objet d’INTOX, voici la DESINTOX.

L’exploit
Intox
Selon le confrère ‘’L’Aube’’ : ‘’les forces spéciales de la direction de la sécurité d’Etat (Dgse) ont arrêté jeudi un Mauritanien présenté comme impliqué dans plusieurs attaques djihadistes perpétrées dans le pays’’.

Désintox
L’hydre terroriste en prend de plus en plus pour son grade de psychopathe. Les Forces spéciales de notre pays ont en effet mis le grappin sur cinq terroristes en moins d’un mois. Il s’agit d’autant plus d’un coup d’éclat que le dernier appréhendé, Fawaz Ould Ahmeida, s’apprêtait à commettre d’autres attentats à Bamako et ses cibles seraient des Occidentaux. Cette bonne moisson est l’une des preuves les plus irréfutables que nos services de renseignement sont bel et bien à l’œuvre et que les actions spectaculaires des terroristes ne visent qu’à saper le moral de la population en faisant régner un climat de terreur. Le moins que l’on puisse dire est que ces arrestations de cerveaux présumés est un sérieux message adressé à ceux qui ont décidé de pactiser avec le mal. Désormais, il est clair que toutes nos forces mèneront une traque sans merci des forces du mal. Le message est aussi à l’endroit de la population qui, malgré la multiplication des actes de violence, doit savoir faire preuve de résilience sécuritaire et surtout ne pas céder à la panique et à la fatalité.

La bestialité
Intox
Le même confrère ‘’L’Aube’’, dans l’une de ses parutions, rapporte : ‘’les trois collaborateurs du Comité international de la Croix-Rouge, enlevés le 16 avril dans le nord, ont été libérés le vendredi dernier’’.

Désintox
Voilà qui est une excellente nouvelle pour le pays et l’ensemble de la famille humanitaire. Mais l’arbre ne doit pas cacher la forêt. C’est une situation qui n’aurait jamais dû être. Il est scandaleux, voire criminel d’enlever des personnes qui œuvrent pour sauver des vies humaines. Il ne serait pas superflu de rappeler que le Comité international de la Croix-Rouge, basé à Genève, représente l’une des organisations humanitaires les plus respectées et les plus reconnues dans le monde. Sur la base du mandat qui lui est conféré par le droit international, en particulier les Conventions de Genève, le CICR protège les victimes des conflits armés et d’autres violences, notamment les blessés de guerre, les prisonniers, les civils, les déracinés et d’autres non-combattants. C’est vraiment être un monstre que de s’en prendre à une telle organisation qui ne veut, en principe, que du bien des populations qui vivent des situations difficiles. Ansar Eddine qui a revendiqué l’enlèvement des trois travailleurs humanitaires ne fait qu’en rajouter à son tableau noir de victimes de sa bestialité. Le mouvement plastronnant déjà de poser des mines antipersonnel qui font des victimes autant au sein des forces internationales, maliennes, maliennes que de la population civile. Or, la Convention sur l’interdiction des mines anti- personnelles, de son nom complet Convention sur l’interdiction de l’emploi, du stockage, de la production et du transfert des mines antipersonnel et sur leur destruction (aussi appelée Convention d’Ottawa ou Traité d’Ottawa), est un traité international de désarmement qui interdit l’acquisition, la production, le stockage et l’utilisation des mines antipersonnel. Les dispositions principales de la Convention sont : ne jamais employer, mettre au point, produire, acquérir, stocker, conserver ou transférer à quiconque de mines antipersonnel (art.I) ; détruire toutes les mines antipersonnel en sa possession au plus tard quatre ans après l’entrée en vigueur de la Convention pour cet État partie (art.IV) ; détruire toutes les mines antipersonnel présentes sur des zones de son territoire dans les dix ans après l’entrée en vigueur de la Convention pour cet État partie et après les avoir identifiées et signalées (art.IV) ; fournir et/ou demander assistance auprès des autres États parties pour remplir ses obligations si possible et dans la mesure du possible (art.VI) ; prendre toutes les mesures législatives appropriées pour prévenir et réprimer toute activité interdite à un État partie en vertu de la Convention (art.IX). Bien entendu, le sanguinaire Iyad Ag Ghaly n’a que dalle de ces dispositions. Au demeurant, les mines antipersonnel restent l’arme de prédilection des lâches et des fugitifs de la trempe de Iyad qui a décampé de Kidal à l’approche des éléments de l’opération Serval qui, depuis, est devenu un fantôme errant de campement en campement.

