Au moment où les groupes terroristes, acculés militairement, tentent de déplacer le front vers la guerre psychologique en diffusant intox et infox sur le sort d’otages entre leurs mains, la parole du ministre de la Défense et des Anciens combattants était attendue. Elle est tombée, ferme, sobre et sans tremblement. En marge de la commémoration du 65ᵉ anniversaire de l’Armée malienne, le Général de Corps d’Armée Sadio Camara a rappelé une ligne rouge intangible : le Mali n’abandonnera jamais ses soldats.
Dans une posture d’officier supérieur maîtrisant à la fois le verbe et le silence stratégique, le ministre Camara a coupé court aux tentatives de manipulation. Il a d’abord placé le débat là où il doit être : l’hommage. Hommage aux soldats tombés au champ d’honneur, dont le sacrifice fonde aujourd’hui la crédibilité retrouvée des Forces armées maliennes. Hommage aussi aux blessés, ces corps meurtris qui portent la trace visible de combats âpres mais nécessaires. Pour Sadio Camara, leurs blessures ne sont ni un accident ni une fatalité : elles sont la preuve du courage, de l’honneur et du sens du devoir.
Lorsque le ministre affirme que décorer ces soldats et partager un repas avec eux ne relève pas du symbole creux mais d’un message politique fort, il réaffirme une rupture majeure avec les pratiques du passé. Désormais, l’État assume publiquement sa dette envers ceux qui se battent pour lui. La reconnaissance n’est plus une rhétorique, elle devient un acte. Et l’acte est clair : le soldat malien n’est plus une variable d’ajustement, il est au cœur du projet national.
Dans la droite ligne du Commandant en chef des armées, le Général d(armée Assimi Goïta, le ministre Sadio Camara a réaffirmé que l’État mettra tout en œuvre pour ramener les absents à la maison, auprès des leurs. Concernant les otages, le ministre a tenu un discours de responsabilité : engagement total pour leur libération, mais refus de la surenchère médiatique. La discrétion, a-t-il souligné, n’est pas un aveu d’impuissance, mais une exigence de sécurité et d’efficacité.
Au-delà des mots, le message est stratégique. En rendant hommage aux martyrs, en soutenant les blessés, en assumant la solidarité avec les familles et en maintenant la pression opérationnelle, les autorités de la Transition consolident le lien armée-nation. Cette cohésion est aujourd’hui l’une des armes les plus redoutables contre le terrorisme.
Enfin, en rappelant l’engagement commun des Forces de défense et de sécurité aux côtés des armées sœurs de la Confédération des États du Sahel, le Général Sadio Camara inscrit la lutte dans une perspective régionale et souveraine. La victoire ne sera ni isolée ni improvisée. Elle sera collective, patiente et portée par un peuple uni. C’est cela, le véritable antidote à la désinformation : la constance, la loyauté et la vérité assumée.