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lundi 1 mars 2021
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La République, les Mollahs, et l’arbitraire

Dans la République des Mollahs endiablés, ils sont deux à s’imposer au-devant de l’actualité. Les deux sont des Prêcheurs émérites. Les deux se singularisent par leur barbichon. Les deux ont déserté les mosquées, pour barboter dans le marigot à caïmans politique. Les deux ont substitué à la parole de Dieu, le discours politicien. Les deux sont des fanatiques de l’Apocalypse. Les deux sont dotés d’un potentiel subversif unique et sont confortablement installés dans le rôle du poil à gratter de l’actuel chef de l’État. Les deux sont des récidivistes ‘’irrepentis’’ devant l’Éternel.

Les mêmes chefs d’accusation pourraient être retenus contre les deux, à savoir des menaces et troubles graves à l’ordre public. Les deux ont eu recours à la même stratégie de chantage de masse de fantassins instrumentalisés.

Les deux, par conséquent, ont eu des démêlées avec la justice.

Mais la comparaison s’arrête là. Parce que, seul un des deux a été auditionné, placé sous mandat de dépôt et condamné à deux ans de prison fermes au terme d’une audience où les bras de la justice n’ont pas faibli un instant.

L’autre, lui, n’a même pas été auditionné par le juge qui a abandonné son siège sous la menace des moudjahidines. Cet autre Mollah aurait même reçu des excuses officielles pour les préjudices causés par sa convocation par un Procureur de la République. Cet autre Mollah, traitement préférentiel oblige, a eu droit à un temps d’antenne sur la boîte à image nationale pour faire acte de contrition qu’il n’a pas véritablement fait. Cet autre Mollah circule, libre de tous ses mouvements.

Dans la République des Mollahs, tous les sujets de droit ne semblent pas sur le même pied d’égalité devant Thémis. ‘’Selon que vous serez puissant ou misérable, les jugements de Cour vous rendront blanc ou noir’’, disait Jean de la Fontaine. Selon que vous serez un idéologue redoutable qui conduit vers l’irréparable par une critique outrancière, et en partie diffamatoire, ou que vous serez un jeune illuminé dans un lobbying forcené, les mêmes déclarations surréalistes vous conduiront dans une V8 pour une parade narquoise ou dans l’inconfort de la MACA de Bamako-Coura. Comme si Thémis était prise d’une amnésie sélective.

Ainsi, le Mollah diablotin est lui-même victime exactement de ce qu’il avait dénoncé à N’Tabakoro, lors de son meeting ignescent.

Ressaisissons-nous. N’enfreignons pas cette disposition de l’article 2 de notre Constitution : ‘’Tous les Maliens naissent et demeurent libres et égaux en droits et en devoirs. Toute discrimination fondée sur l’origine sociale, la couleur, la langue, la race, le sexe, la religion et l’opinion politique est prohibée’’.

PAR BERTIN DAKOUO




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