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samedi 23 octobre 2021
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Modibo Sidibé, Président des FARE: ‘’il faut que nous assumions notre sécurité’’

En pleine tension entre notre pays et son ‘’partenaire historique’’, le Président des FARE AN KA WULI, l’ancien Premier ministre Modibo SIDIBE, à l’occasion de son traditionnel ‘’Baro’’, ne pouvait échapper aux questions sur la défense et la sécurité. Le système de santé ; l’inadéquation formation/emploi, étaient, entre autres, questions auxquelles il s’est plié.

C’était ce samedi après-midi, au ‘’Tie duman grin’’, de Master Soumi, à Maganmbougou Faso Kanu.
Dans ses propos introductifs, M. SIDIBE a salué Master Soumi pour son engagement pour le pays. Il a exprimé son bonheur d’être à son ‘’grin’’ pour parler du pays.
Quant à Master Soumi, étreint par l’amertume, il lâche :
« Il est difficile de parler du Mali aujourd’hui ; j’en ai trop sur le cœur. Les gens me disent Master Soumi, on ne te voit plus dans les mouvements. Mais, à quoi ça sert d’être avec des gens qui n’ont pas de conviction ; des gens qui inhalent le gaz lacrymogène, qui bravent les balles pour un poste de chargé de mission ».
Son état d’âme est à l’aune de ses questions.
Après plus de 30 ans de démocratie, nos dirigeants continuent de se soigner à l’étranger. Peut-on avoir un système de santé performant dans ces conditions ?
Nous avons une Haute cour de justice onéreuse, mais jamais les ministres indélicats ne sont inquiétés. Il n’y a-t-il pas une injustice?
Nous assistons à une inflation des partis politiques. Il y en a plus de 200. Est-ce qu’il y a plus de 200 projets de société pour le Mali ?
Il souligne l’aversion des gens pour la politique, parce que ses acteurs en ont fait un fonds de commerce ; au lieu de former les militants, ils utilisent l’argent du financement public à des fins de corruption.
Par rapport à l’armée, Master Soumi interroge : quel plan pour nous éviter ce que nous vivons en ce moment ?
Souleymane COULIBALY, lui, est préoccupé par l’inadéquation formation-emploi qui engendre le chômage.
Dans ses réponses, M. SIDIBE fait savoir que ceux qui en ont les moyens peuvent se faire soigner à l’étranger ; mais l’ambition est que tout le monde le fasse au Mali. Il a rappelé quelques actions quand il était aux affaires : la dotation de Point G en scanner et en appareil de dialyse avec des tarifs subventionnés ; la création de nouveaux hôpitaux…
« Notre système de santé actuel a les fondamentaux, nous avons beaucoup de spécialistes. Maintenant, il faut élargir davantage les centres de santé communautaires ; assurer une prise en charge des urgences », diagnostique-t-il.
Par rapport à la question de la justice, il déclare :
« Il faut que les magistrats soient professionnels. Il y a eu des progrès, mais pas assez », souligne le Président des FARE.
Pour lui, par rapport aux indélicatesses, il faudrait travailler sur les mentalités pour que le bien public soit considéré comme ‘’faden to’’ (la nourriture interdite).
« Sous mon autorité, il n’y a pas eu de rapport qui n’a pas été transmis à la justice ou fait l’objet de sanction », s’est-il défendu.
Sur la question de l’inflation des partis politiques, Modibo SIDIBE tranche :
« Il faut éliminer tous les partis qui n’ont pas pris part aux deux dernières élections locales ».
En ce qui est de l’exécration de la politique, il répond:
« Ceux qui n’ont pas de valeur en politique, ne sont pas avec nous. Nous pouvons faire des compromis, mais pas de compromission ».
Il juge indispensable une refondation de la gouvernance, de la citoyenneté. C’est la condition sine qua non à toute révision constitutionnelle. C’est à cela que tendent les Assises nationales de la refondation, justifie-t-il.
Sur le plan sécuritaire, Modibo SIDIBE confie :
« Chez nous, aux FARE, la diversification est le principe de la transition diplomatique. Nous voulons une coopération qui respecte notre souveraineté, nos intérêts politiques, culturels (…). Nous voulons une coopération choisie pour être un jour dans les alliances ».
Mais, tempère-t-il :
«La souveraineté, c’est la maîtrise de son système de sécurité, c’est un État stratège solide qui parvient au contrôle de son territoire. La souveraineté est aussi économique, culturelle (…). Nous avons besoin d’une souveraineté nationale adossée à la souveraineté sahélienne, elle aussi adossée à la souveraineté de la CEDEAO, à son tour adossée à la souveraineté africaine. Il faut que nous assumions notre sécurité. Il nous faut un système souverain de défense et de sécurité. Mais pour cela, il faut que nous soyons debout. Le sommes-nous ? »
M. SIDIBE préconise la multiplication des lycées professionnels, des instituts universitaires, la mise en place des contrats de reconversion et des contrats d’apprentissage pour faire face à la question du chômage des jeunes.

PAR BERTIN DAKOUO




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