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mercredi 13 décembre 2017
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Le Mali à la croisée des chemins

Un Oui, sans équivoque, exprimé par plus de 75 % des élus de la Nation, à travers lesquels s’exprime la souveraineté nationale et un NON retentissant véhiculé par une marée humaine sur l’asphalte, tel est le choc des images projetées par notre Maliba sur le projet de révision constitutionnel. La fracture politique et sociale autour de l’initiative présidentielle va en s’approfondissant entre la majorité présidentielle arc-boutée sur la pertinence et la légitimité de la révision de la Constitution et l’Opposition qui pointe du doigt ce qu’elle appelle les desseins pouvoiristes résultant du texte sur lequel les Maliens sont appelés à se prononcer le dimanche 9 juillet prochain.
Entre les deux blocs, aucun consensus. La République se retrouve donc à la croisée des chemins comme en mai 2013 à propos de l’affaire des 40 jours constitutionnels.
À trois semaines du référendum, au-delà de l’instrumentalisation des foules, l’équation reste entière. L’électeur du 9 juillet se cherche entre arguties et alibi avec en toile de fond des desseins politiques qui restent à décrypter forcément. C’est lui l’arbitre, appelé à trancher entre l’euphorie d’une opposition qui croit avoir gagné le match par la démonstration de force de ce samedi et une majorité, sûre de la pertinence de son projet et sa parfaite synchronisation avec le peuple.
La dévotion du peuple étant une superstition, mortelle en politique, la première devrait soumettre à autopsie sa capacité de mobilisation à l’aune de la marche de samedi qui n’a réussi que grâce à la société civile (Plateforme An te son, Trop c’est Trop, les Fans de Ras bath…) Et intégrer aussi la dimension relative de la détermination de certains de ses adhérents à aller jusqu’au-bout du NON. Quant à la seconde, elle ne peut rester sourde et incessible aux chants de sirènes du NON qui commencent à bercer les oreilles de certaines de ses composantes (APR-MALIKO, PACP, YELEMA, CNID-FYT…).
Face à la presse, le 31 janvier 1964, le Général De Gaule disait : « une Constitution, c’est un esprit ; des institutions, une pratique ». Il est bon que chacun en tienne compte dans le contexte particulier de notre pays. Parce que, cela n’avance rien notre Maliba, instrumentalisation de la vieille recette, pardon de la sage maxime : « agiter le peuple avant de s’en servir ». La République vaut bien un élan de sincérité, de loyauté et de pragmatisme !
Peut-on faire l’économie d’une révision constitutionnelle ? La Constitution de 1992 doit-elle servir d’alibi pour la mise en œuvre d’agendas inavouables, de règlements de comptes subjectifs et de desseins obscurs nés de prétention et/ou déceptions de situationnistes ? Le projet de référendum est un exutoire pour nombre de mécontents, un alibi et prétexte pour certaines forces négatives d’en finir avec IBK qu’ils estiment en travers de leur destin. Or, le courage politique, c’est aussi la lucidité dans l’adversité…

Par Sidi DAO




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