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jeudi 22 juin 2017
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Marche contre la révision: le signal fort des partisans du « non »

La Plateforme ‘’An tè, a Bana, ne touche pas ma constitution’’, comprenant des organisations de la société civile et des partis politiques a marché le samedi dernier de la Place de la liberté à la Bourse du travail pour exiger le retrait du texte de la révision constitutionnelle qui sera soumis au vote référendaire le 9 juillet prochain. Les responsables de la Plate-forme, dans leur déclaration, reprochent au texte révisé de la constitution, le renforcement du pouvoir du président de la république et la violation de l’article 118.

Parmi les têtes d’affiche de la manifestation, l’on a noté la présence de Soumaila CISSE, Modibo SIDIBE, Zoumana SACKO, Tièbilé DRAME, Djibril TANGARA, Ousmane SY, Ras Bath, Master Soumi, Mylmo, Mme SY Kadiatou SOW. Ils ont marché de la Place de la Liberté à la Bourse du Travail de Bamako avec des slogans hostiles au régime qui dénoncent également la tenue de la révision constitutionnelle.
Sur les pancartes et banderoles, on pouvait lire : « Ne touche pas à ma constitution », « Non à la révision constitutionnelle », « Non à la partition du pays », « Carton rouge à IBK », « IBK dégage », « trop c’est trop », entre autres. Tout au long du trajet, des manifestants scandaient aussi en chœur « L’Assemblée nationale a trahi le peuple », « IBK a trahi le peuple », « Notre priorité n’est pas la révision constitutionnelle», « La Cour constitutionnelle a trahi le peuple», « Non à la monarchie », « Non au tripatouillage constitutionnel», etc.
Selon Djiguiba KEITA dit PPR, responsable politique du Parti PARENA, cette marche est une manifestation pour le Mali, pour les martyrs du 26 Mars 1991 et pour la préservation des acquis de la révolution contre le régime dictatorial de Moussa TRAORE.
Il dit rejeter cette révision constitutionnelle parce qu’elle est aux antipodes des idéaux de Mars 1991 en arguant que la nouvelle constitutionnelle fait du président de la république un « monarque ». Ce qui, à son avis, est incompatible avec la démocratie.
D’après lui, le texte révisé de la constitution qui sera soumis à référendum le 9 juillet prochain accorde des pouvoirs exorbitants au président de la république. Toute chose qui trace la voie à un « Kabilaisme ».
« Nous avons marché aujourd’hui (le samedi) pour dénoncer la forfaiture du régime. Nous souhaitons que le président de la République, pour une fois, écoute le cri de son peuple en vue de retirer purement et simplement ce texte de la révision constitutionnelle. Je sais qu’il sait être sage, je souhaite qu’il soit sage», a interpellé PPR.
De son côté, l’honorable Seydou DIAWARA confirme que cette révision est loin d’être une alternative pour la crise sécuritaire que notre pays traverse. Selon lui, c’est un prétexte pour le gouvernement d’arriver à ses faims.
Beaucoup d’autres manifestants de la société civile ont estimé également que le régime est en train de précipiter cette révision constitutionnelle. Selon eux, il y a d’autres priorités qui doivent précéder la révision de notre loi fondamentale telles que la gestion de la situation de Kidal, la cherté de la vie, l’insécurité dans le nord et au centre du pays.
« J’ai voté pour le Président IBK en sachant qu’il est l’homme qui pouvait résoudre la situation de Kidal et beaucoup d’autres choses. Au lieu de cela, le Président IBK veux réviser notre constitution pour son propre conforts», a déclaré un manifestant qui a expliqué s’associer à cette marche pour faire entendre sa voix.
Arrivé à la Bourse du travail, point de chute de la manifestation, l’honorable Amadou THIAM a fait la lecture de leur déclaration qui rappelle les raisons du rejet de cette révision constitutionnelle par la Plate-forme.
La Plate-forme souligne dans son document être contre la procédure pour éviter l’érection d’un monarque qui nomme le président de la Cour constitutionnelle, nomme et révoque le Premier ministre, réunit l’Assemblée et le Sénat en congrès pour tripatouiller la constitution.
Elle rejette aussi l’initiative pour empêcher l’avènement d’un président inamovible qui reste à vie tant que les conditions ne sont pas réunies pour tenir les élections de renouvèlement de son mandat.
En outre, la mobilisation dénonçait la violation de l’article 118 de la Constitution du 25 février 1992 qui interdit tout processus de révision lorsqu’il est porté atteinte à l’intégrité territoriale du pays.
En conséquence, la Plate-forme invite « le président de la République au retrait pur et simple de cette loi de la révision constitutionnelle inopportune, anticonstitutionnelle et source de division du Mali ».
Selon les estimations de la police, les manifestants étaient de 10 000 personnes.

Par Sikou BAH




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