Le troc
Intox
Pour sa part Info-Matin rapporte : ‘’l’information a été confirmée par le porte-parole du CICR à Bamako. Selon lui, ils ont été libérés sans condition’’.

Désintox
Le porte-parole du CICR est dans son beau rôle de confirmer une aussi bonne nouvelle. Ce, d’autant plus que l’enlèvement des trois humanitaires avait ému, au-delà du cercle de la Croix-Rouge, l’ensemble de la communauté nationale. Pour autant, il ne faut pas prendre les gens pour des oies sauvages. Des criminels, qui n’ont pas hésité une seconde à kidnapper des humanitaires, ne vont certainement pas les relâcher pour raison humanitaire, dont ils n’en ont cure. Et les faits le prouvent. Un responsable du groupe islamiste Ansar Eddine, Nourredine Ag Mohamed, a revendiqué, le jeudi 21 avril dernier, à l’AFP, l’arrestation des trois travailleurs du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) portés disparus, depuis le 16 avril dernier. Dans sa revendication, il pose les conditions de leur libération : « Nous avons arrêté trois personnes qui travaillent pour la Croix-Rouge. Nous voulons, avant de les libérer, que Barkhane libère Miyatène Ag Mayaris ». La Force Barkhane a procédé, à la libération, le lendemain vendredi de quatre personnes arrêtées récemment dans le cadre de ses investigations suite à l’attaque du 12 avril. Comme par enchantement, juste après la libération des trois humanitaires enlevés, le 16 avril dernier, par le groupe Ansar Eddine est intervenue. Il est normal que le CICR fasse preuve de discrétion sur les circonstances de la libération des trois personnes enlevées par Ansar Eddine. C’est d’ailleurs une règle non écrite. Mais en aucun cas, l’on ne saurait nous faire gober des sornettes, parce que l’on n’est pas dans un conte de fées. Il y a bel et bien eu troc des humanitaires contre les personnes arrêtées par la Force Barkhane. Il n’y a aucune honte à le reconnaître : pour connaître l’épilogue de plusieurs enlèvements, il a fallu casquer en plus d’échanger les prisonniers. Même l’État malien a été obligé de libérer Wadossène avant que ce dernier ne se fasse abattre par les Forces internationales.
À cette préoccupation sécuritaire qui a connu un heureux dénouement, se substitue une préoccupation fiscale.

La boulimie
Intox
Le confrère ‘’Le Prétoire’’ dans l’une de ses récentes parutions rapporte : ‘’assaillie par les services des impôts, depuis 10 ans, l’Association des écoles privées agréées du Mali (Aepam) est à bout du souffle’’.

