Search
samedi 19 juin 2021
  • :
  • :

Lutte contre l’esclavage: un manuel en cours d’élaboration

Le Réseau G5 Sahel de lutte contre l’esclavage et le BIT, à travers le Projet de lutte contre l’esclavage et la discrimination fondée sur l’esclavage au Mali, a organisé, hier, dans un hôtel de la place, un Forum régional de lutte contre l’esclavage au Mali, dont l’appel fort a été de prendre des textes criminalisant toutes les formes de pratiques d’esclavage au Mali.

Ce Forum se veut un espace d’alerte et d’interpellation des décideurs politiques, des détenteurs des pouvoirs traditionnels et religieux, des leaders des organisations de la société civile et des médias à agir vigoureusement contre les pratiques de l’esclavage qui sont un crime contre l’humanité.
La cérémonie d’ouverture, présidée par le Directeur national des Affaires judiciaires et du Sceau, Mohamed Maouloud NAJIM, a enregistré la présence de nombreuses personnalités : le président de l’Association TEMEDT ; le Chef de Mission de Avocat sans frontière du Canada au Mali ; l’Expert indépendant de l’ONU sur les questions des droits humains au Mali…
Y ont pris part les délégations du Niger, de la Mauritanie, du Mali, du Tchad, du Burkina Faso, du Sénégal.
Le Président de l’Association pour la consolidation de la paix, le développement, la protection et la promotion des droits humains, Haleye Ousmane CISSE, a fait savoir que la mobilisation autour du Forum l’honore et l’encourage à poursuivre sa mission: veiller à l’égalité sociale, économique, politique et culturelle des femmes et des hommes partout où elle est mise à mal ; défendre les droits humains fondamentaux de la personne humaine et des peuples partout où ils sont violés ou méconnus sans aucune distinction ; dénoncer toutes les formes et séquelles de l’esclavage dont sont victimes certaines populations et travailler à leur réhabilitation ; promouvoir les droits individuels et collectifs en sensibilisant les populations sur leurs droits élémentaires autour de leurs quêtes spontanées ou en organisant des conférences, des séminaires, des colloques, des causeries, etc.
À sa suite, Ibrahima CISSE, Coordinateur national du Projet de lutte contre l’esclavage et la discrimination fondée sur l’esclavage au Mali, a informé de l’objectif dudit projet qui est d’appuyer les efforts nationaux dans le combat de la lutte contre l’esclavage au Mali.
Spécifiquement, a-t-il dit, il s’agit d’améliorer la connaissance et la prise de conscience des acteurs sur l’esclavage, les besoins et les priorités des victimes ; d’améliorer l’accès accru des victimes de l’esclavage aux services d’assistance, sociale et économique ; de renforcer les lois, les politiques et les mécanismes pour combattre l’esclavage et la discrimination fondée sur l’esclavage au Mali.
Selon le Chef de la Mission de Avocat sans frontière du Canada au Mali, Aristide NENONSI, leurs réponses sont axées autour des plaidoyers en direction des acteurs, des gouvernants ; la documentation des cas ; l’accompagnement, l’assistance, la sécurisation des victimes ; la judiciarisation des cas emblématiques de pratiques d’esclavage.
Le Secrétaire exécutif du Réseau G5 Sahel, Ali BOUZOU, juge inadmissibles les pratiques d’esclavage dans un pays qui a ratifié quasiment toutes les conventions internationales. Pour lui, il faut absolument briser le tabou, en jouant sur les consciences. Aussi interpelle-t-il les gouvernants : si tant est que la Constitution consacre l’égalité des citoyens, pourquoi certains devraient-ils se considérer supérieurs à d’autres ?
Mahamed Maouloud NAJIM, ne fignole pas : l’esclavage est une pratique abjecte sur la personne. « C’est un manque d’humanité et on doit condamner tout ce qui est anti-humain », s’est-il indigné.
Par rapport à la question des textes, il a apporté des apaisements. En effet, a-t-il révélé, à la faveur de l’élaboration de la Loi d’orientation et de programmation pour le secteur de la justice, un vaste chantier a été initié prévoyant la relecture du Code pénal où une place de choix est faite à la lutte contre l’esclavage. Le document devrait être remis aux autorités d’ici la fin de l’année pour être introduit dans le circuit.
Plusieurs sessions seront organisées autour des thématiques suivantes : ‘’la société civile face au vide juridique et non-application des textes’’ ; ‘’l’esclavage au Mali : situation actuelle et dernières attaques esclavagistes dans la région de Kayes’’ ; ‘’le rôle de la société civile dans l’élaboration de la législation anti-esclavage : cas des lois criminalisant l’esclavage au Niger, au Mali et en Mauritanie’’ ; ‘’l’élaboration de l’architecture du Manuel de lutte contre l’esclavage au Sahel’’.

PAR BERTIN DAKOUO




Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *