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samedi 23 octobre 2021
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Mali: la prosopopée d’un patriotisme floué

Le plus parisien des auteurs américains, Paul Auster s’amuse à dire qu’«il n’y a pas de coïncidences, l’usage de ce mot est l’apanage des ignorants.” L’on pourrait se laisser si facilement convaincre par l’esprit inventif de l’écrivain sauf que par ici la vie n’est pas un jeu de lettre, mais une si bien triste réalité ésotérique.
Mon Général,
D’où vous êtes, il vous est sans doute venu à l’idée de vous arrêter sur les pourquoi et les comment ? Et surtout sur le momentum. Trois semaines avant l’anniversaire du Coup d’État dont on vous accusait d’être le parrain si ce n’est le vrai auteur.
Le croyant pétri dans la foi en Allah que vous êtes a dû rendre, se souvenir et restituer sa pertinence au diction qui dit que dans la vie « à quelque chose malheur est bon ». Au moins, voici un crime imprescriptible de moins à votre passif. Parce que comment en effet être l’auteur et le vrai parrain du Coup d’État contre le président IBK et son régime et vous vous trouvez injustement embastillé moins d’un an après ce coup, et pour la seconde fois ?
Le patriote qui a choisi de servir son pays sous le drapeau avec honneur, loyauté et dignité saura être endurant et patient en se souvenant des paroles de son créateur là où la fidélité et la loyauté des hommes ne sont point au rendez-vous.
Souvenez-vous de la Parole d’Allah : « Croyants! Soyez constants.
Rivalisez de constance !
Soyez fermes et craignez Dieu.
Ainsi atteindriez-vous à la félicité ».
(Coran, S. 3 – La Famille d’Omran, v. 200)
Ceux qui auront persévéré dans notre voie seront rémunérés compte tenu de leurs meilleures actions.
(Coran, S. 16 – L’Abeille, v. 96)
Ceux qui sont constants, seront dignement rémunérés au-delà de toute mesure !
(Coran, S. 39 – Les Groupes, v. 10)
Le Conducteur d’hommes que vous êtes sait autant que tous ceux qui savent qu’au cours de sa vie, l’homme est entre heurt et malheur, parce que la vie, par sa nature, n’est qu’une chaîne d’anneaux liés, et faite de joie et de tristesse, de bonheur, de félicité, de contrariété, de défis et d’épreuves, de difficultés et d’aisance, de paix et de peur, de santé et de mort. Dans l’injustice prison qui vous est imposée par la conjoncture de cette Transition, le croyant imprégné de sa religion que vous êtes saura recevoir les bienfaits de Dieu avec gratitude et vivre l’épreuve avec endurance.
Mon Général,
L’officier Général, forgé dans la dure épreuve du don de soi et du sacrifice ultime pour la patrie saura faire preuve de patience et d’endurance ; et saura surtout écouter, entendre et comprendre :
Écoute plus souvent
Les Choses que les Êtres,
La Voix du Feu s’entend,
Entends la Voix de l’Eau.
Écoute dans le Vent
Le Buisson en sanglots :
C’est le Souffle des ancêtres…
On vous a traité hier de tous les noms, vous avez su faire preuve d’élévation. On vous a accusé hier de tout, point de tout ce dont on vous a accusé n’est aujourd’hui retenu contre vous. Qu’est-ce qui vaut aujourd’hui l’ombre à l’homme de l’ombre que vous a été depuis 8 ans ?
Il paraît qu’on vous a arrêté et inculpé pour complicité d’enlèvement, de séquestration, d’actes de torture et d’association de malfaiteurs. Dites-leur que jamais durant votre service vous n’avez brutalisé ou torturé un Malien à plus forte raison un journaliste qui ne pouvait faire du mal à une mouche.
Ils vous accuseront d’autres crimes et d’autres forfaitures, dites-leur que vous avez été un traqueur d’assassins, de terroristes, de putschistes et non un des leurs. Explique-leur que grâce à vous beaucoup de terroristes qui projetaient d’embraser Bamako ont été mis à l’ombre.
Mon Général,
Dites-leurs, qu’au-delà de Wardossene, Souleymane Keita, Modibo dix c’est avec beaucoup de courage que vous avez déployé tout ce qu’il fallait pour sauver des villes et des régions et plus particulièrement le grand marché de Bamako en envoyant les sapeurs-pompiers de l’aéroport à deux (2)heures du matin pendant que Bozola-Niarela croulaient sous l’inquiétude, vous l’avez fait en toute discrétion sans tambour battant.
C’est dans la même foulée que vous avez fait arrêter des terroristes en plein jour qui voulaient se faire sauter dans ledit marché, ce jour-là c’est le Bon Dieu seul qui sait ce qu’il allait se passer si ces terroristes avaient réussi leur coup. C’est le même Bon Dieu qui peut vous récompenser d’avoir sauvé autant de vie.
Pour faire oublier leurs forfaitures, ils veulent vous couvrir d’infamie et vous traiteront d’officier noceur et insouciant .Dites-leur que la carrière du Général Diawara n’a pas été une sinécure, mais une suite d’engagement et de courage au service de la nation malienne. Rappelle-leur le témoignage éloquent du journaliste en 2014 (Le Prétoire) alors même que vous n’aviez pas encore fêté vos fameux 50 ans.
