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lundi 1 mars 2021
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Jean-Marc Ayrault et Frank-Walter Steinmeier au Mali: le message de confiance de la France et de l’Allemagne

Les ministres français et allemand des Affaires étrangères, Jean-Marc Ayrault et Frank-Walter Steinmeier ont bouclé hier une visite de deux jours dans notre pays. En toile de fond de cette visite africaine, sous le signe de la diplomatie européenne : le message de soutien de leurs pays respectifs, et par delà l’Union européenne, au processus de paix dans le pays et aux efforts des missions des Nations unies (MINUSMA) et de l’Union européenne.

En se rendant au Mali et au Niger, aujourd’hui mardi 3 mai, les ministres français et allemand des affaires étrangères réalisent leur troisième déplacement commun. Auparavant, ces deux leaders sociaux-démocrates s’étaient déjà rendus en Ukraine, en février dernier, et en Libye, au mois d’avril.
«Nous sommes venus ensemble, symboliquement, pour montrer la détermination de la France et de l’Allemagne à soutenir le processus de pacification et de développement qui est en cours », a déclaré Jean-Marc Ayrault à son arrivée à l’aéroport de Bamako.
Cette visite intervient quelques semaines après celle du Président Allemand et du Premier ministre français, Manuel VALLS, dans notre capitale.
L’engagement de ces deux pays aux côtés du nôtre, pendant la récente crise, a contribué à améliorer significativement à asseoir la paix et la sécurité dans notre pays. Car ces deux pays ont de façon constante réaffirmé leur attachement à l’unité, à l’intégrité territoriale et à la stabilité du Mali.
Au programme de leur séjour malien, les ministres Jean-Marc Ayrault et Frank-Walter Steinmeier ont été reçu en audience, hier matin, le Président de la république, Ibrahim Boubacar Keita, avant de s’entretenir avec des officiels maliens ainsi qu’avec le chef de la MINUSMA, la mission des Nations unies pour la stabilisation du Mali. Les deux personnalités ont aussi visité, à Bamako, les salles où sont conservés les manuscrits de Tombouctou, évacués clandestinement du Nord vers la capitale lors de l’occupation djihadistes en 2012.
A leur sortie d’entretien avec le chef de l’Etat, Jean-Marc Ayrault et Frank Walter Steinmeier ont indiqué avoir apporté aux autorités du pays aux premiers rangs desquelles : le locataire de Koulouba, le soutien de leurs pays respectifs au processus de paix et de réconciliation ainsi qu’à sa mise en œuvre.
Les ministres ont exprimé le soutien total de l’Allemagne et de la France au Mali. Aussi, ont-ils réaffirmé la détermination de leurs gouvernements à apporter tout leur concours au gouvernement malien pour l’aider à rétablir la sécurité, à lutter contre le terrorisme et à offrir des services publics bénéficiant à tous les Maliens.
Les ministres ont également présenté les réponses que leurs deux pays apportent conjointement aux défis de la région, tant en matière de sécurité que de développement.
En plantant le décor de la conférence de presse entre ces deux homologues et la presse nationale et étrangère, le ministre des Affaires étrangère, Abdoulaye DIOP a indiqué que la France est un pays ami qui a des relations multiformes avec le Mali, et dont l’intervention déterminante en janvier 2013 a permis d’éviter le chaos et de permettre aujourd’hui à travailler à la stabilité du pays.
Quant à l’Allemagne, il l’a présenté comme le pays qui a été le premier à reconnaître le Mali indépendant, lequel a décidé de renforcer sa présence aux côtés de la France et d’autres amis européens dans le cadre de l’EUTM, EUCAP et de la MINUSMA pour continuer à travailler à la paix, la stabilité et à l’unité du Mali. Pour preuve, l’Allemagne est l’un des pays européens les plus présents militairement au Mali après la France, notamment avec un peu plus de 650 soldats engagés dans la Mission des Nations unies au Mali (MINUSMA) et 175 instructeurs à travers le Programme de la mission de formation de l’Union européenne au Mali (EUTM).
