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samedi 21 octobre 2017
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Rapport d’audit de l’acquisition de l’avion et des équipements militaires: le FMI revient à la charge

Pressions inamicales et paternaliste ou simple exigence du respect des engagements souscrits ? Ultimatum ou mis à l’épreuve ? Au regard du peu d’empressement font fait preuve le gouvernement dans la mise en oeuvre de ce qu’il a été souverainement convenu avec le Fonds monétaire international (FMI), lors de sa dernière mission en septembre et deadline arrêté pour ce faire qui s’approche au galop, le coeur forcement bat la chamade. Les déclarations du représentant du Fmi ne font que rajouter à un climat tendu de suspicion quant à la volonté du gouvernement de respecter les règles du jeu de la transparence auxquelles il a adhéré, sans jauger, peut être, les conséquences sur sa crédibilité.

A l’appel de ICMA (Initiative pour le Changement au Mali et en Afrique), une conférence de presse s’est tenue ce samedi, à la Maison de la Presse, sous le thème : «Echanges Citoyens sur les Rapports des Récents Audits Conduits par la Cour Suprême et le Bureau du Vérificateur Général», avec comme principal conférencier Monsieur Anton Op de Beke, Représentant Résident du Fonds Monétaire International (FMI) au Mali.

Pour l’Initiative pour le changement au Mali et en Afrique (ICMA), tous ceux qui sont impliqués dans les malversations concernant l’achat de l’avion présidentiel et des équipements militaires doivent démissionner et l’Etat doit procéder à l’audit de tous les autres ministères pour plus de transparence dans la gestion des affaires publiques. L’Association présidée par Mme TRAORE Coumba BAH entend s’investir pour exiger plus de transparence dans la conduite de la gouvernance par la mise en place de comités de veille et suivi qui, au besoin, initieront des actions populaires et se porteront partie civile.

Le sujet bien introduit faisait une large part aux différentes affaires qui ont émaillé la première année de mandat du Président IBK notamment celles relatives à l’acquisition par l’Etat malien au profit du Ministère de la Défense d’un avion présidentiel et divers équipements militaires.

Campant la polémique dans son contexte, M. Anton Op Beke a tenu à faire un bref survol des relations qui lient son institution à notre pays singulièrement dans le cadre du programme FEC (Facilité élargie de crédit). Adorant les sujets de préoccupation nationale, le représentant du FMI a pris le temps de bien expliquer les tenants et les aboutissants des marchés de l’avion présidentiel et des matériels militaires objets du litige entre le gouvernement malien et le FMI.

Pour Anton Op Beke, les divergences entre son institution et le Mali ne tiennent pas à l’opportunité ou même au bien fondé de ces acquisitions. Il n’appartient pas en effet au FMI d’apprécier une décision souveraine d’un Etat souverain ; en d’autres termes, il ne revient pas à Breton Woods de dire ou de juger si le Mali avait droit ou avait raison de se taper un avion présidentiel ou non, encore moins d’acheter des équipements pour ses soldats.

Le problème du FMI avec le Mali, à écouter son représentant Anton Op Beke, est de deux ordres : les dépenses engagées n’ont pas respecté l’orthodoxie budgétaire, d’une part, et elles jurent avec les règles de la transparence, d’autre part. Or, en ces deux matières, tente d’expliquer M. Anton Op Beke, le FMI est au plan international, le gendarme de la moralité des engagements financiers des Etats notamment sous ajustement. Parce la vocation du FMI est de donner des avis, et ses avis servent généralement de boussole et de garantie pour les partenaires techniques et financiers.

Pour le cas du Mali, le représentant du FMI estime que c’est un subterfuge que de recourir au secret défense (article 8 du Code des Marchés Publics)  pour passer de gré à gré des marchés d’un total de 135 milliards de francs CFA dont un marché de 69 milliards pour des équipements militaires accordé à Guo-Star et d’autres marchés, parmi lesquels l’avion présidentiel, accordés à d’autres personnes pour un montant total de 66 milliards de nos francs.

En égrainant les irrégularités et les manquements au l’actif du Gouvernement dans le cadre de ces deux affaires, M. Anton Op Beke trouve inapproprié de mettre le nouveau Boeing 737 au compte de l’armée alors que généralement la question de l’avion présidentiel relève du domaine de l’aviation civile. Il a aussi fustigé le fait que dans l’exécution des marchés la morale financière n’ait pas toujours été observée comme par exemple lorsqu’un fournisseur va acheter une paire de chaussettes en Chine à 1500 F CFA pour venir la vendre au Ministère de la défense à plus de 10 000 F CFA.

C’est pourquoi, a-t-il dit, le FMI a demandé et obtenu du Mali que soient réalisés des audits sur ces acquisitions autour desquelles il y a beaucoup de suspicions légitimes. Ces audits faits par la Cour suprême et le Bureau du vérificateur général viennent d’établir, comme chacun le sait, de nombreuses irrégularités, abus, détournements, malversations sur plusieurs dizaines de milliards.

Par Bertin DAKOUO

 




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