Il a écrit : « Soldat complet aux compétences militaires reconnues, Moussa Diawara est le 1er officier garde du Mali à faire le cours supérieur de la Gendarmerie et devient du coup le 1er officier de Police judiciaire (OPJ) de la Garde nationale. Mieux, il est le premier garde à faire le cours des capitaines à l’Ecole d’application de l’infanterie de Thiès (EAI), au Sénégal ».
Mon Général,
Arrêtez d’être toujours ce soninké qui veut toujours être modeste jusqu’à l’effacement, et dites-leurs que votre carrière est une suite élogieuse de leadership : toujours premier, en tout cas dans votre domaine.
-Le lieutenant Moussa Diawara est le premier garde nommé instructeur permanent dans cette école en 1993. Il est ensuite nommé commandant de compagnie à Mopti puis premier Directeur du Centre d’instruction de la Garde Nationale.
– Commandant du Groupement de Maintien d’Ordre (GMO) de la Garde Nationale chargé de sécuriser l’ensemble des stades (compétitions et entraînements) de Bamako lors de l’organisation de la Coupe d’Afrique des Nations 2002 (CAN 2002). Le succès de la sécurité lors de la CAN 2002 est à mettre à l’actif du GMO de la Garde Nationale sous les ordres du Commandant Moussa Diawara à l’époque. Le Président du Comité d’Organisation de la CAN 2002, Monsieur Makanguilé, a dressé un rapport félicitant Moussa Diawara et demandant qu’il soit décoré Chevalier de l’Ordre National du Mali. Ainsi, il a été le premier officier garde à avoir cette décoration.
– en 2008, l’issue d’une interview réussie, il sera le premier officier malien admis à l’Ecole de Guerre du Cameroun. Après cette prestigieuse formation, le Colonel Diawara sera envoyé pour commander les opérations militaires dans les trois (3) régions du nord du pays. Et devient le premier officier de la garde nationale à être nommé chef du théâtre des opérations au nord du pays et c’est après votre départ que la rébellion a repris.
Mon Général,
À ceux qui vous couvrent aujourd’hui d’opprobre et tentent vainement de vous humilier, dites-leur que Moussa Diawara a été premier Directeur malien de l’Ecole d’Etat-major de Koulikoro, la plus grande école militaire du Mali après le départ des Français. En plus de cette fonction, que vous avez été nommé Directeur du centre d’instruction de Koulikoro et avez été donc le premier à assumer cumulativement les deux charges jusqu’à votre nomination comme chef d’Etat-major Général de la Garde Nationale.
Laissez-leurs conjecturer peut-être à Tominkorobougou ils entendront un jour que Moussa Diawara n’a pas été que le premier Général de la Garde Nationale du Mali, mais le Chef d’Etat-major de la Garde Nationale qui a réalisé en moins d’un an quatre (4) villas dont deux (2) pour officiers et deux (2) pour sous-officiers, huit (bureaux et procéder au bitumage de la route du camp des gardes en face de la Médersa, qui était un cauchemar pour les usagers…
Mon Général,
Soyez qui vous êtes, celui qu’Allah a bien voulu que vous soyez. Homme de l’ombre ne vous incommodez pas de l’ombre qui vous est injustement imposé. De l’Ombre ne dit-on pas que jaillira la lumière. Qui sait les voix du Seigneur… Devrait-on vous faire l’injure de vous rappeler à l’endurance et à la patience du prophète Ayouba ?
Vous souvenez-vous m’avoir renvoyé un jour aux versets 41 à 44 de la sourate 38 (Sad) du Saint Coran. Mon tour de vous inviter à les bûcher :
« Et rappelle-toi Ayyub (Job), Notre serviteur, lorsqu’il appela son Seigneur: « Le Diable m’a infligé détresse et souffrance. »
Frappe [la terre] de ton pied: voici une eau fraîche pour te laver et voici de quoi boire.
Et Nous lui rendîmes sa famille et la fîmes deux fois plus nombreuse, comme une miséricorde de Notre part et comme un rappel pour les gens doués d’intelligence.
« Et prends dans ta main un faisceau de brindilles, puis frappe avec cela. Et ne viole pas ton serment. » Oui, Nous l’avons trouvé vraiment endurant. Quel bon serviteur ! Sans cesse il se repentait.
Mon Général,
Vous et moi ainsi que vos geôliers savons que des hommes de principes et de valeurs ont foulé ce sol malien. Et il y en aura toujours pour continuer sur les pas de ces résistants et insoumis. Et puis je vais vous dire que ces ancêtres méritants ne vous abandonneront jamais à cause de vos énormes sacrifices consentis pour la stabilité et la gloire du Mali.
Mon Général,
Juste un seul mot : Merci, Merci d’avoir enseigné à des générations entières de nos FAMa l’humilité de ne pas se sentir supérieur aux autres, le courage d’affronter n’importe quelle situation, et la sagesse de se taire quand il le faut.
Mon Général,
J’ai été témoin et souvent un acteur à vos côtés, votre sens du devoir n’est plus a démontré, vos bienfaits, votre savoir-faire, votre respect pour le prochain, vos soucis permanents pour le bien-être du Mali et des Maliens, votre sollicitude sont autant de qualités que je ne peux passer sous silence. Vous êtes juste un homme exceptionnel que le Mali et le président IBK ont eu la chance d’avoir à un moment particulièrement difficile. Sans aucune démagogie vous ne méritez que la reconnaissance de la nation pas cette cabale injuste et lâche.
Puisse le bon Dieu faire triompher la vérité. Amen…

Votre dévoué
Ibrahim Barry.




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