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mercredi 18 octobre 2017
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Lutte contre le terrorisme : L’armée malienne enfin au charbon

Après avoir été confinée dans un rôle de spectateur de la tragédie qui se vit à Kidal, l’armée malienne a retrouvé sa liberté d’action dans le cadre de la lutte contre le terrorisme.

La multiplication des actes terroristes contre les Casques bleus de la Mission des Nations Unies au Mali (MINUSMA) repose avec acuité la nécessité de trouver une solution pour la stabilisation du nord du Mali, estiment les spécialistes.

En 16 mois, les Casques bleus de l’ONU ont enregistré 30 morts et 65 blessés dans l’explosion de mines, des attentats ou des tirs de roquettes ou d’obus, attribués à des groupes islamistes armés qui ont apparemment repris du poil de la bête, après avoir été chassés du nord Mali par la force française Serval.

Cette situation s’explique par la diminution progressive du dispositif des forces françaises, mais aussi du retrait, pour l’essentiel, des forces maliennes de sécurité du nord, sans oublier la situation dans le sud de la Lybie qui est probablement un facteur qui joue un rôle.

Ainsi, la MINUSMA, comme les événements dramatiques l’ont démontré, ces derniers mois, n’est plus dans un contexte de maintien de la paix au Mali, puisqu’elle ne fait plus face à une menace asymétrique de la part des groupes extrémistes, djihadistes, voire des trafiquants de tout genre, mais plutôt à des attaques terroristes.

Aujourd’hui, affirment les spécialistes, l’objectif des terroristes est de semer la peur et le désordre dans les rangs de la force onusienne.

C’est pourquoi le gouvernement malien et la communauté internationale s’accordent sur un changement de stratégie de contrer la réorganisation des islamistes qui profitent du chaos régnant actuellement en Libye.

On se rappelle du reste le dernier coup de gueule du Premier ministre, Moussa MARA, au lendemain de l’attentat ayant coûté la vie à un sénégalais. Le chef du gouvernement, à juste titre, exhortait alors la communauté internationale à plus de fermeté à l’endroit des groupes armés qui écument la région nord du pays. Cette sortie de MARA a-t-elle été le coup d’accélérateur de la nouvelle donne au nord avec le retour en trompe de l’armée malienne aux côtés des forces françaises et onusiennes dans la lutte contre le terrorisme ?

En tout cas, face à la menace djihadiste, qui coupe le sommeil à la communauté internationale, il ne pouvait en être autrement, car, il était devenu utopique d’espérer que ces mouvements armés, comme le MNLA, se démarquent réellement des groupes terroristes et autres narcotrafiquants comme le souhaitent Paris et les Nations unies. Et pour cause : ce mouvement séparatiste n’existe militairement que par la volonté de ces terroristes et narcotrafiquants qui lui fournissent les hommes, les armes et les moyens financiers et logistiques.

Une analyse partagée par un conseiller militaire d’une chancellerie africaine à Bamako, pour qui Kidal est devenu un sanctuaire des terroristes parce que la France en a fait un no-man’s land interdit à l’armée et aux forces de sécurité maliennes.

Mais, comme on le dit, il n’est jamais tard pour rectifier le tir.

En associant nos éléments de forces de sécurité dans sa nouvelle lutte contre le terrorisme, la communauté internationale, plus particulièrement la France, a finalement compris qu’il n’a d’autre partenaire stratégique, dans son nouveau combat, que les soldats maliens qui n’ont d’autre agenda que l’accomplissement de leur mission régalienne : la défense et la sécurisation de nos frontières ainsi que de nos concitoyens.

Ainsi, sur le terrain la situation semble évoluer positivement. Car, marquée par la mise en œuvre de patrouilles mixtes, comprenant les soldats de la Minusma, ceux de l’opération Barkhane et les soldats de l’Armée malienne. Une décision qui est sans doute commandée par les attaques répétées des djihadistes contre les troupes de la Minusma et qui ont semé la mort au sein des contingents tchadien, nigérien, burkinabè et sénégalais. On se rappelle du reste la dernière sortie du premier ministre malien, Moussa Mara, au lendemain de l’attentat ayant coûté la vie à un sénégalais. Moussa Mara exhortait alors la communauté internationale à plus de fermeté à l’endroit des groupes armés qui écument la région nord de son pays.

Aujourd’hui, avec la mise en route de cette nouvelle disposition, il faut saluer le retour de nos soldats dans le Nord du pays. Il était plus que temps qu’ils retrouvent leur liberté d’action et repartent enfin au charbon comme des contingents tchadien, nigérien, burkinabè et sénégalais qui ont fait les frais de la barbarie des djihadistes.

La lutte contre le terrorisme djihadiste commande en effet que toutes les troupes « mouillent le maillot » pour ne pas laisser croire que ce sont les forces des pays amis qui sont venus à notre secours meurent à la place des soldats maliens censés être les premiers défenseurs du territoire national. Et c’est à juste titre que les contingents venus des pays voisins, notamment du Tchad, ne puissent pas admettre l’absence de leurs frères d’armes maliens, sur le terrain des opérations.

Outre cette fierté retrouvée de mourir pour son pays, l’on constate déjà que l’efficacité de cette collaboration tripartite ne semble faire aucun doute. Car ayant permis l’arrestation de trois personnes suspectes. Des présumés responsables que la Minusma soupçonne d’ailleurs à l’origine des dernières attaques contre son camp. Mieux, les premières informations collectées indiquent que ces trois individus se trouvent être des « collaborateurs » de cette même force internationale. Comme quoi on ne peut être serviteur de deux maîtres sans en trahir un.

En attendant donc que la Minusma fasse ses investigations et tire toutes les leçons de cette « collaboration », on ne peut que déplorer la mise en œuvre tardive de cette disposition qui, on le sait, était prévue dans les accords de Ouagadougou. On aurait pu faire l’économie de tant de vies et d’énergies gâchées.

La mise en œuvre de cette disposition met en relief l’esprit de solidarité réelle, qui est un principe cardinal, des troupes sur le terrain des opérations. Elle est surtout l’expression de cette solidarité agissante qui a suscité la mobilisation de tous les autres pays africains au chevet du Mali. On se demande alors pourquoi avoir attendu tant de temps pour sa mise en œuvre.

Cette application tardive est-elle liée à quelques intérêts politique ou géostratégique ?

Par Mohamed D.

DIAWARA




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