Désintox
Oui, c’est vraiment la fin d’une époque où on pouvait percevoir l’argent public sans se préoccuper véritablement de s’acquitter de son devoir de citoyen. Le festival des larrons en foire est terminé. Malgré le vibrant et émouvant plaidoyer du ministre de l’Éducation nationale, le service des impôts tient à récupérer son dû. Il est dans son bon droit et manifestement aucun dilatoire ou chantage de l’AEPAM ne lui fait impression. Chantage oui, parce qu’il ne serait pas abusif d’apposer un scellé aux portes des établissements qui ne sont pas à jour du paiement de leurs impôts. Le service des impôts ne l’a pas fait. Et scandaleusement, ce sont les écoles dont la plupart ont été épinglées pour fraude fiscale qui font un débrayage à quelques encablures des examens de fin d’année. Ainsi, pour permettre aux enfants de valider leur année, l’État serait dans l’obligation de violer la loi, de faire une dérogation spéciale pour ces établissements hors-la-loi.
À l’évidence, les torts sont partagés dans cette affaire. Lorsqu’on verse entre 37 à 38 milliards FCFA à des établissements privés, il faut s’assurer qu’ils sont en règle vis-à-vis du fisc, mais aussi qu’ils respectent toutes les normes relatives au fonctionnement d’un établissement scolaire. De cela, personne ne s’en était véritablement préoccupé jusque-là. Ce qui représente un laxisme coupable.
Le confrère poursuit avec les propos du secrétaire général de l’AEPAM : ‘’ à l’en croire, le point de discorde, c’est la retenue à la source des impôts des écoles privées en l’absence de base légale’’. Monsieur le secrétaire général adjoint du bureau national de l’Association des écoles privées agréées du Mali (AEPAM), ce n’est surtout pas légal de tricher avec le fisc. La pomme de discorde se situe d’abord à ce niveau. Quand on profite de l’argent public, on se met en règle. Point, barre. Mais ce qui est ahurissant c’est qu’en plus de n’éprouver aucune gêne pour avoir été pris en flagrant délit de fraude fiscale, le secrétaire général adjoint de l’AEPAM donne la nette impression qu’il aimerait continuer à tricher. Parce que quand on a vraiment l’intention de payer, un prélèvement à la source, on ne devrait causer aucun désagrément particulier.
Pour ce qui est de la base légale, l’AEPAM, en toute conscience, devrait se garder d’y faire référence, parce qu’elle a été la première à violer la clause contractuelle qui la lie à l’État et aux parents d’élèves. Et puis, quelle différence il y a-t-il à récupérer ses sous en amont ou en aval ?
Le secrétaire général adjoint de l’AEPAM précise : « (…) À Bamako, on ne connaît pas de retenue à la source des fonds alloués aux établissements. Mais à Kati, il y a des écoles qui broient du noir à cause de ce phénomène ». Ces écoles-là ont donc été créées juste pour bénéficier des substantielles subventions de l’État ? Sans ces subventions, elles ferment boutique qui n’aurait jamais dû ouvrir si c’est pour arnaquer l’État. Ah le business ! Pendant que l’État les considère comme faisant une œuvre d’utilité publique, exerçant une activité à caractère social et leur octroie par conséquent des subsides, il se trouve qu’elles ne sont mues que par des considérations mercantilistes. Et cette grève est la preuve la plus éclatante de leur âpreté au gain.

La langue de bois
Intox
Dans le rapport d’enquête interne de la MINUSMA devant établir les faits concernant une manifestation violente qui a eu lieu, le 18 avril dernier, à l’aérodrome de Kidal, on peut lire : ‘’les premières constatations n’ont, à ce stade de la procédure, pas permis de déterminer l’origine des tirs meurtriers avec certitude’’.

