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jeudi 25 février 2021
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Journée africaine de lutte contre la drépanocytose: plaidoyer en faveur de la décentralisation de soins

Le Mali, à l’instar des autres pays africains, a célébré, hier 10 mai, la Journée africaine de lutte contre la drépanocytose, décrétée par la Fédération africaine de lutte contre la drépanocytose (FALDA). L’Association malienne de lutte contre la drépanocytose (AMLUD) en partenariat avec le CRLD (Centre de recherche et de lutte contre la drépanocytose) a organisé, à la Maison des aînés, une conférence de presse sur le thème : « La décentralisation de la prise en charge de la drépanocytose ».

La conférence était animée par le Dr Abdoul Karim DEMEBELE du CRLD et Fatoumata COULIBALY dite FC, secrétaire générale de l’AMLUD. C’était en présence du 1er vice- président et l’ambassadeur de l’AMLD, respectivement Fousseyni KONATE et l’ancien ministre Harouna CISSE ; ainsi que plusieurs malades drépanocytaires.
Selon le conférencier, la drépanocytose est une maladie héréditaire qui se caractérise par l’altération de l’hémoglobine, la protéine assurant le transport du dioxygène dans le sang. Elle est transmise à la fois par le père et la mère. Aussi, se manifeste-t-elle par l’apparition des crises douloureuses, puis des complications infectieuses et anémiques, à l’origine d’hospitalisations fréquentes et d’une mortalité infantile importante (50 % de décès avant l’âge de 5 ans) en l’absence de recours à des soins appropriés.
Par ailleurs, a fait savoir le Dr DEMBELE, parmi les enfants drépanocytaires reconnus, 52 % ont un retard scolaire et activités professionnelles dus à des complications.
Au Mali, indique le conférencier, la fréquence varie d’une région à une autre : Kayes : 15,6 % ; Koulikoro : 12,2 % ; Sikasso : 14 % ; Ségou : 13,8 % ; Mopti : 16,5 % ; Gao : 13,3 % ; Tombouctou : 11,9 % ; Kidal : 6,1 %.
Selon le spécialiste, pour éviter les crises, il est recommandé de suivre des mesures simples suivantes : boire fréquemment de l’eau ; bien aérer les pièces afin de bien s’oxygéner ; rester au chaud ; manger des aliments riches en fer ou qui facilitent l’assimilation du fer (viande rouge, pâté de foie…) ; ne pas s’enrhumer ou plus généralement éviter au maximum les infections respiratoires ; porter des vêtements qui ne coupent pas la circulation sanguine, c’est-à-dire, amples ; ne pas s’essouffler ; éviter d’aller à plus de 1 500 mètres d’altitude ; ne pas s’exposer à de fortes chaleurs (la déshydratation déclenche des crises par augmentation de la viscosité sanguine), etc.
Quant à Fatoumata COULIBALY, elle a rappelé que l’AMLUD a été créée en 1991 par les personnes affectées, les parents, les médecins et les sympathisants. Elle a pour but de faire sortir la drépanocytose de l’ombre ; que la maladie soit bien connue afin de garantir la prise en charge des malades.
Aussi, a-t-elle souligné, l’AMLUD a pour objectif principal : le plaidoyer, l’information, la sensibilisation, la communication à l’endroit de la population malienne pour aboutir à un changement de comportement par rapport à la drépanoytose, considérée par certains comme une maladie donnée uniquement par la femme.
Selon FC, l’AMLUD a une antenne dans les régions accessibles de notre pays (Kayes, Koulikoro, Sikasso, Ségou, Mopti, Gao). Toutefois, seule Kayes a bénéficié d’un point de prise en charge. Les drépanocytaires des autres localités sont obligés de se rendre à Bamako où le CRLD est fortement surchargé.
A son avis, le taux élevé de malades drépanocytaires dans les 6 pays, qui constituent le Réseau international de lutte contre la drépanocytose, à savoir : (Mali, Madagascar, Mauritanie, Burkina Faso, Niger, Niger), a motivé les associations de choisir le thème de cette année : « La décentralisation de la prise en charge de la drépanocytose ».
Pour la secrétaire générale, en dépit de son coût élevé, la décentralisation de la prise en charge permettra de sauver des milliers de vies. C’est pourquoi l’AMLUD sollicite auprès du gouvernement et ses partenaires, la création d’unité de prise en charge de la drépanocytose dans toutes les capitales régionales, ainsi que dans les 6 Communes du District de Bamako, afin d’alléger le CRLD ; la formation des médecins référant pour chaque centre de santé ; l’élaboration de kits ou protocole de prise en charge des malades drépanocytaires pour chaque unité.
Par ailleurs, a-t-elle fait savoir, dans son plaidoyer, l’AMLUD a sollicité auprès du ministre de l’Éducation nationale, l’introduction de la drépanocytose dans l’enseignement au Mali et à tous les niveaux.
Mais déjà, après des séances de travail avec le ministère sur l’élaboration de leçons modèles et messages sur la drépanocytose, le ministre s’est engagé à faire dispenser des cours sur la maladie le 10 mai et le 19 juin 2016, cela en guise de soutien et de compassion à la douleur des drépanocytaires.

Par Sékou CAMARA




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