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vendredi 19 avril 2019
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Modibo Kadjoke : ‘‘Il y’a des signes qui ne trompent’’

Je voudrais dire sincèrement merci au Chef de l’État pour l’honneur qui nous est fait en nous remettant en mains propres une copie de l’avant-projet de la Constitution.

Notre opinion sur le sujet est contenue dans la dénomination de notre organisation : le Pacte Malien pour la Refondation.

Monsieur le Président,

Personne ne peut douter aujourd’hui de la pertinence de cette révision. C’est même une priorité. Mais est-ce LA priorité ? Nous en doutons.

Quand le peuple britannique a murmuré Theresa MAY est retournée à l’Union européenne pour renégocier ;

Quand le peuple français s’est agité, Emmanuel Macron est allé à sa rencontre ;

Quand le peuple algérien a crié, Bouteflika a écouté ;

Quand le peuple soudanais s’est manifesté le Président El Bechir a tendu l’oreille ;

Le peuple malien a fini de crier, de se manifester, il gemit.

Écoutons ses gémissements !

Le peuple malien est fracturé.

Il y’a une rupture entre l’État et les citoyens, rupture entre et à l’intérieur des communautés.

Toutes les organisations s’agitent aujourd’hui pour réclamer leur part.

Monsieur le président, depuis combien de temps nous n’avons pas Fédération de Football ?

Il y’a des signes qui ne trompent pas.

Là où je vous parle, il y’a au moins 3 villages qui sont en train de quitter le site qu’ils occupent depuis des siècles.

Nous vivons dans une insécurité grandissante.

Dans ce contexte il nous est très difficile d’aller parler de révision constitutionnelle.

Le Mali a besoin d’être refondé, les maliens ont besoin d’être rassemblés.

De notre point de vue, il faut

● d’abord assurer la sécurité alimentaire ;

● Ensuite restaurer la sécurité des personnes et de leurs biens ;

● Négocier un moratoire pour les revendications catégorielles ;

Pour aller à un Dialogue de Refondation nationale. C’est seulement après ou pendant ce Dialogue que nous parlerons de révision constitutionnelle.

Nous pensons au PMR que c’est le seul agenda DU MALI. Et pour cet agenda nous vous notifions notre disponibilité à vous accompagner.

Pour finir Permettez-moi de vous faire un rappel : il y’a exactement 783 ans un autre KEITA a senti cette nécessité. Il a fait presidé une grande assemblée par Kamadjan CAMARA en 1236. Cela a donné un État très stable dont nous sommes tous très fiers.

Monsieur le Président, l’histoire vous tend une perche.

Je vous remercie




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