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dimanche 28 février 2021
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Missions de Sécurisation et de défense du pays: pleins feux sur la garde nationale

Ayant montré ses capacités dans ses missions de défense et de développement du pays, et bénéficiant de la confiance des populations et de l’accompagnement des plus hautes autorités, la Garde nationale est aujourd’hui en pleine montée en puissance. C’est la révélation faite par son Chef d’état-major, le Colonel-major Zoumana DIAWARA. C’était à la faveur d’une conférence de presse consacrée à l’historique, les missions, le fonctionnement, les difficultés et les perspectives de ce corps d’élite.

Cet exercice qui est initié par le ministère de la Sécurité et de la protection civile, dans sa politique de communication à l’endroit des populations maliennes, vise à faire connaître les missions des forces armées et de sécurité dans le contexte actuel marqué par l’insécurité grandissante et des attaques terroristes dans notre pays.
En se soumettant à un tel exercice et en allumant plein phare sur son corps où la discrétion est de mise, le Colonel-major Zoumana DIAWARA a dû très souvent se rabattre sur certains de ses proches collaborateurs, à l’image du Lieutenant-Colonel Mory SANOGO, point focal et chef communication ainsi que du Commandant Moussa DIALLO, chef de division matériel et logistique au sein de l’état-major. C’est d’ailleurs à ce dernier que l’honneur est revenu de présenter la Garde nationale dans toutes ses dimensions et dans toutes ses missions au service de la sécurisation et du développement du pays mais aussi de protection des citoyens.
De l’exposé de l’Officier, il ressort que la Garde Nationale est le premier corps habillé du Mali dont les origines remontent à l’aube de la colonisation.
Elle a connu plusieurs mutations et ses dénominations ont changé au fil des années. Du Détachement de gendarmes métropolitains en 1890 puis Corps indigènes de gendarmes à pied, à l’appellation Garde en 1894 en passant par les dénominations Garde-cercles ; Gardes-Goumiers (1910) ; Garde Autonome du Mali (1960) ; Garde républicaine et Goum du Mali (1971) et Garde nationale depuis 1994, ce corps en constante évolution s’adapte aux réalités sociopolitiques du Mali.
Placée sous la tutelle du Ministère chargé de la Défense Nationale et affectée pour emploi au Ministère chargé de la sécurité, les missions de la Garde Nationale sont définies par la loi n°94-031 du 20 Juillet 1994 et la loi n°087 du 26 septembre 2001.
Elle est présente sur l’ensemble du territoire national. Elle apparaît comme une force à vocation hautement humaine et travaille essentiellement au profit des administrations et des populations. Englobant les missions de défense et de sécurité, elle a vocation à assurer la sécurité au profit des institutions, des autorités politiques et administratives ; participer à la police générale des circonscriptions administratives ; concourir à la défense opérationnelle du territoire ; participer à la surveillance des frontières ; participer aux actions en faveur de la paix et l’assistance humanitaire ; participer au développement économique, social et culturel du Mali. Viennent ensuite sa polyvalence et son aptitude à s’adapter à toutes les missions et à toutes les circonstances. Sa connaissance parfaite du terrain et des hommes, sa capacité de renseignement et d’alerte lui valent sa présence partout sur le territoire national. La légèreté de ses structures et de son équipement (faciles à mettre en œuvre), la disponibilité et la motivation constante de son personnel font de ce corps l’un des plus efficaces.
La Garde Nationale est la force la plus déconcentrée, son organisation claquée sur le découpage administratif du Mali lui confère une présence bien réelle.
En parlant de ses caractéristiques le Commandant DIALLO d’indiquer que la Garde Nationale se caractérise d’abord par sa capacité à s’adapter à l’évolution sociopolitique et institutionnelle du Mali ; l’adaptation à son cadre d’emploi (à la fois force militaire et force de sécurité) ainsi qu’à son milieu (villes et campagnes).
Aussi, ce Corps se caractérise par son ouverture aux autres forces et les bonnes relations de coopération qu’elle entretient avec les armées et pays amis.
Cependant, elle ne connaît, d’une manière directe, que la coopération française qui a permis la création et l’équipement de certaines unités (notamment les unités méharistes et de maintien d’ordre) tout en impulsant l’élan nécessaire pour sa montée en puissance.
Par ailleurs, la Garde Nationale est articulée en un État-major basé à Bamako et comprenant un cabinet, des divisions et une inspection ; des Unités Territoriales comprenant des Groupements territoriaux composés des compagnies ; des pelotons ; des groupes et postes permanents de sécurité ; des services spécialisés (maçonnerie, menuiserie, forge, électricité, mécanique auto, coupe et coupure) ; une section de musique principale ; des unités mobiles comprenant un groupement de maintien d’ordre basé à Bamako composé de trois (3) escadrons, deux groupements d’intervention rapide, six (6) compagnies méharistes qui se trouvent à Léré, Ménaka, Abeibara, Gossi, ’Inakounder, ’Inabog ; des postes avancés d’observation. À ces unités mobiles, il faut ajouter les Patrouilles d’Intervention Rapide Terrestre « P.I.R.A.TE » et les compagnies Régionales d’Intervention dont le processus de création est très avancé et qui seront chargées d’exploiter les renseignements et d’intervention à temps réel sur le théâtre des opérations.
Une autre fierté de l’état-major de la Garde nationale : la création en son sein des Forces spéciales anti-terroriste (FORSAT-GNM). Cette unité, mise en place et actionnée en cas de besoin par le ministre de la Sécurité, est également en pleine montée de puissance, à en croire les conférenciers. Dotée de moyens à hauteur de souhait, elle se caractérise par son efficacité et sa fluidité pour lutter contre le terrorisme dans toutes ses formes. De la révélation faite par le Colonel major Zoumana DIAWARA, elle est composée de deux équipes de 30 éléments sélectionnés sur la base de leurs compétences.
En somme, discret, souple, léger, le corps de la Garde nationale doit son efficacité à la fluidité, la rapidité et à l’autonomie des moyens mis à sa disposition. Dès lors, ce corps habillé s’est montré très efficace dans ses missions de sécurisation et de défense du pays. D’une polyvalence rare, il empêche tout ennemi d’être maître du terrain (capacités de renseignement, d’interception, de destruction, de secours et d’évacuation des éléments isolés). Sa présence dans les zones enclavées ou désertiques permet d’asseoir l’autorité de l’État.
Malgré tous ces atouts et toutes les qualités dont ses responsables se targuent, la Garde nationale se trouve confrontée à certaines difficultés comme l’insuffisance du personnel, le manque de moyens matériels et de ressources financières et de formation des cadres.

Par Mohamed D. DIAWARA




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