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vendredi 26 février 2021
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Le cheptel à Bandiagara: la préservation au cœur des préoccupations

Très célèbre en raison de ses falaises qui attirent beaucoup de touristes dans la localité, la ville de Bandiagara est située à 63 km à l’est du carrefour de Sévaré, elle est aussi une zone agropasteurs. Dans ce contexte, la cohabitation entre Peuls et Dogons ne va pas sans quelques conflits sporadiques, notamment à la saison des pluies avec la destruction des récoltes des paysans dogons par des troupeaux de moutons des Peuls. En marge de l’inauguration de la grande mosquée de la ville, vendredi dernier, nous avons rencontré Malick DIALLO, chef secteur vétérinaire de Bandiagara, et Amaïven GUINDO, chef du SLPIA (service local de la production et des industries animales). Ils nous parlent chacun des différentes activités que leurs services mènent au quotidien dans le cadre de la préservation du cheptel à Bandiagara.

À l’entame de notre entretien, chef secteur vétérinaire de Bandiagara, Malick DIALLO, a souligné que le cheptel se porte bien de nos jours dans la localité. Le service vétérinaire de Bandiagara, a-t-il précisé, a deux missions principales, à savoir : la santé animale et la santé publique vétérinaire. La santé animale consacre la prévention du cheptel contre un certain nombre de maladies, à travers la vaccination. Notamment, la péripneumocontagieuse bovine, la pasteurellose bovine, le charbon symptomatique au niveau des bovins, la pasteurellose ovine caprine, au niveau des petits ruminants, la peste au niveau des petits ruminants également. Le cheptel et la volaille sont aussi vaccinés contre la maladie de Newcastle.
Par rapport à la santé publique vétérinaire, le service fait une inspection des viandes au niveau de l’aire d’abattage de Bandiagara. Aussi, des missions de contrôle sont menées au niveau des boutiques, foires et marchés de la ville pour s’assurer de la bonne qualité des produits proposés aux clients.
À travers la vaccination, beaucoup de menaces ont été circonscrites, a soutenu M. DIALLO. C’est pourquoi ces maladies évoquées ci-dessus n’ont jamais été une préoccupation majeure dans la localité.
L’effectif du cheptel est estimé à 151 400 pour les bovins, et 123 000 pour les ovins et caprins.
Pour l’ensemble des 21 communes du cercle de Bandiagara, le service ne compte que 5 agents. Ces derniers couvrent 14 communes laissant 7 autres à des mandataires. En plus de l’effectif chétif du personnel, le secteur de l’élevage de Bandiagara doit aussi faire face à un problème de logistique insuffisant, avec seulement une moto pour l’ensemble du personnel.
À Bandiagara, le service vétérinaire a souligné que la localité n’a pas enregistré, jusque-là, un cas d’abatage d’ânes après les révélations faites à Ségou. Toutefois, on enregistre souvent quelques cas d’abatages clandestins les jours de foires. Les agents du secteur sont sur le qui-vive tous ces jours-là pour démasquer les contrevenants, a-t-il rassuré.
De son côté, le chef du SLPIA, Amaïven GUINDO, a souligné que l’élevage était dominé par les bovins, les ovins, les caprins, quelques équins et porcins également. Dans la localité, on assiste aussi à la naissance des élevages modernes de volaille à côté de celle traditionnelle, avec l’introduction des espèces améliorées. Dans le cercle de Bandiagara, l’activité est menée par des agropasteurs.
La principale difficulté des éleveurs est relative aux parcours pastoraux. Avec l’agriculture itinérante dans la localité, le passage des animaux se trouve très souvent obstrué par les cultures augmentant les conflits entre éleveurs et agriculteurs. L’un des différends entre éleveurs et agriculteurs, et pas des moindres, reste l’alimentation du bétail. En cette période de soudure, a-t-il fait savoir, les éleveurs sont obligés de payer des compléments alimentaires. Surtout quand on sait que le prix de l’aliment bétail est en hausse dans la localité avec 6 500 voire 7 000 F CFA/le sac. Aussi, selon lui, les paysans ne respectent pas, assez souvent, les servitudes qui demandent un minimum de 50 m pour le passage des animaux.
Ailleurs comme à Badiangara, l’élevage reste confronté au vol du bétail. Selon les responsables de service en place, l’essentiel du vol est relatif aux bœufs de labour.
À Bandiagara, la moyenne à l’abatage est d’une à deux têtes pour les bovins par jour et de 6 à 7 têtes par jour pour les caprins ou ovins. Le prix au kilo de la viande os est de 2300 F CFA, et de 2000 FCFA, la viande sans os. Le prix moyen d’un bovin est de 200 000 F CFA à Bandiagara, et les ovins et caprins sont vendus en moyenne entre 20 000 et 25 000 F CFA/tête.
Abordant la sempiternelle question de conflit entre éleveurs et agriculteurs, M. GUINDO a souligné que tous les conflits intervenaient généralement en début d’hivernage quand les animaux sortent des bourgoutières pour remonter vers les pâturages d’hivernage alors que les semi débutent. Quant au second moment de conflits récurrents, il se situe au moment des récoltes, selon lui. En ce moment, souligne-t-il, les pâturages de brousse sont asséchés et les animaux courent vers les champs où il y a un peu de verdure, a-t-il expliqué.
Pour prévenir ces genres de conflits, le SLPIA procède à des campagnes de sensibilisation au niveau des deux communautés en prélude de chaque période de conflit.
À l’image du secteur vétérinaire, le SLPIA souffre de l’insuffisance du personnel, avec 3 agents pour faire fonctionner treize unités d’appui alors que le cadre organique en demande 13.

Par Abdoulaye OUATTARA




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