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lundi 1 mars 2021
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Prétendu tentative de déstabilisation de la transition: les avocats de Boubou dénoncent un procès politique

Le collectif des avocats des personnes suspectées de tentative de déstabilisation de la transition par «coup d’État» (l’ancien Premier ministre, Boubou CISSE et coaccusés) était face à la presse, ce 8 janvier 2021, à la Maison de la presse. L’objectif de cette sortie médiatique était de donner des éclairages sur cette affaire dite « de tentative de déstabilisation de la transition » qui défraie la chronique, ces derniers temps dans notre pays.

Cette conférence de presse était animée par l’ancien bâtonnier, Me Kassoum TAPO, ancien ministre ; qui avait à ses côtés deux avocats français ainsi que d’autres éminents avocats du barreau malien. De l’avis des avocats, aucun élément contenu dans le dossier du procureur ne justifie la thèse du complot contre l’État. Aussi, ils ont dénoncé le fait que la procédure était fondée sur un rapport des services secrets auquel ils n’ont pas accès.
Face à ce constat, les avocats ont dénoncé un dossier scandaleux et absurde et une violation des droits de leurs clients garantis par l’article 10 de la Constitutions du Mali.
Dans cette affaire, l’ancien PM Boubou CISSE, fait partie des 7 personnalités civiles mises en cause en fin décembre par la justice comme étant les protagonistes d’une « entreprise de déstabilisation » des autorités de la transition.

Pour le parquet, il s’agirait d’une manière de discréditer les autorités et de semer le trouble jusqu’à la chute du gouvernement.
À la suite de cette affaire, 5 de ces personnalités ont été écrouées, mais Boubou Cissé, lui, « est resté introuvable », avait indiqué le parquet.
Une version rejetée par ses avocats, qui indiquent que Boubou Cissé n’est pas en fuite, mais « en lieu sûr », à Bamako.
Dans son réquisitoire, le procureur invoque des réunions clandestines, une propagande « subversive » à laquelle se serait prêté un animateur radio populaire surnommé « Ras Bath », un effort pour lever 200 millions de francs CFA qui auraient servi par exemple à instrumentaliser des syndicats, mais aussi des sacrifices rituels et des consultations occultes auprès de marabouts importants, dit la même source proche de l’enquête.
Pour Me TAPO, il n’y a aucun « élément probant » montrant la mobilisation des fonds incriminés pour financer des organisations syndicales et associatives en vue de déstabiliser la transition.
Dans son intervention, l’ancien bâtonnier, Me Kassoum TAPO, indique clairement que « toutes les personnes arrêtées n’ont jamais tenu une réunion secrète autour du Premier ministre Dr Boubou Cissé.
D’après lui, après 52 jours de détention au camp de Kati, suite au coup d’État 18 août, l’ancien chef de cabinet Sékou TRAORE est allé rendre visite à Boubou CISSE, une seule fois, parce qu’il fut son collaborateur.
Certaines personnes pensent que c’est à cause de cette visite qu’il est reproché à Sékou TRAORE, alors secrétaire général de la présidence, d’avoir lui aussi mené des actes de sabotage. De même, on lui reproche d’avoir consulté à Ségou, Lassana KANE, un puissant marabout et introduit au Palais de la viande des sacrifices.
«Ce marabout qu’on pense être mêlé à ce fameux coup d’État est l’oncle de Sékou Traoré. Est-ce qu’il est interdit d’aller voir son oncle », s’est interrogé Me Kassoum TAPO.
D’ailleurs, il est convaincu que c’est une chasse aux postes qui ne dit pas son nom.
« Vous avez vu qu’ils ont abrogé le décret de nomination de Sékou TRAORE à la Présidence. Donc, demain ne soyez pas surpris de voir d’autres personnes nommées à la place de nos clients », ajoute Me TAPO.
Me Kassoum TAPO estime que son client Boubou Cissé et ses coaccusés sont victimes d’un procès politique.
«Depuis quand avoir des ambitions présidentielles est un crime ou un délit dans une démocratie », se demande toujours le bâtonnier. Avant d’ajouter que dans un dossier pareil, on aurait dû mettre ces personnes arrêtées en liberté, mais sous contrôle judiciaire.
«Aucun indice ne prouve qu’on doit émettre un mandat de dépôt contre elles », déplore l’avocat.
Pour lui, le procureur s’est laissé instrumentaliser par la sécurité d’État dans cette affaire.
« Les gendarmes n’ont mené aucune enquête préliminaire. Ils se sont contentés du rapport de la sécurité d’État », conclut Me TAPO.
«Ce dossier de tentative de déstabilisation est scandaleux et de toute ma carrière, je n’ai jamais vu ça, il n’y a rien pour engager des poursuites », s’est insurgé Me Marcel CECCALDI, avocat au barreau français.
Parmi les autres coaccusés, il y a : Vital Robert Diop, directeur général de la société PMU-Mali, Aguibou Macky TALL, directeur général adjoint de l’Agence de gestion du fonds d’accès universel, Souleymane KANSAYE, receveur général au Trésor, Ras Bath, chroniqueur et animateur radio.

Par Abdoulaye OUATTARA




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