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mardi 2 juin 2020
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Riposte au Covid-19: l’honneur du Mali à vau-l’eau

En plus d’avoir une ambition à la petite semaine, le Mali doit tendre la sébile tant au plan national qu’international pour la mise en œuvre effective de son Plan de riposte au Covid-19. Où est l’honneur de ce pays ?

L’État s’est déjà engagé à investir 10 millions de dollars (6,3 milliards de FCFA) pour faire face aux besoins prioritaires. Un budget total de 34 milliards de FCFA est requis pour fiancer les différentes activités prévues. Seulement 34 milliards ; n’est-ce pas inquiétant quant à l’évaluation exacte des besoins prioritaires ? Il y a quand même un constat d’évidence : contrairement aux discours démagogiques sur la gestion des conséquences du COVID-19, il n’y a aucun plan dans ce sens. Parce que la prise en compte de cette dimension nécessiterait une gestion transversale de la crise, en y intégrant surtout le facteur économie, en terme d’appui aux entreprises nationales ; le facteur social, en terme d’assistance aux couches défavorisées de la population (prise en charge des factures d’eau, d’électricité, distribution gratuite de nourriture…). Beaucoup de secteurs seront impactés par cette crise, s’ils ne le sont déjà. C’est donc un manque de vision coupable de nos dirigeants que de s’arc-bouter à la gestion des urgences qu’ils n’arrivent d’ailleurs pas à gérer du tout comme l’atteste cette pénurie généralisée ou la flammée exponentielle des prix.

Quel est ce Mali qui brandit des besoins à hauteur de 34 milliards de francs CFA quand d’autres pays toisent les 1 000 milliards et même les dépassent ? L’ambition est vraiment au rabais. Mais pouvait-il en être autrement, puisqu’il faut avoir la politique de ses moyens et que les ressources au Mali, sans commérage et sans procès en sorcellerie, ont rarement été gérées dans les règles de l’art, dans le plus strict respect des principes de l’orthodoxie financière. C’est ce que l’enquiquineuse Opposition qui est dans son bon droit a toujours pointé du doigt.

Il est possible que les caisses soient vides et qu’on ne puisse pas appliquer l’article 39 de la Loi N° 2018-007 du 16 janvier 2018, portant Statut du personnel enseignant de l’Enseignement secondaire, de l’Enseignement fondamental et de l’Éducation préscolaire et spéciale. Mais, il est aussi possible que les caisses soient vides au point d’assister impuissant à l’éradication de sa population par le coronavirus. La guerre contre les jihadistes ne saurait servir d’exutoire, parce qu’un pays voisin qui est confronté à la même situation d’insécurité arrive à faire beaucoup mieux que nous, nonobstant, là également, les forts soupçons de détournements de la hiérarchie militaires, lors d’acquisitions de matériels militaires.

Par ailleurs, l’on apprend de source crédible que le Gouvernement a demandé un soutien aux partenaires pour renforcer le fonctionnement des structures sanitaires opérationnelles et combler les lacunes existantes dans la disponibilité des tests, des équipements de protection et des fonds pour continuer à assurer les activités de prévention et de réponse.

Pourtant, il se gargarisait de l’existence d’un dispositif de santé mis en place à la faveur de l’épidémie de la fièvre à virus Ebola. Dans le cas présent, le ministre de la Santé et des affaires sociales, Michel SIDIBE, invité de Priorité santé, poussait la prétention jusqu’à dire : ‘’nous avons donc mis en place un système très fort. Au niveau de la surveillance, nous avons réactivé le cordon sanitaire existant durant la lutte contre Ebola. Nous avons surtout mis en place un mécanisme de coordination très fort qui nous permet, en temps réel, d’avoir l’information stratégique afin de mettre en place des actions ciblées. Pour l’instant, nous avons développé un plan qui est robuste. Il ressemble un peu au plan de la France’’. Où est la vérité ? Il n’aura fallu que quelques jours pour que l’épidémie se propage à une vitesse fulgurante (31 cas au 1er avril ; 3 décès).

Parallèlement à la mendicité sur la place publique internationale, le Gouvernement de la République du Mali ouvre un Fonds spécial pour récolter les contributions de généreux donateurs. Une première donation de 100 millions de francs CFA de Star Oil a ouvert la procession de la quête nationale déguisée en acte de solidarité nationale.

Une quête nationale et internationale pour une dérisoire somme de 34 milliards (comparé aux efforts des pays voisins), c’est tout simplement affligeant.

PAR BERTIN DAKOUO




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