Pour le chef de la diplomatie malienne, les deux ministres arrivent aussi dans un contexte où, après la période difficile de 2012, un accord pour la paix et la réconciliation a été signé, accord pour lequel des progrès importants ont été accomplis dans le cadre de sa mise en œuvre et ou la seule et principale entrave par rapport à son application demeure les activités des groupes terroristes, les narcotrafiquants et toutes les bandes criminelles qui sont affiliées à ces groupes.
Le ministre Abdoulaye DIOP a salué cette visite conjointe qui symbolise l’engagement de la France et de l’Allemagne, qui présente aussi celui l’Europe tout entier pour la paix et la stabilité au Mali. Il a souhaité que cette visite permette dans les jours à venir d’asseoir davantage l’aspiration de l’ensemble du peuple malien en matière de sécurité et de développement.
Certes chacun des deux ministres a parlé au nom de son pays surtout, mais, hier dans notre pays et aujourd’hui au Niger, au nom de toute l’union européenne.
En regardant le chemin parcouru, depuis trois ans lorsque la France répondant à l’appel des autorités du pays, a décidé d’apporter son soutien pour arrêter la vague terroriste, le premier message du ministre Jean-Marc Ayraul a été celui de confiance en notre peuple, aux autorités du pays et à la démocratie malienne. Parce que, dit-il, c’est cette démocratie qu’on voulait relever la tête avec la tenue des élections. Le chef de la diplomatie française a noté également la signature de l’accord de paix qui a été signé entre le gouvernement et les mouvements armés et qui nécessite, a-t-il ajouté la mise en œuvre des réformes qui ont été votées.
Toutes ces questions, selon l’ancien Premier ministre français, ont été discutées hier avec le Président de la république, Ibrahim Boubacar KEITA.
Les ministres français et allemand des affaires étrangères ont également mesuré les efforts qui ont été accomplis par notre pays en matière de sécurité et de développement.
Voilà pourquoi la France se félicite, après avoir pris l’initiative, en accord avec les européens et les Nations Unies, que son engagement soit rejoint par d’autres pays comme l’Allemagne. Elle se réjouie du fait que 15 pays européens se sont engagés, soit plus de 1000 militaires et civils qui sont présents au Mali en plus de la force française Barkhane et que l’Europe soutient la formation des forces armées maliennes sans compter qu’elle est engagée en soutien aux projets de développement en faveur de notre pays.
L’essentiel, a-t-il ajouté, c’est de réussir le développement. Et pour ce faire, il faut assurer la sécurité. Et pour garantir la sécurité, il faut que les réformes qui ont été signées dans l’accord de paix, soient effectivement mis en œuvre » a rappelé le ministre français.
C’est dans ce sens qu’avec le Mali, la France et Allemagne entendent renforcer la coopération avec les pays du G5 Sahel dans le cadre de la lutte contre le terrorisme. « Nous soutenons les efforts du G5 politiquement, matériellement et militairement », ont rassuré les deux hôtes de marque.
Pour ces derniers, cette visite franco-allemande marque principalement l’engagement de ces deux pays dans la lutte contre le terrorisme.
À ce titre, les deux ministres européens se sont rendus à Gao afin de visiter les états-majors de la MINUSMA et de Barkhane, et de se recueillir devant le Monument aux soldats étrangers morts au Mali. Ils s’entretiendront, selon le programme établi, avec des soldats français, allemands et néerlandais, engagés sur place.
Après l’étape malienne, les ministres Jean-Marc Ayrault et Frank Walter Steinmeier s’envoleront ce soir même pour Niamey, où une rencontre est également prévue avec le Président Mahamadou Issoufou, récemment réélu. Là encore, il sera beaucoup question de lutte contre le terrorisme, dans un pays pris en tenaille entre d’un côté la menace de Daech en Libye, et de l’autre Boko Haram au Nigeria.

Par Mohamed D. DIAWARA




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