Search
mercredi 3 mars 2021
  • :
  • :

Respect des droits des migrants: le plaidoyer de l’AME

Le Mali, pays de départ de la migration par excellence, enregistre, depuis quelques années, un retour forcé massif de ses migrants. Le phénomène a pris une proportion plus importante avec la crise sanitaire du COVID-19 avec son corollaire récession économique mondiale. Entre mars 2018 et aujourd’hui, notre pays enregistre pas moins de 1600 compatriotes expulsés de l’extérieur. Le sujet aussi polémique que préoccupant était au cœur d’une conférence-débat, le samedi dernier au Centre Aoua Keita.

Initiée par l’Association malienne des expulsés (AME), la conférence-débat, qui avait pour thème : « Quels droits économiques et sociaux pour les migrants dits irréguliers ? », était animée respectivement par Elbéchir Singaré de Amnesty international, Mamadou Konaté, chargé des questions juridiques à l’AME, en présence du président de l’AME, Ousmane Diarra ; du représentant du ministre des Maliens de l’extérieur, Bréhima Diarra, non moins responsable du Centre d’information et de gestion des migrations (CIGM). On y notait également la présence de Mamadou Lamine Banne du Haut conseil des Maliens de l’extérieur ainsi que des universitaires.
L’objectif de cette conférence, a noté le président de l’AME, est de contribuer à la promotion des droits des personnes migrantes et à la vulgarisation des instruments juridiques de protection de leurs droits. Il donc de vulgariser et de renforcer les connaissances du public sur les instruments juridiques de protection des personnes migrantes, de créer une synergie d’action entre les organisations de défense des droits de l’homme et les associations des migrants et attirer l’attention des décideurs nationaux et internationaux sur la non-effectivité des textes juridiques protégeant les migrants et leurs biens.
« Alors que la migration devrait être perçue comme un facteur de stabilité économique et sociale en raison des contributions importantes qu’elle apporte aux revenus des ménages, certains États continuent à ignorer les droits que reconnaissent les textes internationaux et régionaux aux migrants », a déploré Elbéchir Sigaré.
Selon le constat fait par le juriste maison de l’AME, les migrants en situation irrégulière sont davantage exposés à la discrimination, à l’exploitation et à la violence à toutes les étapes du processus de migration. Ils sont souvent détenus pendant de longues périodes ou subissent de mauvais traitements et, dans certains cas, sont confrontés à l’esclavage, au viol ou au meurtre. Ils sont plus susceptibles d’être la cible de xénophobes et de racistes, et d’être victimes d’employeurs sans scrupules et de prédateurs sexuels, et peuvent facilement tomber entre les mains de trafiquants et de passeurs.
Vulnérabilisés par leur situation irrégulière, ces personnes ont souvent peur ou sont incapables de demander à être protégées ou secourues par les autorités du pays d’origine, de transit ou de destination, a-t-il fait constater. Et tout état de cause, la situation irrégulière dans laquelle se trouvent certains migrants internationaux ne devrait pas les priver de leur humanité ou de leurs droits fondamentaux.
M. Konaté pense plutôt que les migrants en situation irrégulière ne sont pas des criminels ou des terroristes. De ce fait, le conférencier a appelé les gouvernements à promouvoir et protéger les droits fondamentaux de tous les migrants y compris les migrants en situation irrégulière, car aucune société ne peut développer son véritable potentiel si des obstacles juridiques, sociaux ou politiques empêchent des franges entières de sa population d’y participer.
La persistance des violations des droits des migrants et l’impunité de leurs auteurs ne résident pas seulement dans le manque d’information, mais aussi dans l’absence d’une action appropriée des décideurs qui pourtant ont solennellement proclamé dans plusieurs textes la nécessité de sauvegarder les droits des migrants. Face aux enjeux, la société civile continue à se mobiliser afin que les droits fondamentaux des personnes en migration soient respectés conformément aux engagements internationaux et régionaux.
Le rendez-vous a été également marqué par la présentation aux participants du Rapport d’observation sur les violations des droits des personnes migrantes, édition 2019 de l’AME.

Par Sidi DAO




Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *