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lundi 1 mars 2021
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L’Imam Diaby: persona non grata

En visite dans notre pays depuis deux semaines déjà le très controversé imam Nanfo Ismaël DIABY, qui s’est rendu célèbre à travers les prières musulmanes qu’il officie en Maninka au détriment de l’arabe, vient d’être déclaré persona non grata par les plus hautes autorités musulmanes et celles de la Transition. Le ton a été donné jeudi par le Haut conseil islamique du Mali à travers le Bureau des Oulémas qui a rendu publique sa fatwa sur la question puis une saisine du Premier ministre par le ministre des Affaires religieuses.

Venu au Mali sans avoir été invité, Nanfo Ismaël DIABY, dans certaines de ses récentes apparitions, sur la toile, a soutenu être au Mali sur invitation du Président du Haut conseil Islamique du Mali, Aseïd Cheickh Ousmane Madani Chérif HAIDARA. Des photos de lui et du Chérif Ousmane Madani HAIDARA, ont insidieusement circulé sur les réseaux sociaux. Et les images de la prière en Malinké qu’il a dirigée dans la Mosquée de Chérif Ousmane Madani HAIDARA, au Banconi, sans aucune autorisation de ce dernier ont été largement, violemment et injurieusement été commentées par les milieux wahabites hostiles au président du Haut conseil islamique. Aussi, saisi de la question, le Président Chérif Ousmane Madani HAIDARA a renvoyé la question au Bureau des Oulémas, la plus haute autorité islamique du pays pour trancher.
Dans la déclaration rendue publique jeudi, le porte-parole explique à ce sujet : « en termes d’éclaircissements, comme nous l’avons vu à travers les médias, que cet homme (Nanfo Ismaël DIABY), serait venu au Mali sur invitation de notre président Ousmane Cheick Madani Chérif HAIDARA, ce dernier a formellement démenti ces allégations, même s’il reconnaît toutefois l’avoir reçu chez lui. Cependant, il dit n’avoir aucune relation particulière avec l’homme et en ce qui concerne la prière qu’il a dirigée dans sa mosquée, il n’en était pas au courant », a conclu le porte-parole.
S’adressant aux fidèles musulmans du Mali, le porte-parole du Haut conseil islamique explique : «un frère en provenance de la Guinée, du nom de Nanfo Ismaël DIABY, est présent dans nos murs avec son slogan tendancieux qui sous-tend que la prière peut se faire dans toutes les langues.
Notre bureau des oulémas a tranché que c’est une absurdité. La prière islamique ne saurait se faire en d’autres langues que l’arabe. Notre prophète nous a dit de prier comme nous l’avons vu prier. Sur ce, le Haut conseil invite le ministère chargé des Affaires religieuses et le gouvernement du Mali à expulser sans délai le promoteur de cette idéologie ».
Dans cette déclaration, le bureau des Oulemas du Haut Conseil islamique du Mali dit avoir statué sur la question. Après cette réunion, le Haut Conseil islamique du Mali a pris un certain nombre de décisions. Il a dénoncé cette pratique de l’imam Nanfo Ismael DIABY qui consiste à officier des prières dans sa langue maternelle (malinké). Le Haut conseil a indiqué qu’il est formellement interdit en islam de prier autrement que l’a fait le prophète Mohamed. Donc impossible d’officier la prière dans une langue autre que celle dans laquelle le coran a été révélé au messager de l’islam.
Même si le Haut conseil encourage la promotion des langues nationales, il rappelle cependant que cela ne saurait se faire à travers des pratiques qui violent les principes de l’islam. Le Haut Conseil islamique demande au gouvernement d’expulser l’imam DIABY du Mali. Celui-ci qui a d’ailleurs été interdit de diriger la prière dans son pays, la Guinée.
Ce même jeudi, le ministre des Affaires religieuses et du culte, Dr Mahamadou KONÉ saisit, en urgence, par lettre N°00030/MARC-CAB du 11 février 2021, le Premier ministre, chef du gouvernement dans le but d’user « des pouvoirs qui (lui) sont propres pour mettre ce prédicateur indélicat, dont la pratique est porteuse de divisions profondes, hors des frontières de notre pays ». A l’appui de cette déclaration de persona non grata, le ministre KONE explique : « depuis quelques jours, un certain Nafo Soumaïkla DIABY, d’origine guinéenne est au Mali pour prôner l’utilisation de la langue N’KÔ en remplacement de l’arabe dans l’accomplissement d’un des cinq (05) piliers de l’islam, la prière.
Unanimement condamnée par le haut conseil islamique et son bureau des Oulémas, une telle pratique est attentatoire de la quiétude du monde musulman déjà, en quête d’union. C’est d’ailleurs à la demande avec insistance et persistance de ces structures que nous adoptons la présente démarche en vue de la mise, hors d’état de nuire, de ce prédicateur auteur de désordres graves susceptibles d’opposer les musulmans ». Ce qui, nous a-t-on dit, a été fait le vendredi dernier 12 février. L’indélicat Imam a quitté le Mali.

PAR ABDOULAYE OUATTARA




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