Search
mercredi 18 octobre 2017
  • :
  • :

Journée mondiale de l’urbanisme: un Malien sur 2 habitera en ville en 2024

Le Mali, à l’instar de la communauté internationale, a célébré, le 8 novembre 2014, au CICB, la Journée mondiale de l’urbanisme, à travers l’organisation dune conférence-débat sur le thème: «L’égalité urbaine: comment créer des villes intégratrices».

Placée sous le patronage du chef de cabinet du ministre de l’Urbanisme et de l’habitat, Gaoussou COULIBALY, la cérémonie d’ouverture de la rencontre s’est déroulée en présence du président de l’Ordre des urbanistes du Mali, Diarra SISSOKO, ainsi que de certains membres du cabinet. On y notait aussi la présence de plusieurs responsables et autres acteurs du secteur de l’urbanisme et de l’habitat.

Selon le président de l’Ordre des urbanistes, notre pays, avec 3 274 727 de citadins sur une population de 14 528 662 habitants, soit un taux d’urbanisation de 22,5%, est l’un des pays les moins urbanisés de la sous-région. Le réseau des villes au Mali est caractérisé par l’existence de 724 villes dont 29 ont plus de 20 000 habitants.

Pour M. SISSOKO, au regard du rythme d’accroissement des villes, en général (5,1%) et de la capitale, Bamako, en particulier (5,4%, le plus élevé en Afrique et le 6è au niveau mondial), on estime qu’un Malien sur 2 habitera dans les villes, en 2024.

Par ailleurs, a-t-il soutenu, malgré une relative faiblesse de l’urbanisation, les villes jouent un rôle moteur dans le développement économique, à l’échelle nationale ainsi que régionale, dans la mesure où avec moins de 1/3 de la population nationale, elles produisent 50% des richesses nationales.

Le président de l’Ordre des urbanistes reconnaît que des efforts ont été fournis par nos  autorités pour l’intégration des quartiers d’habitats spontanés qui représentaient, en 1994, près de 45% de la population du District de Bamako (plans de réhabilitation avec zones de recasement, lotissements d’enclavement et sensibilisation des populations).

Malgré la mise en œuvre des politiques, programmes et projets de développement urbains et d’aménagement du territoire, la ville malienne est aujourd’hui en crise, a-t-il déclaré. Car, le développement urbain harmonieux et l’égalité urbaine deviennent inaccessibles. Il existe de nombreuse carences et inégalités en termes de services et d’infrastructures urbains entre Bamako et les villes secondaires; quartiers et groupe de quartiers; centres et périphéries; l’habitat et l’activité, emploie et logement, etc.

L’inégalité grandissante face au foncier, au logement, à l’emploi, aux services urbains et aux infrastructures devient inquiétante dans nos villes.

Pour M.SISSOKO, la spéculation foncière et les conflits y afférents, qui se multiplient,  empêchent tout développement harmonieux des villes. L’environnement urbain se dégrade de façon inquiétante.

Par ailleurs, soutient-il, les réhabilitations des quartiers d’habitats spontanés s’éternisent en l’absence de zones de recasement. Celles qui ont été prévues étant utilisées pour d’autres fins.

La politique des logements sociaux mise en œuvre par les autorités politiques est loin de combler les attentes pour diverses raisons.

La course effrénée à l’habitat empêche toute création de zones d’activités dignes de ce nom pour l’artisanat, les bureaux, l’industrie, le commerce dans des zones équipées. Celles-ci sont renvoyées dans des zones éloignées sous-équipées.

M.SISSOKO a déploré et dénoncé le fait que les urbanistes au Mali sont aviculteurs, architectes, ingénieurs, gestionnaires de patrimoine immobilier, enseignants, experts immobiliers et fonciers, etc.

A son avis, les vrais professionnels sont victimes de la concurrence déloyale des agents de l’administration et d’autres spécialistes du manque de marchés publics et de la méconnaissance de leurs métiers.

Or, est-il convaincu, sans l’implication forte d’urbanistes biens formés, qualifiés et expérimentés, tant en conception qu’en suivi de réalisation de projets sur la ville, aucune politique urbaine véritable n’est possible. C’est cela que l’Ordre veut faire  passer aux décideurs du développement urbains dans nos villes et nos collectivités.

Pour le chef de cabinet du ministère de l’Urbanisme et de l’habitat, la célébration de la  journée mondiale de l’urbanisme remonte précisément, au 8 novembre 1949. Elle vise à alerter les décideurs afin qu’ils réfléchissent sur la situation de nos villes, aussi comment sensibiliser nos populations et tous les ordres, sur le droit pour tous à un habitat décent dans un environnement sain et de rappeler notre responsabilité collective face à l’avenir de nos villes.

Selon M.COULIBALY, son département place cette journée sous le signe de la «Paix et des villes du Mali sans bidonvilles» afin d’offrir à nos citoyens un cadre agréable de vie, cela à travers la réalisation des logements sociaux.

Par Sékou CAMARA

 




Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *