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samedi 21 octobre 2017
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Le Végal sur l’aéronef : la sécurité du PR aux encans

Le Vérificateur général a fait la lumière; mais toute la lumière sur l’acquisition de l’aéronef de commandement. Dans le Rapport d’audit des ministères de la Défense et des anciens combattants et de l’Economie et des finances portant vérification de conformité et de performance dans l’acquisition d’un aéronef et fourniture aux Forces armée maliennes de matériels d’habillement, de couchage, de campement et d’alimentation (HCCA), ainsi  que de véhicules et pièces de rechanges, il n’a, en effet, pas fait dans la dentelle au point de verser dans des incongruités suspectes.

Pourtant, d’un point de vue, il est tout bénef ce rapport pour satisfaction de la curiosité des nombreux Maliens qui attendaient de savoir enfin combien a coûté le désormais très célèbre Boeing présidentiel. Ainsi, en est-il ressorti que  le Gouvernement du Mali a effectué, en 2014, des acquisitions d’un montant total de 87,77 milliards de FCFA dont 18, 9 milliards de FCFA pour l’acquisition d’un aéronef destiné au Président de la République et 9,18 milliards de FCFA pour des équipements et matériels destinés aux forces armées.

Le Vérificateur est même allé plus loin en donnant les précisions quant aux frais d’approche. Il a ainsi indiqué dans son rapport que le montant de 18 915 933 276 FCFA représentant le coût d’acquisition de l’aéronef se décompose comme suit: 17 555 495 175 FCFA (36 750 100 $US), payé à AIC et relatif au prix d’achat de l’aéronef incluant 100$US de frais bancaires; 2 850 500 FCFA (6 000 $US), payé à AIC, relatif à la rémunération de l’agent fiduciaire; 1 028 039 063 FCFA (2 137 500 $US), payé à Sky Colour au titre des frais de recherche; 329 548 538 FCFA (655 492 $US), payé à Sky Colour, relatif au frais d’inspection de l’appareil, au frais d’immatriculation, aux honoraires d’avocat, à l’armement de l’avion, à la maintenance et à la peinture de l’appareil, à l’achat de fuel pour convoyage de l’appareil à Bamako, etc.

Voilà des détails essentiels qui sont tout à l’honneur du Végal et dont la livraison devrait mettre un terme aux plus folles supputations au sein de l’opinion qui ne s’expliquaient pas que trois chiffres différents puissent être avancés pour l’acquisition d’un seul et même appareil de commandement.

Il faut rappeler que l’avion du Président de la République est un avion de commandement tout comme le véhicule qu’il utilise pour la revue des troupes s’appelle le command-car. Cette appellation n’est pas propre au Président Ibrahim Boubacar KEITA.

Ce qu’il faut rappeler, par ailleurs, c’est que l’excès de transparence tue la transparence. Le Vérificateur général n’a pas résisté à la tentation de franchir tous les paliers de la transparence. De ce fait, a-t-il cédé à un excès de zèle en livrant, sans coup férir toutes les caractéristiques du Boeing présidentiel.

En en juger certains détails, cette fois-ci hautement sensibles, l’on fonde à s’interroger sur les motivations réelles du Vérificateur au-delà de sa mission de contribuer à lutter contre la mauvaise gestion, la délinquance économique et financière et accroître la performance des structures publiques auditées. L’on peut retenir, à cet effet, les affirmations suivantes: «Le MDAC a immatriculé l’aéronef comme propriété de «Mali BBJ Ltd» ; «…l’aéronef fut immatriculé, le 25 mars 2014, pour le compte de «Mali BBJ Ltd» pour une période de deux ans, à travers le certificat n°BVI-14/006, et le certificat de navigabilité n°BVL-14/006 a été délivré pour l’exploitation, sur une période d’un an (voir copies annexe 11)». «En outre, pour son exploitation, les autorités d’Aruba ont attribué une licence radio avec des fréquences à une société dénommée «JETMAGIC LTD», situé à St Julian Malte sous le numéro RCS C 59093 et une police d’assurance a été souscrite par cette dernière avec AXA Corporate Solution dont la couverture exclue le Mali sauf en cas de souscription complémentaire». Il y a là, quasiment toutes les informations  dont pourrait se servir un professionnel pour localiser l’avion présidentiel. En considérant que le Mali est en guerre, malgré les négociations d’Alger, en prenant très au sérieux la menace que représente les fous furieux de l’EI, de Boko haram ou même du MUJAO qui éprouvent un plaisir sadique à assassiner, l’on comprend aisément la démesure d’une telle volonté de transparence de la part du Végal. Et là, il a jeté le Président de la République au premier aventurier en violant de façon flagrante, un secret défense. Et la divulgation de secret défense est passible de peine, que l’auteur soit civil ou militaire (Cf ; Code de la justice militaire).

 

Par Bertin DAKOUO.




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