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mercredi 28 juin 2017
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Nouveau Texte Constitutionnel: les femmes s’imprègnent du contenu

Le samedi dernier, le ministre des Droits de l’homme et de la réforme de l’état, Me Kassim TAPO, a animé une conférence-débat sur la revue constitutionnelle à l’intention des femmes du Mali. Ladite conférence a été organisée par l’ONG « trait d’union », avec à sa tête Mme SECK Oumou Sall. C’était en présence de Mme TRAORE Seynabou DIOP, ministre de l’Équipement et du désenclavement, et de Mme INTALLOU Nina WALLET, ministre de l’Artisanat et du tourisme.

S’imprégner du contenu de la nouvelle constitution, tel était l’objectif de cette conférence débat qui avait pour thème : « Les femmes veulent comprendre le projet de révision de la constitution du 25 février 1992 ».
Mme Oumou SALL SECK, à l’entame de ses propos, a rappelé que le Mali était sous le poids de cette crise multidimensionnelle qu’il connait depuis 2012.
« Depuis 2012, que de chemin parcouru ! Que de sacrifices consentis ! Que d’étapes franchies pour aboutir à un accord inclusif de paix au Mali. Nous avons su mettre de côté nos divergences, transcender nos différends et taire nos égos dans un sursaut patriotique en privilégiant l’intérêt supérieur de la Nation », a-t-elle rappelé. Elle a estimé par ailleurs que notre processus de paix déjà fragile est aujourd’hui mis à rude épreuve, encore une fois. En effet, selon elle, depuis l’annonce par le gouvernement d’un projet de révision constitutionnel qui sera soumis à l’arbitrage du peuple souverain le 09 juillet prochain, les germes de la division sont en train de refaire surface. Au fil des jours, déplore-t-elle, la tension monte et les positions semblent se figer et se radicaliser à un moment où le défi et l’impérieuse nécessité d’aller à une véritable réconciliation nationale se posent avec acuité.
Elle a ainsi expliqué qu’à travers cette rencontre, il s’agissait pour les unes et les autres d’écouter les idées des autres sur une question qui suscite autant de débats que de passions.
« Pendant que certains lancent des appels au boycott du referendum, d’autres estiment que la constitution révisée va cimenter les la paix », a-t-elle martelé.
Pour la coordinatrice du Mouvement Trait-D’Union, il est important que le débat actuel quitte donc la rue pour venir dans un cadre formel et permettre d’engager un débat non passionné, autour d’un dialogue, qu’elle considère comme une des valeurs cardinales la démocratie et la stabilité de notre pays.
Quant à Me Kassim TAPO, il a soutenu que le débat démocratique se faisait face à face et non sur des réseaux sociaux. Par ailleurs, il a rappelé qu’il y a eu plusieurs tentatives de révision de la constitution avant celle-ci.
« Cette fois-ci, elle fait peur parce qu’elle va aboutir », a-t-il martelé.
Pour lui, il s’agit tout simplement d’adapter la constitution à la réalité du moment. Il a expliqué que cette révision ne concerne pas le nombre de mandats du Président de la République.
« Dans cette nouvelle constituée, nul ne peut faire plus de deux mandats. Mieux, les droits humains y ont été renforcés. L’accent est aussi mis sur la décentralisation. Contrairement à ce que disent les gens, il n’y a pas de pouvoir monarque dans ce texte. Le fait pour le Président de la République de nommer les 1/3 des membres du sénat ne pose pas de problème », a-t-il expliqué. Me TAPO a rassuré les femmes que cette révision ne met pas en cause le caractère laïc, républicain, démocratique de l’État. Il a, à cet effet, insisté que cette constitution n’était pas une constitution de confort, mais une exigence compte tenu de la situation du moment.
Pour la circonstance, les questions ont surtout porté sur l’avis de la Cour constitutionnelle, la création de la Cour des comptes ; les assurances par rapport au caractère républicain de l’État ; les amendements de l’opposition non pris en compte, entre autres. Ces réponses ont fait l’objet d’un débat houleux entre participantes et conférencier.
Au finish, la coordinatrice de l’ONG « Trait d’union », s’est réjouie que l’objectif de la conférence-débat qui a été atteint, car les femmes se sont imprégnées du contenu de la nouvelle loi constitutionnelle.

Par CHRISTELLE KONE




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