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mardi 18 mai 2021
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Protection des déplacés internes et réfugiés au Mali: les Hommes de droit outillés

La Fondation Friedrich Naumann pour la liberté, en collaboration avec l’Observation internationale de la démocratie et de la gestion des crises et conflits (OIDEC), organise un atelier de renforcement de capacités des juges sur le Système de protection des déplacés internes et réfugiés au Mali.

La cérémonie d’ouverture de cet atelier de trois jours s’est déroulée, hier mardi 19 avril, au grand hôtel. C’était sous la présidence du secrétaire général du ministère de la Justice, des droits de l’homme, garde des Sceaux, Moumine GUINDO. Il avait à ses côtés le représentant de la Fondation Friedrich Naumann pour la liberté, Mohamadou Lamine CISSE ; le directeur national des affaires judiciaires et du sceau, Christian DIASSANA et la présidente de la CNDH, Me Kadidia SANGARE COULIBALY.
L’engagement de la Fondation Naumann en faveur des couches vulnérables
Depuis trois ans maintenant, la Fondation Friedrich Naumann appuie et accompagne notre pays, à travers des fonds spéciaux pour la stabilisation du pays. Ce, à travers des activités de renforcement des capacités, des voyages d’études et des plaidoyers et lobbying de haut niveau.
Dans ses mots introductifs, le représentant de la Fondation Friedrich Naumann pour la liberté, Mohamadou Lamine CISSE, a déploré le fait que malgré la centralité qu’occupe le droit des déplacés dans les politiques internationales et régionales, l’investissement et la contribution des organisations non gouvernementales, restent très faible et se retrouvent de plus en plus dans des situations de précarité et de risque qui exigent de la part de la communauté nationale et internationale des réponses appropriées et plus d’actions concertées et durables pour l’instauration des notions respectant les droits des personnes déplacées et de leurs biens.
Pour M. CISSE, la pertinence de cet atelier se justifie par la nécessité de renforcer les capacités des hauts cadres de la justice chargés de dire le droit. Il soutient qu’il est nécessaire de faire place aux perspectives communautaires de la gouvernance en Afrique pour le règlement des conflits à travers la justice communautaire.
« Les chefs locaux traditionnels, dépositaires de la culture africaine populaire, doivent recevoir du gouvernement le droit de jouer un rôle dans la vie sociétale. Leurs obligations et leurs fonctions doivent être reconnues et transformées en un degré supérieur dans la vie de la nation », a soutenu le représentant de la Fondation Friedrich Naumann pour la liberté.
Par ailleurs, a-t-il insisté à dire que nous devons tous nous impliquer pour prévenir les violations des droits des déplacés en respectant et en protégeant ces couches fragiles de la population. M. CISSE estime que respecter les droits de l’homme signifie que les États évitent d’intervenir ou d’entraver l’exercice des droits de l’homme. Et que protéger signifie que les États doivent protéger les individus et les groupes contre les violations des droits de l’homme. Tandis qu’instaurer implique que les États prennent des mesures positives pour faciliter l’exercice des droits fondamentaux de l’homme.
Resocialisation des déplacés internes et externes
Le secrétaire général du ministère de la Justice, des droits de l’homme, garde des Sceaux, Moumine GUINDO, a félicité la Fondation Friedrich Naumann pour la liberté pour cette initiative qui, selon lui, contribue à la resocialisation des déplacés internes et externes maliens en voie de retour.
Il a rappelé que le conflit ayant affecté les régions du nord de notre pays a entrainé le déplacement massif de plus de 517 000 personnes incluant 645 125 personnes déplacées internes à la date du 12 septembre 2015 et 302 251 compatriotes qui se sont réfugiés dans des pays voisins à la date du 6 octobre 2015. M. GUINDO a fait savoir que le nombre de populations déplacées à l’intérieur du pays était estimé à 18 737 ménages pour 102 343 individus en juin 2015.
Le secrétaire général du département de la Justice a indiqué que ces mouvements ont eu une conséquence désastreuse sur les populations en général et sur les enfants en particulier, dont beaucoup ont subi des violations de droits comme le droit à l’éducation, le droit à des soins de santé adéquats et le droit à une alimentation de qualité.
C’est pourquoi M. GUINDO a souhaité que cet atelier soit sanctionné par des conclusions et recommandations de nature à redonner aux populations des raisons de croire à une véritable paix et une réconciliation basée sur la confiance et la communauté de vie.
Durant les trois jours de l’atelier, les participants, composés de procureurs de la République des juridictions du district de Bamako ; de présidents de tribunal des juridictions de Bamako ; d’avocats généraux près la Cour suprême et près la Cour d’appel de Bamako, des juges aux parquets, du siège et juges d’instruction, échangeront sur les dispositions idoines contenus dans les lois et dispositions règlementaires de notre pays.
Aussi, l’atelier sera l’occasion pour les hommes de droit de s’approprier l’ensemble des actes qui fragilisent les déplacés et réfugiés et qui sont condamnables tout en améliorant leurs connaissances sur les instruments juridiques internationaux de protection des couches vulnérables. L’objectif recherché étant d’outiller les juges pour qu’ils puissent mieux contribuer à l’atténuation des souffrances dues à l’exclusion, à la marginalisation et l’injustice des populations déplacées et des réfugiés vivant dans notre pays.
Les thèmes qui seront débattus sont entre autres : des dispositions nationales, régionales et internationales en matière de protection des déplacées et réfugiés ; la protection des couches vulnérables défavorisées ; les méthodes de restitution et de suivi évaluation des connaissances acquises dans les juridictions ; dialogue, réconciliation, cohésion sociale et recommandations d’élargissement de l’action envers les hauts cadres de la justice et de la sécurité.

PAR MODIBO KONE




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