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samedi 23 octobre 2021
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Dans le Mali-Koura, force est à la rue !

Après les tirs de sommation, les coups de boutoir et le grand coup de semonce des forces de l’ordre, la question est désormais : où est la force de la Justice ? La République étant équilibre des pouvoirs, Thémis au Mali sans armes apparait comme dans un rapport léonin pour ne pas dire comme le dindon de la farce.
La complainte des juges, puisque c’en est une, est à cet égard fort à propos : prêts, engagés et déterminés à combattre le crime sous ses multiples formes, à ne céder ni au chantage ni à l’intimidation encore moins à une quelconque forme de manipulation. Scandalisés et outrés, messieurs les juges exigent que leurs décisions soient exécutées par le Gouvernement et que force demeure à la loi et à elle seule. Sinon…
Voilà le chantage et l’intimidation de la part de la victime qui se veut expiatoire et qui en use pour sa défense. Comment dans ces conditions rendre à la loi la force légitime, et mettre cette force légitime au service de la justice ? Dans un pays où chacun se muscle pour montrer ses muscles, la loi n’infléchit qu’en faveur des mastodontes, où le pouvoir ramassé dans la rue choisit ses ministres dans la rue, quel salut pour la Justice ?
Que ceux qui ne voient que l’horloge tourner à leur porte regardent un peu dans le rétroviseur. Ce n’est pas ce vendredi 3 septembre hélas que la force s’est imposée comme norme dans notre pays. Au quotidien des sans voix, nous n’avons pas souvenance d’une sévérité particulière envers les agressions contre la légalité. La force est dans la rue que la loi et la justice (l’équité) ont déserté depuis : un certain 27 novembre où la justice a été empêchée de juger un citoyen comme les autres (Ras Bath), un certain 4 mars 2020 où la justice a été molestée et violentée pour avoir osé interpeller le très respecté et éclairé Cheick Imam Mohmoud DICKO pour avoir récidivé dans ses appels à l’insurrection contre le régime ; en juillet-août les prisons ont été ouvertes pour laisser sortir les casseurs, les vandales et les incendiaires, sans oublier les voleurs de motos de nos confrères de l’ORTM.
Que point de complainte sur complainte, la force dans notre pays est dans la rue. Heureux et clairvoyants ceux qui en tiennent compte.

PAR BERTIN DAKOUO




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