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dimanche 24 octobre 2021
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Un mauvais coup de plus, un mauvais coup de trop !

Le Premier ministre Choguel Kokalla MAIGA a le profil idéal d’un poseur de bombes. Il vient en effet d’en lâcher une dans le débat public de l’Assemblée générale des Nations-Unies, ce samedi, à New-York, en donnant un coup de canif à Paris. Dans le diplomatiquement correct, il aurait dû ourler ses mots de mille précautions, s’écarter d’une rhétorique périlleuse de rupture sur fond de défi bravache.

Mais l’allitération des enfarinades ne devrait pas porter le Premier ministre, très en veine et en verve de détermination, sur une frugalité bien trop commode pour un responsable politique malien conscient des enjeux de la situation sécuritaire.
En effet, le traitement de cheval infusé au Mali, dans le cadre de la lutte contre les terroristes n’a été ni à la hauteur de la crise ni servi à faire baisser la fièvre dépressionnaire, a fortiori à soigner les maladies chroniques de notre pays sur le plan sécuritaire.
Selon le président HOLLANDE, en visite, en février 2012, c’est «tout le Mali» qui doit être reconquis. L’on est loin du compte sur ce plan, puisque ce sont les 2/3 du territoire qui échappent au contrôle de l’Etat central en ce mois de septembre 2021, alors que la Force Barkhane est déployée au Sahel depuis le 1er août 2014.
En amont, lors de l’opération de reconquête des zones occupées, le coup de Jarnac donné à nos Forces de défense et de sécurité abandonnées à Gao par les soldats de l’Opération Serval qui sont allés seuls à Kidal avait déjà alimenté le sentiment que quelque chose était cassé dans nos relations avec nos « sauveurs » du jour. Les arguties montées en épingle pour justifier cette scélératesse n’ont fait que renforcer ce sentiment.
Après la libération, sous le prétexte d’affrontements entre mouvements armés, les Maliens assistent ahuris à l’établissement d’une ‘’zone de sécurité temporaire’’, dans la région de Tabankort, officiellement par la MINUSMA, mais officieusement par qui tout le monde sait.
La stratégie gagnante a été dupliquée plus tard avec Kidal et une zone de 20 kilomètres à la ronde qui ont été protégées par une «zone de sécurité» instaurée par l’ONU.
Après les ‘’zones de sécurité temporaire’’, à présent, ce sont les zones d’exclusion aérienne qui empêchent les FAMa de traquer les terroristes en faisant usage de leurs moyens aériens.
Ce catalogue n’est pas exhaustif. Dans ces conditions, l’accolade, l’embrassade, la papouille ne sont plus obligatoires.
Le mauvais coup de plus et le mauvais coup de trop, est la décision unilatérale de décamper sans crier gare. Dans une impétuosité rarement égalée, Paris annonce coup sur coup la suspension des opérations militaires conjointes avec les Forces armées maliennes (FAMa) et un désengagement progressif au Sahel.
Dans sa débandade, Paris a annoncé une réduction des «emprises», c’est-à-dire le dégarnissement de Kidal, Tombouctou et Tessalit.
Aussi, à l’horizon 2023, les effectifs français devraient tourner autour de 2.500 personnes.
Il y a incontestablement dans cette mesure un soufflet retentissant au partenariat dont les fruits n’ont d’ailleurs pas tenu la promesse des fleurs.
Aussi, le recours à Wagner est-il une décision revendiquée et assumée des autorités de la transition qui peuvent compter sur la bénédiction d’une frange importante de la population.
A présent, le vin est tiré et il faudrait le boire jusqu’à la lie. L’exultation qui a accueilli la salve de critiques ravageuses contre Paris qui abandonne le Mali en plein vol devrait avoir son répondant dans un sursaut patriotique, dans la résilience. Parce qu’il ne faudrait pas s’attendre à ce que le coup de griffe ravageur à Paris passe comme de l’eau qui glisse sur les plumes d’un canard. Ensemble nous tiendrons la dragée haute ou ensemble nous sombrerons dans le précipice. C’est la loi de la survie.

PAR BERTIN DAKOUO




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