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dimanche 7 mars 2021
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Lutte anti-terroriste: le Mali inspire confiance

Longtemps considéré comme le « ventre mou » de la lutte contre le terrorisme au Sahel, le Mali, depuis deux ans, inspire désormais confiance. Trois ans après l’effondrement de notre outil de défense, l’armée malienne, en pleine reconstruction, est maintenant magnifiée jusqu’à l’extérieur grâce à ses résultats probants dans la lutte anti-terroriste.

Les défis auxquels doit faire face le Mali demeurent certes nombreux. Mais nombreux aussi ceux qui pensent que l’une des priorités qui doit être le leitmotiv du régime IBK, en cette période de péril djihadiste et de la montée en puissance de l’extrémisme religieux, est sécurité nationale. Un enjeu de taille qui comporte deux volets essentiels : la mise en œuvre de l’Accord pour la Paix et la Réconciliation, mais aussi et surtout la lutte contre le terrorisme. L’un des raccourcis pour y arriver reste la sécurisation de nos frontières, le renforcement des capacités de nos forces armées et de sécurité en développant leur capacité de mobilité et d’intervention rapide. Sur ce plan, les avis semblent partagés aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays. Ce d’autant plus que les FAMA sont en passe de réussir cette mission avec courage, abnégation et dans un esprit de sacrifice. Toutes choses qui font d’elles des exemples en matière de lutte contre le terrorisme et d’être enviées à travers la sous région.
Un constat que chacun peut, en effet, faire à propos de la montée en puissance des forces armées et de sécurité en observant son évolution fulgurante au fil des mois. Plus de fuite déguisée en repli stratégique ; plus de refus de combattre ; et surtout, plus de peur de l’ennemi. Maintenant, les soldats maliens restructurés et disciplinés sont « résolus de mourir » pour le pays.
Malgré les attaques asymétriques, les embuscades des forces obscurantistes, il est indéniable que les FAMAs, en pleine restructuration, tiennent bon et maintiennent leur supériorité face aux groupes armés terroristes. Dans les zones où elles sont déployées, elles restent maîtres des lieux, veillent pour éviter les incursions et vont jusqu’à déloger l’ennemi du fond de son retranchement. Des qualités qui ne riment pas avec l’état dans lequel se trouvait cette armée d’aujourd’hui avec celle en présence en 2012.
« L’armée malienne d’aujourd’hui n’a rien à voir avec celle d’il y a trois ans », vient de reconnaître publiquement le ministre français des Affaires étrangères lors de son passage dans notre pays en compagnie de son homologue allemand, Frank-Walter Steinmeier.
Jean-Marc Ayrault dit avoir la conviction que cette armée qui a vocation à être une armée nationale, au service des Maliens, va y arriver, mais qu’il faut poursuivre l’effort pour faire en sorte que l’Accord d’Alger puisse être réalisé concrètement.
Ce jugement flatteur de nos amis français montre si besoin en était que le Président IBK, le chef suprême des armées, est sur la bonne voie qui lui permettra de remplir sa mission : rendre à l’armée malienne son lustre d’antan. En effet, malgré de nombreuses autres lacunes à combler, il convient de reconnaître que les FAMAs ont opéré depuis deux ans une heureuse métamorphose qui les hisse désormais à la hauteur des combats qu’elles sont contraintes de mener.
Par ailleurs, en s’apercevant que les FAMAs sont en mesure d’assurer la sécurité du sud du pays, la France et les pays voisins ont été agréablement surpris en découvrant les merveilles de la DGSE malienne en matière de traque et de neutralisation des combattants ou les éléments liés aux filières djihadistes.
Pas plus tard que le jeudi 5 mai dernier, un homme présenté comme «un logisticien du jihad dans le sud du pays» a été arrêté dans la capitale par les forces spéciales. Répondant au nom de Yacouba Touré, Malien d’une quarantaine d’années, il fournissait, selon des sources sécuritaires, de « l’armement et le matériel en tout genre » au groupe terroriste Ansar Dine, qui a récemment revendiqué l’attentat contre un véhicule blindé de la force Barkhane, le 12 avril, dans lequel trois soldats français ont été tués.
Avant l’arrestation de ce dernier, les forces spéciales des services de renseignement ont mis le grappin sur le Mauritanien Fawaz Ould Almeida, présenté comme le cerveau de la fusillade du restaurant ‘’La Terrasse’’, des attaques de Sévaré, de l’hôtel Radisson Blu et plus récemment celle contre le quartier général des forces européennes EUTM à Bamako. Une capture elle-même précédée, dans la nuit du samedi 16 avril dernier, par celle de Aliou Doumbia, suivie de Mydi Ould Sodack et de Ibrahim Ould Mohamed, considérés comme étant respectivement le chauffeur et les auteurs « du commando de l’attaque de Grand-Bassam en Côte d’Ivoire.
Selon des sources sécuritaires, ce sont les informations obtenues au cours des auditions de suspects arrêtés ces derniers mois par Bamako qui ont permis aux services de renseignement de remonter jusqu’à Yacouba Touré.
Autres prouesses de la DGSE malienne : l’arrestation, le 7 avril 2016, de sept autres présumés terroristes dans le cercle de Nara, non loin de la frontière mauritanienne après avoir arrêté trois jours auparavant un autre terroriste nigérian, soit le lundi 4 avril dans la localité de Diabaly, région de Ségou. Selon des sources militaires, les huit hommes seraient des combattants du Front de libération du Macina, dirigé par Hamadoun Kouffa.
Quelques jours avant, les forces maliennes avaient mis la main, le 29 mars au sud du pays, sur Souleymane Kéita, l’émir de la katiba Halid Ibn Walid, une branche d’Ansar Eddine, suspecté d’avoir organisé les attaques de Misséni et de Fakola dans la région de Sikasso. Il s’apprêtait alors à rejoindre son émir, Iyad Ag Ghaly, numéro 1 d’Ansar Eddine, l’un des hommes les plus recherchés du Sahel.
Toutes ces arrestations des terroristes ou présumés terroristes traduisent la détermination des forces de sécurité maliennes à lutter contre le terrorisme.

Par Mohamed D. DIAWARA




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