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dimanche 9 mai 2021
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Réformes: les 4 axes de la CEPE

La révision de la Constitution du 25 Février 1992, les réformes politiques et électorales, la relecture de l’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali issu du processus d’Alger, la réorganisation territoriale sont les 4 principaux axes d’intervention de la Charte d’Engagement Public pour l’Emergence (CEPE) qui a présenté, mardi dernier, dans un hôtel de la place, son document de contribution aux réformes sous l’angle de la participation citoyenne et des priorités des jeunes, des femmes et des personnes vivant avec un handicap. C’était à la faveur d’une conférence de presse.

Composée de 4 organisations de la société civile, à savoir le Cercle de réflexion et d’information pour la consolidation de la démocratie au Mali (CRI-2002), l’Association de développement des femmes pour un Mali inclusif (ADEFIM), le Réseau des jeunes actifs (RJA), la Fédération malienne des associations de personnes handicapées (FEMAPH), la CEPE mène depuis 2018 une campagne coordonnée d’éducation civique et électorale sur l’ensemble du territoire à travers le Programme EMERGE. Ledit Programme de 4 ans (2020-2024) accompagne les processus électoraux, les efforts de réformes et gouvernance au Mali.
Dans ses propos liminaires, la présidente de la FEMAPH, DJIKINE Hatouma GAKOU, a évoqué les concertations nationales au terme desquelles une Charte qui consacre des missions à la Transition a été adoptée : le rétablissement et le renforcement de la sécurité sur l’ensemble du territoire national ; le redressement de l’État et la création des conditions de base pour sa refondation ; la promotion de la bonne gouvernance ; la refonte du système éducatif ; l’adoption d’un pacte de stabilité sociale ; le lancement du chantier des réformes. C’est dans le cadre de la mise en œuvre de ces missions que la CEPE a élaboré un document en 4 axes, a-t-elle justifié.
Le président de CRI-2002, Contact national de Transpency international, Dr Abdoulaye SALL, également président de la CEPE, a expliqué que le portage du plaidoyer que les organisations de la société civile s’apprêtent à lancer autour de 4 axes s’enracine dans le Dialogue national inclusif (DNI) qui a regroupé l’ensemble des forces vives du pays, mais également dans les concertations nationales des 10, 11, 12 septembre 2020 ; donc dans une forte demande des Maliens.
Pourquoi une révision constitutionnelle ? Il répond parce que la Constitution est un instrument politique, en ce qu’elle n’est adoptée qu’au terme d’un référendum qui est un vote du oui ou du non ; mais également parce que la démocratie a deux enfants, à savoir les partis politiques qui concourent à l’expression du suffrage et les élections.
La constitution est un instrument juridique qui détermine les 3 pouvoirs (Exécutif, Législatif et Judiciaire) et leurs prérogatives.
La Constitution est un instrument économique, parce que le 1er acte que pose l’Assemblée nationale est le vote du budget d’État qui repose sur les ressources.
Elle est aussi sociale par son inclusivité, environnementale et culturelle par les missions qui y sont confiées au Haut conseil des collectivités.
Pour l’impératif de réviser, le Dr SALL a rappelé que du Président Alpha au Président IBK toutes les tentatives se sont soldées par un échec. Pourtant, argumente-t-il, cela fera bientôt 30 ans que nous avons la même loi fondamentale qui a montré ses limites. « Il faut faire la révision constitutionnelle maintenant. Toutes les grandes réformes se font pendant les périodes transitoires pour éviter les calculs politiciens » a-t-il plaidé.
Pour ce qui est de la communication sociale de la CEPE, a fait savoir son président, elle s’articule autour de 3 axes : Fasoko/Mali ko (l’intérêt supérieur du pays) ; yere ko (l’intérêt de l’individu vivant dans une communauté) ; donko (la connaissance).
L’on apprend que plusieurs enjeux et défis ont justifié la rédaction de ce document : sécuritaires ; politiques (faible taux de participation aux élections, déficit d’éducation civique et électorale…), de gouvernance (faible prise en compte des prescriptions du Protocole A/SP1/12/01 du 21 décembre 2001 de la CEDEAO sur la démocratie et la bonne gouvernance ainsi que des dispositions de la Charte africaine de la démocratie, des élections et de la gouvernance du 30 janvier 2007 de l’UA), institutionnels (lenteurs pour doter le Mali d’organes de transition afin de combler le vide constitutionnel et institutionnel dans la conduite des affaires publiques).

PAR BERTIN DAKOUO




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