Search
samedi 6 mars 2021
  • :
  • :

Ousmane Christian Diarra, porte-parole de la Plateforme d’action commune: ‘‘nous serons toujours dans l’excès quand l’État se montrera intraitable’’

La Plateforme d’Action commune observe depuis le lundi 09 novembre 2020, une grève illimitée, sur toute l’étendue du territoire national. Cet arrêt illimité de travail est la suite logique de la non-satisfaction des onze points de revendication que la Plateforme d’Action commune a déposé sur la table du gouvernement. La Plateforme demande également à l’État, sans délai, la libération de leurs collègues des mains des jihadistes.

Ce 9 novembre 2020, nous avons approché le Porte-parole de cette plateforme, Ousmane Christian DIARRA, qui nous précise les raisons pour lesquelles, les quatre syndicats ont finalement opté pour la méthode forte afin d’obtenir gain de cause du gouvernement.

« La plateforme, qui comprend quatre syndicats, dont le Syndicat des travailleurs des collectivités territoriales (SYNTRACT) ; le syndicat autonome des administrateurs civils (SYNAC), le syndicat libre des travailleurs de l’administration territoriale (SYLTMAT) et le syndicat de l’Agence de développement régional (CS-ADR), a entamé une grève illimitée, depuis le lundi 09 novembre 2020, sur toute l’étendue du territoire national à la suite de 15 jours de grève qui se sont achevés le vendredi 06 novembre 2020. Cette grève illimitée comme la première observée de 15 jours a les mêmes points de revendication. Ce sont les onze points que la Plateforme d’Action commune a reconduits suite au constat du ‘’mépris flagrant ‘’ sans précédent que le gouvernement a réservé à nos doléances. Je voudrais rappeler que lors des premières négociations de la grève de 15 jours, les discussions se sont soldées par un échec total sur les onze points. Aucun accord ! C’est du jamais vu. Ce n’est pas dû à notre stratégie, c’est simplement, legouvernement qui ne voulait concéder sur rien, absolument rien. Même les demandes qui ne nécessitaient pas d’effortfinancier ni d’adoption de texte. Ainsi, ayant fait ce constat, le premier jour du début de la grève de 15 jours (le 19 octobre 2020), nous avons automatiquement déposé un préavis de grève qui a pris effet, depuis avant-hier lundi.

Concernant la libération des otages
Naturellement, sur les onze points, il ya deux points qui concernent la sécurisation des représentants de l’État. Demande, qui avait fait l’objet d’un préavis à part du 08 mai 2020. Un préavis dont les négociations avaient abouti sur un accord presque total. Malheureusement, ces accords n’ont jamais été matérialisés. C’est la raison pour laquelle, nous avons reconduit cette question de sécurisation des représentants de l’État. La marche que la Plateforme d’Action commune avait organisée à Bamako le 15 octobre 2020, c’était une marche de survie, la considération et le respect qu’on doit à ces représentants de l’État (les préfets, sous-préfets, les secrétaires généraux des Mairies, des régisseurs, des travailleurs de l’administration territoriale et des Agents de développement régional). Quand vous envoyez quelqu’un en mission et qu’il a des problèmes, vous devrez être le premier concerné. Mais faites comme si de rien n’était, ça, c’est un manque de respect que nous ne saurons désormais cautionner.
Les gens nous ont bien voulu comprendre pourquoi nous n’avions pas manifesté plutôt. Nous sommes un Corps incrusté dans l’État. Nous sommes au cœur de l’État. À un moment donné, nous avions même pensé que nous étions l’État. Mais c’est face au mépris des hommes politiques que nous avons compris que nous ne sommes que de simples agents, pas différents des autres. On nous avait toujours dit de ne pas faire de tapage médiatique, ni des actions d’éclat autour sur la question des otages pour ne pas rendre difficile les négociations et surenchérir les contreparties. Raison pour laquelle, nous nous étions retenus. Aujourd’hui, c’est la même posture après la démonstration de colère que nous avons manifestée le 15 octobre. Nous nous en tenons à ceux qui doivent négocier. Nous pensons que l’Etat a pris suffisamment conscience de son erreur sinon, de sa faute et qu’il est en train de chercher à la corriger. Je ne saurais dire à quel niveau se trouvent les négociations pour la libération de nos collègues, puisque je ne suis pas au secret des négociations.
Seulement, il faut être juste aussi pour dire que dès avant la marche, avec l’arrivée du nouveau ministre, celui-là a pris en charge les deux familles des otages. C’était une première. Au-delà de cette prise en charge, même si c’est codique, vraiment il y a beaucoup de respect et de considération à notre endroit. Cela n’entachera en rien dans notre détermination, mais ce serait juste de le dire.
La Fonction des représentants de l’État
Nous avons deux sortes de devoirs. Un devoir vis-à-vis de l’État et un Devoir vis-à-vis de la Nation. C’est le devoir vis-à-vis de la nation qui a fait que, nous nous sommes trop couchés et nous avons trop avalés des couleuvres. Aujourd’hui, le devoir face à l’État, nous avons pris notre responsabilité. L’État, autant il nous considère, autant on le considéra. Voilà pourquoi, nous serons toujours dans l’excès quand l’État sera dans l’excès. Nous serons dans le zèle quand l’État sera dans le zèle. Après notre marche, la plus grosse satisfaction que la Plateforme d’Action commune a eue, c’est la réception de trois lettres de l’otage Drissa Sanogo, le préfet de Gourma-Rharouss, le 30 octobre, dont une lettre destinée aux syndicats, à sa famille et à ma propre personne. Donc, nous avons de ses nouvelles et nous nous en réjouissons. Nous croyons que c’est un bon premier pas pour aller dans le bon sens. Toutefois, si dans un certain temps, nos otages ne nous reviennent pas, nous allons prendre d’autres dispositions ».

Par SABA BALLO




Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *