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samedi 19 juin 2021
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Présidence de la transition: Assimi assure et rassure

Le Colonel Assimi GOITA a prêté serment hier pour devenir le deuxième président d’une transition débutée il y a environ 9 mois. En s’installant dans ses nouvelles fonctions, le chef de l’Etat s’est engagé sur les chantiers de la cohésion nationale, l’organisation des élections, la réduction du train de vie de l’Etat, la sécurité, l’application de l’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali, issu du processus d’Alger, le respect des engagements nationaux et internationaux… Mais, point d’annonce trop risquée et politiquement hasardeuse. Décryptage.

Le nouveau président de la Transition, le Colonel Assimi GOITA, le sait, il en a été prévenu autant par le Bâtonnier que par le Procureur général : ses moindres faits et gestes seront scrutés et il sera sur le grill des attentes les plus pressantes qui assaillent nos populations depuis plusieurs années.
Son discours qui était très attendu autant de la communauté nationale qu’internationale devait rassurer et il l’a été à certains égards.
Un des axes majeurs de sa présidence sera l’approfondissement de la cohésion sociale. Le Colonel GOITA a foi qu’en se mettant ensemble, les Maliens réussissent les plus grands challenges. Ce dont notre pays a le plus besoin en ce moment. Les conflits inter-ethniques, instrumentalisés par des mouvements jihadistes, les clivages de plus en plus prononcés au sein de la population rendent indispensable cette cohésion pour surmonter les épreuves rédhibitoires qui nous sont imposées et pour nous engager sur la voie du développement.
La réduction du train de vie de l’État fait partie des chantiers du nouveau Président de la Transition. Pour montrer la voie, il renonce aux 2/3 de son budget, soit environ 1,8 milliard FCFA.
« D’ores et déjà, j’ai décidé d’annuler 2/3 du fonds de souveraineté du Président de la République, soit 1 milliard 800 annuels aux œuvres socio-sanitaire pour faciliter l’accès à l’eau potable et aux soins de santé primaires… ».
Il faut dire qu’il s’agit là d’une recommandation majeure de précédentes assises, dont le Dialogue National Inclusif.
Par contre, le Colonel GOITA est sorti des chausse-trappes en faisant patte de velours sur la question de la lutte contre la corruption sur laquelle le Bâtonnier et le Procureur général ont fortement insisté. Une grossière omission de la part d’un Président qui se donne pour mission de rectifier ; alors que la corruption, la mauvaise gouvernance font partie des plus grosses déviances de notre société
Le nouveau locataire du Palais de Koulouba qui résidait jusque-là dans le fort du camp Soudjata KEITA de Kati ne pouvait passer sous silence la question des élections crédibles, justes et transparentes. Il s’y est formellement engagé.
Cette annonce représente une réponse à une exigence des chefs d’État et de gouvernement réunis en session extraordinaire sur la situation politique au Mali, le 30 mai 2021, à Accra, au Ghana. En effet, ils ont réaffirmé ‘’la nécessité de respecter la période de transition de 18 mois décidée à Accra. Dans ce contexte, la date du 27 février 2022 déjà annoncée pour l’élection présidentielle doit être absolument maintenue. Un mécanisme de suivi sera mis en place à cet effet’’.
La France également devrait y voir un gage de bonne volonté. On se rappelle que le chef de l’État français avait affirmé avoir «passé le message» aux dirigeants d’Afrique de l’Ouest qu’il «ne resterait pas aux côtés d’un pays où il n’y a plus de légitimité démocratique ni de transition». Il mettra partiellement sa menace à exécution en suspendant les opérations conjointes FAMa-Barkhane.

Sur le plan sécuritaire, chaque jour, du drame et de l’anxiété s’ajoutent à la tragédie. Les victimes mortes en 2020 sont de 1 004 civils et 340 militaires, selon des sources officielles qui signalent 273 incidents civils et 119 incidents militaires. Pour l’année en cours, chaque jour apporte son lot de victimes civiles et militaires.
C’est pourquoi tout en félicitant les Forces de défense et de sécurité pour leur sacrifice et en les invitant à la détermination, il s’est engagé : « l’Etat dans la limite de ses moyens fournira les ressources nécessaires à l’accomplissement de leur mission ».

L’apaisement du climat social indispensable pour la réussite de la mission, l’amélioration des conditions de vie des Maliens, un dialogue franc et sincère avec l’ensemble des syndicats pour une résolution durable de la crise actuelle un autre chantier auquel le Colonel Assimi GOITA compte s’attaquer très rapidement. Il faut dire que la cocotte-minute était au bord de l’explosion avec l’Union nationale des travailleurs du Mali (UNTM) qui s’acheminait inexorablement vers une grève illimitée.

« Je voudrais en votre nom rassurer les organisations sous régionales, régionales et la communauté internationale, en général, que le Mali pourra honorer l’ensemble de ses engagements pour et dans l’intérêt supérieur de la nation », a annoncé le chef de la Transition vis-à-vis duquel les organisations communautaires et la communauté internationale sont très critiques, particulièrement après la démission du Président Bah N’DAW et du Premier ministre Moctar OUANE.
Dernier chantier et non des moindres, celui de la mise en œuvre de l’Accord. Le Colonel Assimi GOITA a promis de continuer le travail entamé dans la mise en œuvre intelligente et efficiente de l’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali issu du processus d’Alger. Il trouve un savant dosage entre les partisans de l’application intégrale de l’APR et les réformistes qui croient que certaines de ses dispositions sont à revoir.

PAR BERTIN DAKOUO




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