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mercredi 3 mars 2021
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Processus de paix et de réconciliation: nouvelle menace d’Iyad

Elle n’est ni datée, ni localisée, mais la nouvelle vidéo dans laquelle le chef du groupe terroriste, Iyad Ag Ghaly, apparait et dont s’est procurée RFI et AFP, montre des scènes récentes de manifestations à Kidal, à travers laquelle il menace le Mali pour avoir autorisé la présence sur son sol des forces militaires étrangères. Une apparition du chef terroriste qui coïncide avec une phase cruciale du processus de paix en cours…

C’est une surprise, comme il en a coutume : au moment où les rumeurs de sa mort font échos dans plusieurs pays, dont le nôtre, le chef du groupe terroriste Ançar Dine, Iyad Ag Ghaly, signe une nouvelle apparition, dans une vidéo, dont RFI et AFP se sont procuré des éléments sonores, à travers desquels l’on voit de récentes manifestations se dérouler à Kidal. L’effet de surprise sur cette apparition est également un mode utilisé par ce chef terroriste, ayant fait allégeance à l’État islamique, d’exceller dans la mystification outrancière. Il s’exprime à la fois en arabe et en tamachek pour viser un large public dans ses diatribes contre les autorités maliennes, accusées d’avoir autorisé sur leur sol la présence des troupes militaires étrangères, elles-mêmes accusées de vouloir se comporter sur un territoire conquis. Quand le leader d’Ançar Dine revient sur les récentes manifestations de foule à Kidal contre les forces étrangères, en avril dernier, au cours desquelles au moins deux civils avaient été tués, c’est bien un moyen, pour lui, de régenter l’actualité brûlante et d’en profiter pour féliciter, sur un ton guerrier dont il est familier, les manifestants de Kidal, présentés, sous son prisme, comme des combattants de la bonne cause.
Comme à ses habitudes, sur la nouvelle vidéo, il s’attaque à la France, à la Minusma, qualifiées de forces d’occupation au Mali. Dans ses diatribes, le leader d’Ancardine est toujours sur le même registre guerrier, appelant à la guerre sainte contre la France, dont l’intervention, en janvier 2012, a permis de libérer le Mali du joug des terroristes. Plusieurs observateurs s’accordent à dire que cette nouvelle apparition du chef terroriste est opportune, parce qu’elle lui permet, après une longue période d’absence ou de silence (depuis plus de 22 mois), de montrer qu’il est toujours en vie. Et cela, après des rumeurs sur sa mort qui ont circulé, ces derniers mois, dans des médias locaux et même internationaux. En tout cas, c’est ce qu’a déclaré à l’AFP l’un des spécialistes de la surveillance des groupes jihadistes. Iyad Ag Ghaly, qui a déclaré à plusieurs reprises être contre l’accord de paix au Mali, n’est pas apparu en public, depuis de longs moments, en raison de la traque contre les groupes terroristes qui se généralise dans le sahel et qui mobilise à la fois les forces Barkhane et les troupes militaires de plusieurs pays de la sous-région. C’est donc un geste de désespoir, pour un homme traqué, de tous les côtés, et qui ne bénéficie que des moyens de propagande outrancière pour se donner une nouvelle cure d’existence.
Traqué par les forces françaises Barkhane, qui ont déjà réussi à neutraliser plusieurs de ses lieutenants, Iyad Ag Ghaly apparait aujourd’hui comme un homme isolé, coupé des siens, et qui aura du mal à se donner un air d’émir dans un contexte de lutte généralisée contre le terrorisme. N’ayant pas été aperçu au Mali, Iyad Ag Ghaly, originaire de Kidal, chef rebelle touareg dans les années 1990, a été inscrit (avec son groupe) sur la liste noire des Américains, parmi les des organisations terroristes pour ses liens avec Aqmi et plus récemment avec l’État islamique.

par Sékouba Samaké




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