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samedi 6 mars 2021
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Relations Mali-FMI: les raisons d’une marque de confiance

Le conseil d’administration du Fonds monétaire international a approuvé le mercredi 8 juin dernier, à Washington, un décaissement de 19 millions de DTS (environ 26, 9 millions dollars) en faveur du Mali. L’annonce a été faite par l’institution multilatérale dans un communiqué rendu public la semaine dernière. Les raisons de cette confiance de l’institution financière internationale étaient, mardi dernier, au cœur des échanges entre les journalistes et des techniciens du ministère de l’Économie et des finances dans les locaux dudit département, à l’ACI2000.

Cette conférence était animée par Birama BOCOUM, conseiller technique chargé des questions macroéconomies au ministère des finances. Il avait à ses côtés, le représentant résident du FMI au Mali, le Pr Abdoulaye TALL, accompagné de son conseiller économique, Bakary TRAORE. On y notait également la présence du secrétaire général du ministère des finances, Robert DIARRA.
Le conférencier a rappelé que le Conseil d’administration du Fonds monétaire international (FMI) avait conclu la cinquième revue de la performance du Mali. De cette rencontre, il ressort que les autorités maliennes continuent de faire des progrès dans la mise en œuvre de leur programme économique de notre pays. L’un des résultats de cette performance est une croissance robuste et une faiblesse remarquable de l’inflation, même si les conditions en matière de sécurité continuent de poser des difficultés : en sommes, 6 % de croissance en 2015.
Le Mali, a indiqué le conférencier, a répondu aux critères du FMI dans le cadre des programmes économiques soutenus par un accord au titre des facilités élargies de crédit (FEC).
Dans son exposé liminaire, Birama BOCOUM a souligné que c’est un programme économique et financier du Mali qui était soutenu par le FMI, à travers un accord signé en décembre 2015. Cette revue consiste à se réunir deux fois par an avec le FMI autour des programmes et le fonds soutient. Depuis la signature de cet accord triennal en 2013, nous sommes à la 5e revue qui a été approuvée par l’institution de Breton Wood, le 8 juin dernier.
Au terme de cette revue, le FMI donne un signal à l’ensemble de la communauté financière internationale de la bonne tenue du programme et du respect des engagements que le Mali avait pris.
On note à la fin de cette revue, une décision exceptionnelle qui, en plus du montant initialement prévu dans le cadre de l’accord triennal, le FMI a exceptionnellement accordé au Mali la somme de 60 millions de dollars US, soit 36 milliards de F CFA. Ce montant additionnel porte le décaissement du Mali à 138,8 millions de dollars US, soit environ 84 milliards de F CFA pour les 3 ans. À ce jour, le montant total qui sera décaissé s’élève à 41 millions de dollars, depuis la conclusion de l’accord en décembre 2013.
Selon son le représentant résident au Mali, le Pr Abdoulaye TALL, le FMI a évalué et trouvé que le Mali a rempli tous les critères de performance du programme. En un mot, le gouvernement du Mali a rempli les objectifs du programme pour cette revenue et est en phase de remplir les objectifs globaux du programme triennal. Il y a eu comme prévu, la mobilisation de recettes, qui a été tenue par les autorités du Mali. Dans le cadre du programme, le gouvernement a su maintenir la stabilité macroéconomique. Aussi, l’inflation a-t-elle été contenue à 1 %, alors que la croissance était au rendez-vous avec 6 %. On estime qu’en 2017, la croissance sera de l’ordre de 7 %.
De son côté, le secrétaire général du département, Robert DIARRA, a souligné que cette croissance a été tirée, essentiellement, par le secteur de l’agriculture.
Selon le FMI, la récente augmentation sensible des recettes fiscales reflète les efforts déployés par les autorités pour améliorer le civisme fiscal et élargir l’assiette de l’impôt. Un défi majeur pour l’avenir serait de soutenir la croissance des recettes fiscales, ce qui est nécessaire pour aider à financer les dépenses publiques prioritaires tout en maintenant les finances publiques sur une base solide. Le programme des autorités intègre plusieurs mesures visant à renforcer davantage l’administration fiscale. L’amélioration de l’efficacité des contrôles fiscaux, la réduction des exonérations et la réforme du système d’intéressement pour les inspecteurs des impôts seront des éléments importants.
Pour rappel, le Fonds qui avait suspendu les décaissements en mi-2014, inquiet des conditions de l’acquisition d’un avion présidentiel et d’un contrat de fournitures militaires, utilisés comme fonds de commerce politique pour certains, a repris le versement en décembre 2014, suite à une réforme du Code des marchés publics et à la publication d’audits indépendants sur les manquements aux règlements dans la conclusion de ces contrats. Les améliorations constatées dans la bonne gouvernance économique et le respect des principes de gestions universelles ont fait du Mali un pays en qui on fait désormais confiance. Ce, grâce au leadership de son président, Ibrahim Boubacar Kéita. Le Mali devient ainsi un exemple de gouvernance dans la région africaine. C’est la raison principale pour laquelle, durant sa réunion du 8 juin dernier, le conseil d’administration du FMI a approuvé le décaissement de la nouvelle tranche de l’aide suite à la cinquième revue de la performance du mali dans le cadre de la FEC. À cette même occasion, les administrateurs du Fonds ont également approuvé, à la demande des autorités maliennes, la prorogation d’un an de la FEC jusqu’au 17 décembre 2017 et une augmentation des ressources disponibles à 60 millions de DTS, ce qui amène le montant total de l’accord à 98 millions de DTS (environ 138,8 millions de dollars).

Par Abdoulaye OUATTARA




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