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dimanche 9 décembre 2018
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Lutte contre le paludisme au Mali: la victoire par des résultats de la recherche

Dans le cadre de la 11e édition de la semaine nationale de lutte contre le paludisme au Mali, lancée le 25 avril 2018, sous le thème : « Prêts à vaincre le paludisme », le Programme national de lutte contre le paludisme a organisé, lundi dernier, à l’INRSP (Institut national de recherche en santé publique, une journée scientifique.

La cérémonie était présidée par la directrice nationale adjointe du PNLP, Mme KONE Diahara TRAORE, en présence du Dr Moussa SACKO, représentant le directeur général de l’INRSP. On y notait la présence de plusieurs chercheurs et agents socio-sanitaires.
Pour la directrice adjointe du PNLP, il ne peut pas avoir de lutte efficace contre le paludisme sans outils scientifiques basés sur l’évidence.
Aussi, a-t-elle témoigné, toutes les stratégies déployées afin de pouvoir vaincre le paludisme ne viennent que des résultats de la recherche. En effet, note KONE Diahara TRAORE, il serait difficile de pouvoir célébrer une journée mondiale de lutte contre le paludisme sans faire un arrêt sur les avancées scientifiques dans le domaine.
Par ailleurs, a rappelé KONE Diahara TRAORE, aujourd’hui, l’une des difficultés majeures que le PNLP a, c’est la question d’adaptation de ses interventions aux facettes épidémiologique.
Mais, de plus en plus, le PNLP est en train de renforcer le contrôle et se positionner pour la pré-élimination. Pour ce faire, a-t-elle conseillé, il serait mieux qu’il y ait des stratégies basées sur l’évidence scientifique.
En tout cas, elle a profité de l’occasion pour interpeller les chercheurs pour qu’ils se mettent rapidement à la tâche, d’ici la fin du plan stratégique qui voudrait que les acteurs de santé connaissent réellement les vrais stades avec les vrais niveaux d’endémicité. Toute chose qui leur permettra de pouvoir cibler les interventions en fonction des zones, pour pouvoir aller à la pré-élimination dans certaines zones et être au contrôle dans d’autres zones.
Pour elle, le Mali étant vaste, il est difficile d’embrasser à la fois l’élimination dans toutes les zones au même moment. Toutefois, elle est persuadée tant qu’il n’y a pas de bonnes strates sur la base de l’évidence, il serait difficile de cibler les interventions.
En tout état de cause, elle est convaincue que le Mali peut se hisser au niveau des pays qui se positionnent pour la pré-élimination, parce qu’aujourd’hui, notre pays dispose d’importants acquis, qui ne sont malheureusement pas documentés comme chez les autres.
« Ce n’est ni les ressources humaines, encore moins les compétences qui manquent, peut-être des petits problèmes de comment se montrer plus lisible et plus visible. Nous devons sortir de cette position pour mieux se vendre et seule la recherche pourra nous y parvenir », a-t-elle soutenu.
Il a remercié et félicité l’ensemble pour les résultats enregistrés dans la lutte contre le paludisme au Mali.
Il ressort du rapport de l’OMS 2016 que 216 millions de cas de paludisme, dont 90 % ont été enregistrés dans la région Afrique de l’OMS. Et parmi 15 pays représentant 80 % des cas de paludisme, 14 sont en Afrique.
Au Mali, le paludisme représente 32 % des motifs de consultation (DHIS2, février 2017) avec des répercussions socio-économiques sur les populations. Les enfants de moins de 5 ans, les femmes enceintes, les populations déplacées, les citadins en sont les plus vulnérables.
En 2017, il a été enregistré environ 2 097 797 cas de paludisme dans les formations sanitaires et par les ASC : 1 424 223 cas simples ; 673 574 cas graves ; 1050 décès notifiés ; un taux de létalité de 0,050 ‰.
En marge de la journée, notre équipe a échangé avec le Dr Mamadou COULIBALY, pharmacien chercheur-biologiste à la Faculté de médecine au Centre de recherche et de formation sur le paludisme au Mali. L’entretien a porté le consortium Target malaria « cibler le paludisme » ou « suivre le paludisme » qui est un projet à but non lucratif dont le but principal objectif est d’utiliser les moustiques contre eux-mêmes.
En effet, il s’agit dit-il, de modifier les génomes (le patrimoine génomique du moustique) afin que les moustiques lâchés dans la nature, qui sont des mâles, puissent réduire la population de moustiques. Ce qui aura pour conséquence de réduire la malaria.
Le projet est axé sur deux technologies : la 1re vise à réduire la population de moustiques en faisant en sorte que le moustique modifié mâle, quand il copine avec la femelle dans la nature, que les progénitures soient des mâles (90-95 % mâles) et va jouer sur la reproduction.
La 2e technologie vise un germe, un élément très important dans la fertilisation de la femelle moustique. La modification est toujours rapportée dans la population des moustiques par les mâles. Ici, il n’y a pas de progénitures. La reproduction est toujours affectée, de même que le paludisme, a-t-il expliqué.
Pour le moment, les résultats sont encore loin d’être à ce niveau. Les approches de ce genre prennent assez de temps et de précaution avant d’avoir le produit fini.
Le projet au Mali, financé par la Fondation Bill Gates, est à sa 2e phase de 4 ans après une 1re phase test d’une durée de 4 ans.

Par Sékou CAMARA




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