Désintox
En réalité, à ce stade, l’enquête n’a permis de rien déterminer du tout. Ni les faits ni les circonstances encore moins des responsables présumés. Rien. C’est à croire que l’équipe d’enquête était en safari à Kidal pour consigner dans son rapport ce que tout le monde sait ; faire du papotage. Pis, le rapport d’enquête approfondie risque de ne rien déterminer, dans la mesure où il faut coûte que coûte éviter d’incommoder la CMA, dont la responsabilité dans l’organisation de la manifestation violente ne devrait pourtant, en aucun cas, être mise hors de cause. L’on ne saurait tout de même pas passer sous silence que c’est la femme du N° 2 du Haut conseil pour l’unité de l’Azawad (HGUA) qui est la meneuse des campeuses de l’aérodrome et qu’elle revendique, entre autres, la libération et la remise à la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA) de toutes les personnes détenues par la force Barkhane qu’elles soient coupables ou non ; l’arrêt immédiat des perquisitions de domicile par les forces françaises. Les individus suspects ont été arrêtés sans le concours de la CMA, a priori, il n’y a par conséquent aucune raison de les lui remettre. Mais ces terroristes-là ont leur logique que la logique elle-même ignore.
Il est par ailleurs évident qu’une enquête préliminaire qui n’apporte rien, absolument rien de concret, ne donne aucune chance à une enquête approfondie d’y parvenir. Du reste, les enquêtes approfondies ne sont, en général, que la confirmation des premiers éléments recueillis au niveau de la phase préliminaire. Dans cette affaire de Kidal, c’est l’impasse totale. Il n’y a rien au début et il n’y aura rien à la fin à se mettre sous la dent. C’est la triste réalité.
Parlant du recours à la violence, sous quelque forme que ce soit, envers les Casques bleus, ainsi que la destruction de leurs installations au niveau de l’aérodrome, le chef de la MINUSMA juge : « ce sont des actes délictueux… » Enfin le mot est lâché ! On dirait que la MINUSMA est cette fois-ci fâchée contre sa protégée. Elle devrait donc pouvoir aller au bout de sa logique. Parce qu’un acte délictueux est par essence puni. Donc, des sanctions devraient tomber contre les sinistres organisateurs de cette manifestation qui a fait deux morts et des blessés. Mais il ne faut pas se faire trop d’illusions. Il ne se passera rien. Cela pour la bonne et simple raison que l’équipe d’enquêteurs n’osera jamais mentionner les noms des responsables de la manifestation qui sont pourtant connus d’avance.
Le chef de la MINUSMA, Mahamet Saleh Annadif, après réception du rapport d’enquête, a déploré « (…) qui n’honorent personne et bénéficient avant tout aux ennemis de la paix, à moins que les instigateurs de ces manifestations soient eux-mêmes contre la paix »’. Bon Dieu ! Qu’il y a encore du chemin à faire pour faire voir à la MINUSMA ce qui crève les yeux. Ces manifestants-là qui ont tenu une conduite très peu civilisée n’ont que faire de l’honneur. Il ne faut pas perdre son temps à chercher une aiguille dans une botte de foin. L’honneur est un vain mot qui ne conditionne aucun de leurs actes. Quant aux ennemis de la paix, il n’est aucunement nécessaire d’aller les chercher du côté de Iyad Ag Ghaly. Il n’en fait que partie. Ceux qui ont signé l’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali issu du processus d’Alger ne sont pas non plus hors de tout soupçon en raison de leurs accointances très douteuses avec les djihadistes. En tout cas, qu’ils soient les principaux instigateurs de la manifestation qui a fait des morts et des blessés ou qu’ils aient été le bras séculier de Iyad Ag Ghaly qui a déclaré la guerre à toutes les Forces présentes sur notre sol, y compris les FAMAS, et décidé de se venger de la France qui a osé arrêter certains de ses éléments, ils versent directement dans le camp des ennemis de la paix.
M. Saleh a aussi sollicité : ‘’(…) nous aurons besoin de la pleine coopération de toutes les parties pour compléter l’investigation’’. C’est le comble ! Les gens qui sont convaincus (ou font semblant de l’être) que les Forces internationales ont tiré sur les manifestants ne coopéreront jamais pour que leur responsabilité soit mise à nue. C’est comme si l’on demandait à un moustique de fabriquer un anti-moustique. Il est évident qu’il ne le ferait jamais. Aussi, la demande de collaboration de la MINUSMA, adressée à toutes les parties (qui se résument à la Coordination des mouvements armés) est une raison supplémentaire de croire qu’il n’y aura jamais de manifestation de la vérité dans cette affaire montée de toute pièce. C’est le parfait scénario du voleur qui crie au voleur. Et la Mission onusienne doit manœuvrer, avec beaucoup de dextérité, pour ne pas être rattrapée par la foule de badauds lancée à ses trousses. Réussira-t-elle cet exercice délicat ? La suite des événements nous le dira. Mais pour le moment, elle est dans une position très inconfortable du fait des élucubrations d’alliés de djihadistes qui veulent lui faire avouer un crime qu’elle n’a probablement pas commis. Comme on le dit, quand on mange la soupe avec le diable, il vaut mieux avoir une cuiller à la longue queue. Sinon, en tombant dans la soupe on est mangé. Mais la Mission onusienne a, semble-t-il, ignoré cette précaution élémentaire.

La fixation
Intox
Haballa Ag Hamzata, porte-parole de la Plateforme, dans la foulée de la 8e session du Comité de suivi de l’Accord a soutenu : « tout le monde attend les autorités intérimaires avec impatience ».

Désintox
C’est à croire qu’il y a une espèce de fixation (qui se transforme en obsession) sur les autorités intérimaires de la part des mouvements armés. Pis est, ils cherchent à en faire un casus belli. La preuve : à peine la 8e session du Comité de suivi de l’Accord (CSA) fermait ses portes, mardi dernier, dans la capitale, que la Plateforme et la Coordination des mouvements armés saisissaient l’ambassadeur de la République algérienne, démocratique et populaire en tant que Chef de file de la Médiation internationale évoquant des difficultés de mise en œuvre de l’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali issu du processus d’Alger. Ils se plaignent particulièrement du retard pris pour la mise en place des autorités chargées de l’administration des communes, cercles et régions prévue pendant la période intérimaire et l’opérationnalisation des patrouilles mixtes. Aussi, rappellent-ils les articles 52, 53 et 54 qui font de l’ambassadeur algérien le garant et l’autorité morale à même d’exiger des uns et des autres le respect des obligations de chacune des Parties. Ce qui est étrange est que les points sur lesquels portent les griefs des mouvements armés sont ceux-là mêmes sur lesquels portait l’ordre du jour de la 8e session du Comité de suivi de l’Accord et qui ont fait l’objet d’âpres discussions. C’était en présence de l’ensemble des Parties. Si ensemble une solution n’a pas été trouvée, comment l’Algérie seule peut-elle en trouver ? À moins que cette lettre qui parle d’exiger le respect de ses obligations ne soit une manière à peine déguisée de mettre le Gouvernement sur le ban des accusés pour n’avoir pas mis en place les autorités intérimaires. Parce qu’en réalité, c’est tout ce qui intéresse les mouvements armés qui se constituent déjà en Gouvernement qui envisage l’exploitation des ressources minières des régions du Nord.
Pour ce qui est du retard pris dans la mise en place des autorités intérimaires, le Gouvernement s’en est expliqué. L’Opposition a saisi la Cour constitutionnelle sur la constitutionnalité de la loi sur lesdites autorités. Dans un État républicain, un temps soit peu sérieux, on attend l’arrêt de la Cour avant de procéder à quoi que ce soit. Si les têtes brûlées ne le savent pas, Me TOUREH, éminent avocat, le sait.
Dans cette guerre des priorités, il est important de rappeler que l’Accord dit en son Annexe : ‘’afin d’assurer la continuité de l’Etat, les institutions actuelles poursuivront leur mission jusqu’à la mise en place des organes prévus dans le présent Accord’’. La mise en place des autorités intérimaires n’est envisagée que le cas échéant : ‘’la mise en place, le cas échéant et au plus tard trois mois après la signature de l’Accord, des autorités chargées de l’administration des communes, cercles et régions du Nord durant la période intérimaire. Leur désignation, compétences et modalités de leur fonctionnement seront fixées de manière consensuelle par les parties’’.
Haballa Ag Hamzata a saisi l’occasion pour revendiquer : « c’est pourquoi nous insistons auprès de la Communauté internationale, auprès du gouvernement malien pour que ces autorités soient installées dans les meilleurs délais ». Hamzata, il n’est même pas nécessaire d’utiliser le terme ‘’insister’’ pour qu’on comprenne que c’est une question vitale pour les mouvements armés. Effectivement, l’idéal serait que ces autorités intérimaires soient installées dans les meilleurs délais ; d’autant plus que c’est au plus tard trois mois après la signature de l’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali que cela aurait dû être fait. Mais si l’on monte sur ses grands chevaux parce que l’Accord n’est pas appliqué en raison du dépassement du délai de trois mois, le même légalisme voudrait que l’on souffre d’attendre l’arrêt de la Cour constitutionnelle, dont il est utile de rappeler qu’elle est indépendante.




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