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samedi 23 octobre 2021
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Prorogation du délai de la transition: la musculation du Cadre d’échanges

Les jeunes du Cadre d’échanges des partis politiques pour une transition réussie ont tenu, le vendredi dernier, un meeting pour lancer leurs activités de protestation contre la démarche des nouvelles autorités. Déjà, ils envisagent de nombreuses manifestations à Bamako d’ici à la fin du mois, dont un grand regroupement au Boulevard de l’indépendance.

DeS centaines de jeunes, à l’appel du bureau des jeunes du Cadre d’échanges, ont pris d’assaut Muso Kunda.
L’objectif de la mobilisation qui donne le ton d’une série de d’autres est de soutenir le directoire du regroupement politique et à son mot d’ordre consigné dans un mémorandum remis aux autorités de la Transition.
Cette activité politique s’est déroulée sous la houlette du ministre Amadou KOITA en lieu et place de Housseini Amion GUINDO, le président de la présidence tournante du Cadre d’échanges.
Outre le respect du délai imparti, les signataires de ce mémorandum, consacrant désormais leur divorce avec la transition, rejettent la tenue des Assises nationales de la refondation assimilables à une rencontre de trop et la création de l’Organe unique de gestion des élections, dont le format proposé par le gouvernement ne les convainc pas.
Malgré leur observation, ils estiment que le gouvernement est dans la logique de tenir son agenda dont le dessous est d’obtenir la prorogation du délai de la Transition. D’où, affirment les jeunes du Cadre, le sens de leur mobilisation du jour et qui va se poursuivre.
Ce meeting est « le top départ d’une série d’activités visant à défendre par tous les moyens notre mémorandum établi le 24 août 2021 », a indiqué le président des jeunes du Cadre d’échanges, Demba COULIBALY.
Cette mobilisation sera suivie, annoncent ses organisateurs, de plusieurs autres dans les communes du district de Bamako, des manifestations au Palais de la culture et au boulevard de l’indépendance contre ‘’le projet de report des élections’’, une violation des engagements pris par Assimi GOITA.
« Nous allons aussi montrer que nous avons les muscles. Nous sommes dans un pays où il faut montrer ses muscles pour se faire comprendre et écouter », a ajouté le jeune Alassane Abba TOURE.
Pour lui, le projet du nouveau Mali tant clamé ne peut pas se réaliser tant que les autorités n’honorent pas leur engagement, leur parole d’honneur. A cet effet, les autorités de la Transition doivent donner le bon exemple en respectant leur engagement pris dans la Charte de la Transition.
Pour le jeune TOURE, les 18 mois impartis à la transition ne doivent souffrir d’aucune malice politicienne.
Mais déjà, selon le Premier ministre, Choguel MAÏGA, le délai risque d’être prorogé. En effet, depuis New York, en marge de la 76e assemblée générale des Nations unies, le Premier ministre malien, au cours d’une interview accordée à nos confrères de RFI et de France 24, a évoqué un possible report des élections de quelques semaines. Ce schéma, selon le président des jeunes, est le signe avant-coureur d’un éventuel échec de la transition contre lequel il met en garde le président Assimi GOITA.
« Nous, jeunes du cadre, affirmons notre accompagnement du président Assimi GOITA dans la réussite de la transition en lui conseillant de sortir par la grande porte en respectant le délai de la transition », a conseillé M. COULIBALY qui appelle le président de la transition au discernement en faisant attention à « la voix des sirènes ».
Il est convaincu que ceux qui sont en train d’encourager Assimi GOITA à violer les textes seront les premiers à l’abandonner en cas de problème.
Les responsables du directoire du Cadre d’échanges des partis politiques pour une transition réussie présents au meeting ont tous encouragé cette activité des jeunes et témoigné de les accompagner pour les prochaines mobilisations annoncées.
‘‘ La direction du Cadre d’échanges vous soutient et ces mobilisations consistent à dire halte à la transition pour ne pas lancer le pays dans une aventure », a ajouté le secrétaire général de la CODEM, Abba Hassane.
Puis, il charge le Premier ministre : « On peut conquérir le pouvoir par la ruse, mais on ne peut gouverner par la ruse ».
Plus que le lancement d’une série d’activités, pour l’ancien ministre Amadou KOITA, c’est le début d’une nouvelle page d’histoire qui est en train de s’écrire pour défendre la démocratie, le Mali contre la confiscation du pouvoir acquis dans la rue.
« Nous ne sommes pas contre la transition, mais nous sommes contre la prise du pouvoir par la rue et dans la rue. Ils veulent profiter de leur position pour confisquer le pouvoir », a précisé Amadou KOITA également président du parti PS Yelen Kura.
Aussi, au cours de cette rentrée politique, les organisateurs ont exprimé leur solidarité à l’endroit des personnalités politiques arrêtées par le Pôle économique et financier dans le cadre de la croisade engagée contre la corruption par le gouvernement dans l’affaire dite de l’acquisition de matériels militaires.
En plus du portrait géant de l’ancien Premier ministre, Soumeylou Boubèye MAÏGA affiché dans la salle, certains tenaient également des pancartes sur lesquelles on pouvait lire : « Libérez les détenus politiques », « Non à l’instrumentalisation de la justice ».
Si ces acteurs politiques affirment ne pas être contre la lutte contre la corruption, ils estiment en revanche que l’action judiciaire en cours dans l’affaire de l’avion présidentiel et des équipements militaires s’inscrit dans une démarche d’intimidation.
« La lutte contre la corruption doit être menée, mais nous sommes contre une justice à géométrie variable et à son instrumentalisation à d’autres fins. Ce que l’on constate nous fait peur. Et on s’en soucie », a déploré M. KOITA.
Sur le sujet, le président des jeunes du Cadre a aussi affirmé qu’ils sont pour la justice, car personne n’est au-dessous de la loi, mais une justice basée sur le droit et non une justice des vainqueurs.
« Nous lançons un appel aux autorités afin qu’elles fassent preuve de retenue, de tout faire pour diligenter les dossiers de nos détenus afin qu’ils recouvrent leur liberté », a-t-il ajouté.
Par ailleurs, ils sont unanimes que l’alibi de l’insécurité pour renoncer à la tenue des élections en février prochain ne tient plus alors que le gouvernement prévoit les phases locales des Assises nationales de la refondation sur l’ensemble du territoire national.
« S’ils (les responsables de la transition) sont en mesure de tenir ces assises partout au Mali, qu’est-ce qui les empêcherait de tenir les élections conformément à l’agenda dégagé », a déclaré M. KOITA.

PAR SIKOU BAH




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