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dimanche 7 mars 2021
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Promotion de la planification familiale: ne pas confondre aspacement et limitation des naissances

Dans le cadre de l’intensification des activités de la 12e édition de la campagne nationale en faveur de la Planification familiale, se déroulant du 9 avril au 13 mai 2016, dont le thème est : « L’engament constructif des leaders et des décideurs en faveur de la Planification familiale pour une jeunesse épanouie et un développement durable », le ministère de la Santé, à travers la direction nationale de la Santé a animé, samedi dernier, dans ses locaux, une conférence de presse focalisée sur un partage de messages à intérêt médiatique sur la planification familiale au Mali.

La conférence était animée par le Dr Marguerite DEMBELE, représentant le directeur national de la Santé. Elle a avait à ses côtés plusieurs partenaires du ministère en matière de promotion de la planification familiale (USAID, UNICEF, OMS, UNFPA, etc.)
La conférencière rappelle que la planification familiale est l’ensemble des mesures prises par un individu ou un couple afin d’avoir le nombre d’enfants qu’il veut et de choisir le moment auquel il veut avoir tout en espaçant les grossesses d’au moins 2 ans.
Aussi, a-t-elle précisé, la planification familiale aide à éviter les grossesses à haut risque, car certaines grossesses sont dangereuses pour les mères et leurs enfants.
Par ailleurs, a fait savoir le Dr Marguerite DEMBELE, la planification familiale contribue au bien-être de la communauté et des familles. Son adoption généralisée peut influer sur le rythme de développement national, à travers le dividende démographique.
Les messages à intérêt médiatique sur la planification familiale s’articulent autour de 7 thèmes, à savoir : la planification familiale sauve des vies ; réduis le nombre d’avortements ; aide à prévenir le VIH/Sida ; responsabilise les femmes ; réduis le nombre de grossesses ainsi que les infections sexuellement transmissibles chez les adolescents/jeunes ; améliore la nutrition, la santé, la situation économique des familles et l’éducation des enfants ; et enfin la PF est sûre.
En réponse à certains préjugés contre la planification familiale, la conférencière est formelle :
« Les méthodes contraceptives n’ont pas de conséquences sur la santé, mais elles peuvent avoir des effets secondaires. Cependant, les effets secondaires sont plutôt rares et peuvent être gérés rapidement. Les méthodes de contraception ne rendent pas stériles, mais le retour à la fécondité est plus ou moins rapide, selon les méthodes ».
Notons que le Mali s’est activement engagé dans un processus de repositionnement de la planification familiale depuis 2005 en vue de répondre de façon satisfaisante et novatrice aux énormes besoins non satisfaits en la matière. Cependant, malgré les efforts consentis et les ressources mobilisées, les résultats obtenus en matière de planification familiale au Mali sont en deçà des attentes.
Le taux de prévalence contraceptive dans notre pays est d’environ 10 % seulement. L’indice synthétique de fécondité est resté presque stable cette dernière décennie (6,1 enfants par femme). Et que les besoins non satisfaits en planification familiale sont passés de 31 % à 26 %.
Les facteurs culturels, les fausses rumeurs, la non-disponibilité de façon constante par endroit des produits contraceptifs, et aussi le coût élevé des méthodes de contraception, particulièrement celles de longue durée, en sont pour beaucoup dans la non-satisfaction des besoins de Planification familiale.
Comme solution, elle propose de rendre les produits disponibles à l’ensemble des populations à des coûts abordables. Pour ce faire, elle appelle l’État malien à envisager de subventionner une partie des coûts d’accès aux produits surtout en faveur des couches défavorisées.
Malgré les efforts fournis, la mortalité maternelle reste élevée dans notre pays qui enregistre 368 décès maternels pour 100 000 naissances. De même, chaque année au Mali environ 2 400 femmes meurent des complications de la grossesse et de l’accouchement. De même des milliers de femmes et de filles souffrent de complications comme la fistule.
Ces résultats nous interpellent tous à entreprendre des stratégies et des actions les plus pertinentes pour inverser cette tendance. Particulièrement, les jeunes couples qui doivent comprendre que la planification familiale leur assure l’harmonie et une bonne santé.
En tout cas, au regard des progrès scientifiques, aucune femme ne doit plus perdre la vie en donnant la vie.

Par Sékou CAMARA




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