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dimanche 28 février 2021
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Remaniement ministériel: changer de cap et parier sur la loyauté de ses hommes

À dix-sept mois de la présidentielle, derrière le rideau d’hésitations, sinon de diversion, les grandes manœuvres sont en chantier au niveau des états-majors politiques. Les ambitions et prétentions, jusqu’ici en sourdine, se rappelle au bon souvenir, à travers des sous-entendus ou périphrases qui ne trompent guère les Maliens. Comme entre ce qui est dit ou souhaité publiquement et ce qui l’est dans le secret des confidences. Courage politique à la saison de la présidentielle ou simple éthique saisonnière de la gente politicienne ?

2018, c’est déjà là. S’il ne fait aucune espèce de doute au sein du Rpm que le président IBK est bel et bien, non seulement dans le starting-block pour 2018, mais aussi qu’il sera réélu, n’en déplaise à ses adversaires déclarés de l’opposition, qui s’évertuent à dépeindre tout en noir. C’est la règle sordide de la démocratie made in Africa.
Mais quid des autres composantes de la majorité ? La certitude des Tisserands, loin d’avoir été contagieuse, se heurte à la forte pollution… dans certaines chapelles bien logis au sein de cette même majorité. Avec une certaine désinvolture, sans appeler à la rupture d’avec le régime (à cause des places, des privilèges, des prébendes…), certains leaders de la majorité présidentielle préconisent des candidatures propres contre celle président IBK en 2018. Ces agendas parallèles au projet présidentiel posent logiquement la question légitime du bilan du quinquennat en termes de responsabilité et de partage. Jusqu’où sont-ils prêts à assumer, aux côtés du président IBK, leur part de responsabilité pour les acquis et défis non relevés ?
Il est fort à parier que le tournant casaque, dans la dernière ligne droite, les alliés choyés et considérés durant tout le parcours quinquennal (plus que le parti présidentiel) n’entonnent la philharmonique lugubre jouée jusqu’ici par l’opposition : le chaos, la partition, les affaires, la famille, etc.
Au-delà des rayures sur ce disque qui devient de plus en plus inaudible au regard des résultats indéniables, la prospective soulève le délicat problème du choix, non seulement des alliés politiques, mais aussi des commis en mission à la tête de l’État. C’est presque une constante affligeante que le président IBK, dont le projet présidentiel fait encore l’unanimité et l’estime, reste entier auprès des populations, depuis le début de son mandat s’est toujours trompé en matière de choix des hommes.
Perpétuellement confronté aux impondérables d’un contexte sécuritaire très volatile hérité de l’effondrement de l’État en 2012, si on ne peut lui imputer une quelconque improbité ni lui reprocher la moindre once d’insouciance au sort de ce pays (même ses adversaires reconnaissent et louent son patriotisme), le problème de l’actuel locataire de Koulouba a toujours été et s’appelle toujours la loyauté, disons l’absence de loyauté de ceux, en tout de la plupart de ceux qu’il a commis aux hautes fonctions de l’État. Ramant parallèlement au pire à contre-courant de son projet, certains de ces appelés portent, en termes d’évaluations, la responsabilité pleine et entière de tous les ratés et frictions aujourd’hui bourdonnant.
La volonté d’associer, d’intégrer et d’ouverture est indéniable et irréprochable. Elle a été pratiquée depuis le début du mandat, à vrai dire au détriment du parti majoritaire qui n’a jamais siégé à la Primature. La résultante est-elle si décevante ? Le bilan plaide à satiété pour un second mandat. Mais on ne peut faire l’économie de l’interpellation politique logique : où en serait-on si le parti du président avait eu tous les leviers du pouvoir comme aux bons vieux de l’Adéma ?
C’est pourquoi il est de la confortation des acquis mal vendus en termes de Com et la potentialisation des chances de sa prochaine candidature que le président IBK fasse de la question de la loyauté, envers l’État et envers sa personne, le premier critère de nomination des cadres. Parce que lui, plus que tout autre, sait, au firmament de la responsabilité de l’État, que la compétence sans loyauté ne peut se solder que par une forfaiture assaisonnée de toutes sortes d’indélicatesses et de trahisons.
Aussi, à la confluence du remaniement attendu et l’échéance inexorable, le président IBK doit faire un choix, celui qui s’impose en toute logique : changer de cap et parier sur la loyauté de ses hommes, ceux qui ne trameront pas dans son dos, ceux sur l’engagement desquels, il peut parier sans risque d’être déçus.
2018 est à ce prix-là ! Et les Maliens n’attendent qu’un signe de la part de celui qu’ils ont plébiscité voilà 4 ans pour baliser le terrain de l’avenir.

Par Sidi dao




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