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lundi 27 juin 2022
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Menaça: l’incapacité des mouvements

Depuis deux semaines maintenant les localités de Aghazraghen, Inekar Émis-Émis et environs subissent des attaques répétitives des combattants de l’État islamique au Grand Sahara (EIGS, ou DAESH). L’organisation semble choisir de prendre dans ses fourches caudines la région de Ménaka et une partie de celle de Gao. Selon des témoignages venant de la zone qui se déserte de ses habitants, on compterait les morts par plusieurs dizaines. Dimanche 22 mai 2022, des dizaines de corps de civils ont été inhumés comme les jours suivants. Ce lundi 30 mai 2022, la zone reste sous emprise de plusieurs factions de DAESH.

La situation sécuritaire s’est considérablement détériorée dans les régions de Gao et de Ménaka en raison d’affrontements armés entre les combattants du Mouvement pour le salut de l’Azawad (MSA – D/ GATIA) et ceux de l’EIGS avec des attaques contre les populations civiles.

La coalition des mouvements signataires regroupés au sein du Cadre stratégique permanent (CPS) devraient faire jonction ce lundi 30 mai 2022. Attendue pour être l’occasion d’affiner la stratégie commune et concertée pour entrer en guerre contre les terroristes, la rencontre a été ajournée sine die.

Se disant préoccupé par la situation sécuritaire dans la région de Menaka et environs, le président du comité d’orientation politique du CSP s’est toutefois contenté d’inviter les mouvements du CSP à participer à la sécurisation des personnes et des biens face à la violence des groupes terroristes, sans les nommer or ils sont connus de tous.

Derrière le mobil vertueux de dresser un répertoire de combattants l’alignement vertigineux à la queue leu leu de véhicules flanqués de drapeaux du MNLA ou de la CMA pour impressionner (histoire de montrer des muscles qu’on n’a pas), ne trompe plus personne. Parce que la plupart de ces véhicules sont là, alignés suite à un appel à tous les commerçants et trafiquants de la zone pour un rassemblement de véhicules et pour une prise de photos. Rien de plus. Car après tout le monde vaque à ses occupations quotidiennes qui sont loin de constituer une armée de réserve pour l’Azawad. On comprend donc que ceux qui prétendent disputer le contrôle du nord du pays à l’État malien (ou aux terroristes) ne puissent avoir du cran pour entrer en guerre et d’aller sauver leurs frères à Menaka.

Donc c’est déplacer aujourd’hui l’équation que de dénoncer le silence et l’absence de réaction des autorités maliennes face aux exactions de Daesh dans la région Ménaka. L’État n’y est pas parce qu’en vertu de l’Accord les FAMa doivent se désengager de cette partie du territoire sur laquelle les groupes signataires doivent assurer la sécurité et la protection des populations.

Les FAMa n’interviennent qu’en dernier ressort pour ne pas être accusées de massacre de populations civiles, comme c’est l’habitude des activistes séparatistes. Maintenant que les populations civiles sont massacrées pour de vrai par les terroristes, en raison de l’incapacité des groupes signataires à les défendre, on accuse l’État d’abandon en plein vol, de non-assistance à population vulnérable, etc.

Voici la quadrature du cercle, pour ne pas dire les limites objectives de l’accord qu’il faut relire et des accommodements sécuritaires qui ont franchi tous les seuils du tolérablement souverainement parlant.

PAR ABDOULAYE




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