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mardi 9 mars 2021
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Premier Anniversaire de l’Accord de Paix: le message d’optimisme de l’ambassadeur des USA au Mali

Je suis arrivé au Mali comme ambassadeur des Etats-Unis il y a un an, ravi d’arriver juste à temps pour assister à la signature de l’Accord pour la Paix et la Réconciliation au Mali durement acquis. Après les années d’épreuves et de crises qui avaient déchiré les communautés et laissé la nation elle-même en lambeaux, le monde a applaudi l’affirmation du Mali : que les rivalités sociales et les divisions vieilles de plusieurs décennies peuvent être surmontées par le dialogue constructif et le compromis. C’était un moment crucial, historique dans l’histoire du Mali, alors même 
que tous les Maliens étaient persuadés que le travail le plus dur ne faisait que commencer.

Un an plus tard, malgré quelques progrès, une grande partie du travail reste à faire. Les défis ont été considérables : la méfiance continue et la mauvaise communication ont rendu difficile la réalisation de progrès rapide dans la mise en œuvre de l’accord, alors que les extrémistes ont profité de la lenteur pour alimenter l’insécurité croissante, causant d’énormes pertes en vies humaines. S’entendre sur les bases d’une paix durable exige une volonté de prendre des risques et le courage et la confiance de faire des compromis lorsque c’est nécessaire. Même si toutes les attentes ne sont pas encore comblées, il y a de fortes raisons de rester optimiste. L’Entente conclue la semaine dernière suite à un processus consensuel pour l’installation des autorités intérimaires au nord du Mali, conformément à l’accord de paix, nécessitait la compréhension mutuelle, la créativité et le compromis. J’applaudis les efforts des parties de surmonter les difficultés de ces derniers mois ainsi que les gestes effectués ces derniers jours pour indiquer leur engagement continu en faveur de l’accord. On peut s’attendre à beaucoup plus de progrès s’ils peuvent maintenir le même sentiment d’urgence dont ils ont fait preuve au cours de la dernière réunion du Comité de Suivi.

Un an après la signature, les parties maliennes font face à une nouvelle occasion de s’engager dans le difficile travail de l’application de la mise en œuvre de l’accord. Il y a une occasion à nulle autre pareille pour exploiter la dynamique retrouvée de la semaine passée pour faire avancer le processus et définir un calendrier pour les accords. Les retards continus et les impasses ne feront qu’aggraver les souffrances endurées par des milliers de Maliens, y compris les 130.000 vivants dans les camps de réfugiés en attente de rentrer chez eux. Des centaines d’écoles de Ségou à Kidal continuent d’être fermées en raison de l’insécurité persistante. Pour des raisons similaires, des agents du gouvernement et les partenaires internationaux sont incapables d’accéder à de larges pans du pays pour améliorer la fourniture d’eau, d’électricité, la santé et autres services de base. Les ONG qui acheminent l’aide humanitaire ou qui cherchent à aider à construire la réconciliation intercommunautaire sont contraints de repenser leurs opérations dans certaines régions du nord du Mali parce que le banditisme sur les routes et les conflits politiques entre les groupes armés font qu’il est difficile de garantir soit leur sécurité ou la réussite de leurs missions.

Il n’y a plus de temps à perdre. Les principaux éléments de cet accord – les questions politiques et institutionnelles ; de défense et de sécurité ; de développement économique, sociales et culturelles ; et la justice, la réconciliation et les questions humanitaires – tous ces volets doivent s’interconnecter s’ils veulent former le tissu d’une nation unifiée et reconstruite. Cela exige la communication, la coordination, un esprit d’inclusion et, par-dessus tout, la volonté politique. La mise en œuvre de l’Accord est le travail d’une nation, nécessitant l’implication et le soutien de tous. Les enjeux ne peuvent pas être plus élevés et l’échec n’est pas une option.

Il sied parfaitement de célébrer le premier anniversaire de l’Accord de paix pendant le mois de Ramadan. C’est un mois saint qui demande à chacun d’entre nous de démontrer un esprit d’harmonie, d’unité et de compassion. C’est cet esprit qui aidera les Maliens à saisir cette opportunité historique d’apporter une paix durable à ce grand pays. C’est le temps pour les Maliens de se donner la main, de travailler ensemble et d’œuvrer ensemble vers la même vision de paix. Quand je suis arrivé au Mali pour la première fois, j’ai vite appris l’expression, «On est ensemble.» Aujourd’hui, un an plus tard, je reste optimiste que tous les signataires de l’accord continueront de s’efforcer pour honorer cette 
devise.

Bamako, le 23 juin 2016




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