Search
lundi 18 décembre 2017
  • :
  • :

Kidal: un pas en avant, deux pas en arriere ; mais on avance

Les rebelles de Kidal viennent de franchir un nouveau palier dans leur plan de sabordage du processus de paix et de réconciliation nationale à travers deux actes majeurs.

Il y a quelques jours, ils se livraient à une campagne intensive et ouverte d’incitation à la haine vis-à-vis des autres communautés nationales. En qualifiant le Mali et les Maliens « d’ennemis », le MNLA, le HCUA, le MAA qui sont parties prenantes aux négociations d’Alger, ne font pas que violer les accords qu’ils ont librement signés tout en compromettant les efforts de la Communauté internationale visant. Cela n’est qu’un non-événement pour des mouvements armés qui n’ont aucun sens de l’engagement, de la parole donnée.

Mais en usant de la redoutable arme idéologique, ils manipulent et entraînent inexorablement beaucoup faibles d’esprit dans leur délire indépendantiste. La campagne de haine contre le pays représente un mal pernicieux, mais tout autant dévastatrice que n’importe quelle arme de destruction massive.

Les rebelles de Kidal ne sont pas à leur coup d’essai en ce qui est de la séparation des populations. En juin 2013, ils avaient jeté sur les routes une grande partie de la population de Kidal au motif qu’ils sont des Sudistes qui devraient rentrer chez eux comme si un Malien n’était pas partout chez lui au Mali. Une intervention musclée de l’armée à Anéfis a mis un terme à cette xénophobie qui ne dit pas son nom.

Outre l’arme idéologique, selon les informations concordantes, les trois groupes rebelles de Kidal ont décidé de mettre en place une coordination militaire. Un choix qui s’inscrit aux antipodes du processus en cours visant le Désarmement,  Démobilisation, la Réinsertion et la Réintégration (DDRR). Il faut souligner que le Mali est le seul pays à ajouter un autre R à un processus qui est consacré DDR. Ce ‘’R’’ supplémentaire correspondant à la Réintégration qui prend en compte une des préoccupations des rebelles qui n’auraient appris que le métier des armes, n’est rien moins qu’un traitement de faveur (discriminatoire) pour les militaires déserteurs qui devraient passer devant la Cour martiale.

La réorganisation militaire des rebelles est-elle une réaction à celle des Forces armées maliennes (FAMA) ? Comparaison n’est pas raison dans la mesure où la force publique fait partie des attributs de l’État. Toute autre force armée est par conséquent constituée illégalement.

Il apparaît que la ‘’bonne foi’’ sur laquelle insiste la communauté internationale et sans laquelle aucune avancée n’est possible est la recette la moins bien partagée. Les rebelles s’en fichent comme de leur première culotte.

En fait la visée est claire : entraver la bonne marche des négociations dans le cadre du processus d’Alger. Le fractionnement des rencontres participe de cette politique de sabordage du processus de paix et de réconciliation nationale. La preuve en est que le chronogramme de l’étape 2 portant sur les questions de fond a été sacrifié dès le départ et à dessein pour les rebelles qui ont choisi la carte des prolongations.

Par Bertin DAKOUO

 




Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *