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mardi 13 novembre 2018
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Meeting du collectif des associations ‘’An te A Banna’’: le fiasco

C’est en queue de poisson que s’est terminé le meeting du Collectif des associations de la Plateforme ‘’An té A Banna’’ tenu, le samedi dernier, à la Pyramide de souvenir. Des militants furieux ont vidé les lieux avant même la fin du meeting, à cause des écarts de langage et de comportement jugés insultants.

Peu de monde s’est mobilisé lors de ce meeting pourtant annoncé à grand renfort de publicités. Quelques dizaines de jeunes y ont pris part parmi lesquels certains habillés en T-shirt rouge symbolisant leur opposition catégorique vis-à-vis des approches du régime en place. Ils avaient à leur tête, le porte-parole du collectif, Ibrahima KEBE ; avec à ses côtés le conférencier, Badra Alou SACKO, et la modératrice, Kadidia FOFANA. Certaines figures de l’arène politique du pays étaient présentes, dont Tiébilè DRAME, Oumar MARIKO, Zoumana SACKO.

Le grand désordre
Opposé au régime actuel, le porte-parole du Collectif indique que l’objectif de la manifestation est d’exprimer l’indignation des membres de l’association sur la gouvernance, leur colère sur l’insécurité dans le pays, leur inquiétude sur les prochaines élections et l’esclavage en Libye. Face à ces défis, a indiqué M. KEBE, le régime dirigé par le président IBK a montré ses limites. Il manque d’initiative et de vision politique pour prendre en compte des besoins de la population malienne, soutient-il.
« Trop de sang coule, trop de morts, à cause de l’insécurité au Mali. Ça suffit toutes ces morts », s’attriste M. KEBE.
Le conférencier, Badra Alou SACKO, pour sa part, déclare que notre pays a enregistré près de 5 000 morts depuis le début de la crise de 2012. Cela, c’est du jamais vu depuis l’indépendance du Mali, a-t-il ajouté. De la dénonciation à l’accusation, M. SACKO va jusqu’à laisser entendre que les autorités intérimaires sont constituées que d’individus qui sont à la base du chao au Mali.
« Dans la composition des autorités intérimaires, on entend que « Ould et Ag ». Nulle part, on entend Coulibaly, Diarra, Traoré », condamne-t-il, accusant ces noms de famille d’entretenir la rébellion. Des propos mal appréciés par certains, dont le secrétaire aux affaires extérieures du parti Sadi, Yéhia Ag Mohamed Ali. Furieux, il décide de partir des lieux de la manifestation, mais retenu par Tiébilè DRAME.
De son côté, l’honorable Oumar MARIKO réagit en soulignant que la famille de Yéhia Ag Mohamed Ali n’a jamais cautionné la rébellion. Au contraire, a-t-il déploré, elle a été victime de cette rébellion. Il se rappelle que l’un des frères de Yéhia a été décapité par des groupes armés en 2012, à cause de sa position tranchée contre la rébellion.
« Les jeunes, je vous conseille de mener les combats dont les lignes sont claires. Il faut balayer les dissensions qui existent depuis 1991 », peste Oumar MARIKO.
En outre, le député élu à Kolondiéba rassure que le monde qui était à l’accueil du président IBK lors de sa visite de 72 heures à Kénédougou a été contraint et menacé à le faire.
Après cette tempête, le représentant de l’URD, à son tour, suscite une autre polémique en qualifiant les jeunes de laxistes et amorphes. Aussitôt, des jeunes présents ripostent « Ce n’est pas vrai. C’est vous qui êtes à la base du problème ».
Des associations membres de la Plateforme dans la tourmente
Depuis quelques semaines, il y a un véritable problème de leadership entre les responsables des associations membres de la Plateforme, confesse un membre dudit regroupement. Selon lui, des hommes politiques seraient à l’origine de ces différends.
« Ils ont créé des associations fantoches avec à leur tête des jeunes de leur parti. Ces gens sont venus envahir le mouvement. Tout le monde veut aussi être à la tête du directoire des associations de la Plateforme », explique-t-il, précisant qu’à maintes reprises ils ont essayé en vain de mettre en place une équipe au nom des associations.
Plusieurs informations concordent également que l’un des candidats à la tête du directoire des associations de la Plateforme, Mamadou SIDIBE, est en prison, depuis quelques jours. Il est accusé par l’un de ses adversaires d’avoir proféré des menaces des morts, des injures et insultes graves à son endroit.
« Nous avons décidé d’écarter ces deux individus. Ils ne seront plus candidats », a déclaré de son côté Djimé KANTE qui ensuite reconnu : « On s’insulte, on s’humilie ».
Pour cet agent de santé activiste, c’est déplorable que les responsables des associations n’arrivent pas à s’unir.
« Pour une fois au Mali, il faut qu’on réussisse une chose », demande-t-il.
Quant au président Zoumana SACKO, il appelle les partis politiques à respecter les idéaux de la Plateforme. Rompu à la politique depuis des années, M. Zoumana SACKO, ancien Premier ministre, craint le spectre de la division.
« Il faut que nous cultivions la paix et l’union entre les membres du mouvement pour ne pas trahir la confiance des Maliens. Nous avons construit une œuvre gigantesque et nous devons continuer ce combat », plaide-t-il.
À cause des bourdes en répétions, les quelques jeunes qui s’étaient mobilisés ont vidé le site de la manifestation avant même la lecture de la déclaration.

Par Sikou BAH




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